Le sprint de vaccination des enfants s’amorce

Le premier ministre François Legault s’attend à ce que la vaccination des jeunes contribue à illuminer les réveillons. Mardi, il a encouragé les Québécois à envoyer leur enfant se faire vacciner, afin de permettre une révision des paramètres sanitaires pour les Fêtes.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le premier ministre François Legault s’attend à ce que la vaccination des jeunes contribue à illuminer les réveillons. Mardi, il a encouragé les Québécois à envoyer leur enfant se faire vacciner, afin de permettre une révision des paramètres sanitaires pour les Fêtes.

Québec donne le coup de départ à sa vaste opération de vaccination des 5 à 11 ans, qui s’amorcera mercredi dans les centres de vaccination et la semaine prochaine en milieu scolaire. Le gouvernement souhaite avoir vacciné le plus de jeunes possible pour en constater les bénéfices pendant les Fêtes.

« C’est une journée importante qui va changer la situation de la COVID au Québec », a indiqué le premier ministre François Legault lors d’un point de presse à Québec, mardi.

Environ 650 000 jeunes sont touchés par cette opération, qui est « sécuritaire » sur toute la ligne, a assuré M. Legault.

Les autorités sanitaires ont déjà décidé d’un système à deux voies pour vacciner les jeunes : on peut prendre rendez-vous sur Clic Santé pour une plage horaire à l’école ou en centre de vaccination. Ce sont les parents qui décideront si, oui ou non, leurs enfants peuvent recevoir le vaccin. Au Québec, le consentement parental est exigé avant l’âge de 14 ans.

Mardi, la prise de rendez-vous avait déjà pris son envol sur Clic Santé. Dans les écoles, des formulaires de consentement seront acheminés dès cette semaine aux parents, afin de commencer la vaccination le 29 novembre. Ceux-ci n’ont pas à s’inquiéter, a maintenu M. Legault. « C’est normal qu’il y ait des parents encore qui se disent “je suis inquiet”, hein, on parle de nos enfants », a convenu l’élu caquiste.

« La question qui revient le plus souvent, c’est : “Est-ce que c’est utile de faire vacciner mon enfant ?” Parce qu’on le sait, les risques pour les enfants sont beaucoup moins élevés que pour les adultes, a-t-il ajouté. Par contre, il y a des enfants, à différents endroits dans le monde, qui ont eu des conséquences, qui ont attrapé la COVID, qui se sont retrouvés à l’hôpital, puis même il y a des cas où il y a eu des effets à long terme. »

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, espère voir la couverture vaccinale grimper rapidement pour protéger les milieux scolaires. « Actuellement, c’est un milieu où ça circule beaucoup », a-t-il ajouté.

Le regard tourné vers Noël

Le premier ministre s’attend par ailleurs à ce que la vaccination des jeunes contribue à illuminer les réveillons. Mardi, il a encouragé les Québécois à envoyer leur enfant se faire vacciner, afin de permettre une révision des paramètres sanitaires pour les Fêtes.

« Rencontrer sa grand-maman, puis de la tenir dans ses bras, […] ne pas avoir peur de donner la COVID à son grand-père ou à sa grand-mère, je pense que ça a une certaine valeur pour les enfants », a-t-il avancé.

Québec n’a pas encore établi les règles sanitaires exactes que devront suivre les Québécois lors des vacances hivernales. Il l’avait fait à la fin du mois de novembre, l’an dernier, avant de procéder à une spectaculaire volte-face deux semaines plus tard. « Si c’était à refaire, je n’ouvrirais pas la porte », avait-il dit, fameusement, en conférence de presse.

C’est donc d’un pas prudent que François Legault a abordé le sujet des Fêtes, mardi. Il faudra être un peu plus patient, a-t-il avoué.

« On ne veut pas faire comme l’année passée et puis être obligés de reculer. Donc, on va se donner encore un petit peu de temps pour voir aller la situation, a-t-il dit. On est confiants, on devrait être capables d’élargir le nombre de personnes dans les maisons. »

Pour le moment, les rassemblements à l’intérieur ne peuvent dépasser le cap des dix personnes.

Pas d’objectif ?

En point de presse début novembre, le directeur québécois de la stratégie de vaccination, Daniel Paré, s’était surpris à rêver d’un premier rendez-vous vaccinal pour tous les enfants avant les Fêtes. Le premier ministre a confirmé cet objectif mardi.

« On devrait être capables de donner une première dose à tous [ceux qui] le souhaitent d’ici Noël », a-t-il affirmé.

Mardi après-midi, au premier jour d’inscription, 80 000 enfants avaient déjà un rendez-vous pour la première dose. « Ç’a l’air très populaire », s’est réjoui le premier ministre.

Le succès de la vaccination des 5 à 11 ans pourrait avoir des répercussions importantes non seulement sur les festivités de Noël, mais aussi sur la sortie de crise québécoise. Lors de son discours d’ouverture, en octobre, le premier ministre avait affirmé qu’une fois cette opération terminée, l’état d’urgence sanitaire tomberait.

S’il avait d’abord fixé une balise — 80 % des jeunes vaccinés avec deux doses —, l’élu est revenu sur ses paroles mardi. « On n’a pas besoin d’un chiffre qui est aussi élevé que 80 % », a-t-il admis en anglais.

Pour le moment, affirme le premier ministre, il est trop tôt pour enlever le couvercle de l’état d’urgence, un statut juridique qui permet au gouvernement d’imposer certaines restrictions sanitaires ainsi que d’attribuer des contrats de gré à gré.

« L’urgence sanitaire permet au gouvernement de poser certains gestes qu’il ne pourrait pas, en temps normal, poser, a souligné le premier ministre. Je vous donne des exemples : obliger les masques dans les classes primaires, le passeport vaccinal, les primes… »

Avec huit semaines d’intervalle entre les deux doses administrées aux enfants, « on va avoir un gros de mois de février », a évalué M. Legault, laissant derrière lui un indice du calendrier qu’il priorise.



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