La pandémie suscite un engouement pour les programmes universitaires liés aux virus

La pandémie propage l’intérêt pour les sciences qui touchent aux virus. Épidémiologie, immunologie, santé publique : les programmes de maîtrise et de doctorat ont la cote plus que jamais dans les universités québécoises.

Cet attrait croissant pour ces branches de la médecine s’observait avant l’apparition du coronavirus, mais la tendance ne s’essouffle pas. Le nombre de demandes d’admission dans les quatre universités québécoises offrant ces programmes de deuxième cycle augmente chaque année d’une centaine.

La progression est particulièrement nette pour les programmes de santé publique. À l’Université Laval, les demandes d’admission ont bondi de 181 à 386 entre la rentrée 2017 et la rentrée 2021. Sylvain-Georges Bourgoin, responsable facultaire des études de deuxième et troisième cycles à l’Université Laval, parle d’une « hausse marquée depuis trois ans ».

« Il y a des besoins dans les réseaux de la santé partout dans le monde en analyse statistique, pour aider les administrateurs dans leur prise de décision, constate-t-il. On est de plus en plus dans les décisions basées sur des données probantes. »

L’Université de Montréal constate également cet engouement pour les sciences de la pandémie, même sans pouvoir fournir les données pour l’année en cours. Geneviève O’Meara, des communications de l’Université, ne peut toutefois garantir que le nouveau coronavirus est responsable de l’accroissement des demandes d’admission. « Est-ce que c’est juste ça ? Probablement pas. Mais dire que c’est un facteur, personne ne se tromperait », note-t-elle.

Un vedettariat s’est installé autour de ces spécialisations largement inconnues du grand public il y a tout juste deux ans, pointe-t-elle. « On les voyait déjà, mais là, ils sont devenus des vedettes. Il n’y a pas une journée qui passe sans qu’on entende parler d’un expert en microbiologie, en épidémiologie, en analyse des données, en analyse des politiques de santé. »

Elle ajoute que le nombre de demandes d’admission reflète l’intérêt pour ces programmes, mais que les inscriptions réelles plafonnent à cause du contingentement.

De nouvelles places pourraient s’ouvrir dans les prochaines années, selon elle, comme pour tous les autres programmes de l’Université. Une analyse des ressources permet d’ouvrir plus de places, mais le processus prend plusieurs années. « La pandémie nous a fait constater qu’il y a différents besoins de formations et un engouement qui émerge dans ces formations-là en microbiologie, en épidémiologie, etc. Il y a un intérêt croissant pour certains programmes d’études, mais aussi certains domaines d’étude. On va prendre le temps pour évaluer et pour voir ce qu’on va faire et mettre à la disposition de nos professeurs et de nos futurs étudiants pour être capables d’aller en accepter plus. »

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 22 novembre 2021. Pour vous abonner, cliquez ici.

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