La coroner conclut à la mort naturelle de Mireille Ndjomouo

Une manifestation a été organisée devant l’hôpital Charles-Le Moyne par le groupe Justice pour Mireille Ndjomouo, qui a été créé sur Facebook dans la foulée des événements.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une manifestation a été organisée devant l’hôpital Charles-Le Moyne par le groupe Justice pour Mireille Ndjomouo, qui a été créé sur Facebook dans la foulée des événements.

Mireille Ndjomouo, une femme de 44 ans qui avait lancé un appel à l’aide vidéo de son lit d’hôpital quelques jours avant sa mort, est décédée de mort naturelle. C’est ce qu’indique le rapport de la coroner, qui conclut qu’elle a succombé à un lymphome alors qu’elle refusait depuis de nombreuses années les traitements pour le VIH proposés par son médecin.

Le message de Mireille Ndjomouo publié quelques jours avant sa mort a secoué les réseaux sociaux. La mère de trois enfants d’origine camerounaise appelait à l’aide afin de quitter l’hôpital Charles-Le Moyne. Elle s’inquiétait en effet pour son état de santé et pensait avoir reçu de la pénicilline, un antibiotique auquel elle est pourtant allergique.

La coroner Amélie Lavigne a effectué une révision complète du dossier médical de Mme Ndjomouo. La mention de son allergie à cet antibiotique aurait bel et bien été inscrite à son dossier. « Par ailleurs, aucune mention d’une administration de cet antibiotique n’est inscrite au dossier », précise Me Lavigne, indiquant que « les réactions cutanées ne résultaient pas d’une administration de la pénicilline », mais « plutôt de lésions nodulaires découlant de son lymphome diffus à grandes cellules B ».

Toujours selon le rapport, les notes d’observations au dossier médical de Mireille Ndjomouo indiquent qu’elle connaissait son diagnostic au VIH depuis de nombreuses années.

« Malgré les multiples explications reçues par son médecin traitant au sujet des principes de progression de la maladie et de la détérioration lente de son système immunitaire, la patiente refusait catégoriquement tous les traitements proposés », explique la coroner.

Dans son rapport, la coroner rappelle qu’elle n’a pas à se prononcer, au terme de son investigation, « sur la responsabilité civile ou criminelle d’une personne, ni d’examiner la compétence ou l’attitude des personnes impliquées dans le traitement d’une personne dans le réseau de la santé ».

Le p.-d.g. du CISSS de la Montérégie-Centre avait mandaté en mars dernier la direction de la qualité pour examiner la situation.

Un diagnostic confirmé

Des examens médicaux effectués à l’hôpital Charles-Le Moyne ont permis à l’équipe médicale de retenir le diagnostic d’un type de lymphome développé dans un contexte clinique de VIH.

« Malgré les nombreuses recommandations émises par l’équipe médicale, elle a signé un formulaire spécifiant qu’elle refusait tous les soins et elle a été transférée vers l’Hôpital général juif le 8 mars 2021, où elle a été prise en charge par le personnel soignant », précise le rapport de la coroner. De nouveaux examens médicaux effectués le 8 mars 2021 à cet hôpital ont confirmé ce diagnostic, tout comme l’autopsie effectuée au centre universitaire de santé McGill.

L’appel à l’aide de Mireille Ndjomouo avait déclenché un élan de solidarité sur les réseaux sociaux. Une manifestation a même été organisée devant l’hôpital Charles-Le Moyne par le groupe « Justice pour Mireille Ndjomouo » qui a été créé sur Facebook dans la foulée des événements. Atterré par la vidéo de Mireille Ndjomouo, l’avocat montréalais Aric Jackson Kingne Wekouo avait décidé de s’occuper du dossier au nom de la famille de la défunte.

La sœur de Mireille Ndjomouo avait amassé plus de 30 000 $ via la plateforme GoFundMe. Il ne nous a pas été possible de joindre Mme Ndjomouo ni Me Aric Jackson Kingne Wekouo pour recueillir leurs commentaires.

À voir en vidéo