Huit semaines entre les deux doses de vaccin pour les 5-11 ans

Une jeune Autrichienne recevait une dose de vaccin contre la COVID-19 lundi dernier. Au Québec, le gouvernement a reçu lundi les recommandations du CIQ au sujet de la vaccination pédiatrique. En Europe, la situation sanitaire continue de se corser.
Photo: Lisa Leutner Associated Press Une jeune Autrichienne recevait une dose de vaccin contre la COVID-19 lundi dernier. Au Québec, le gouvernement a reçu lundi les recommandations du CIQ au sujet de la vaccination pédiatrique. En Europe, la situation sanitaire continue de se corser.

Tout indique que la campagne de vaccination contre la COVID-19 des 5 à 11 ans sera déclenchée mardi. Le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, donneront les détails de l’opération lors d’un point de presse à 17h. Ils seront accompagnés du directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, ainsi que du directeur de la campagne vaccinale Daniel Paré.

Le gouvernement a reçu les recommandations du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) au sujet du vaccin pédiatrique de Pfizer-BioNTech, a confirmé lundi le Dr Gaston De Serres, médecin épidémiologiste qui siège au CIQ. Il ne pouvait toutefois en révéler le contenu avant que l’avis soit rendu public.

Une source en santé publique, qui a pris connaissance de l’avis du comité, indique toutefois au Devoir que le CIQ recommande un intervalle de huit semaines entre les deux doses, comme l’a fait vendredi dernier le Comité consultatif national de l’immunisation. En entrevue la semaine dernière, le Dr De Serres avait souligné qu’il y avait de « grandes chances » pour que le CIQ recommande un intervalle de huit semaines.

On nous a dit que le [déclenchement de la campagne] pourrait être très, très rapide. On s’attend, nous, à ce que l’opération de vaccination puisse commencer à la fin de cette semaine.  

Le ministre Christian Dubé a signalé vendredi que l’opération pour immuniser les 5 à 11 ans pourrait débuter dès cette semaine, une fois que le gouvernement aurait en main les recommandations du CIQ. Québec souhaite que le plus de jeunes de cette catégorie d’âge soient vaccinés avant Noël.

En Ontario, les enfants de 5 à 11 ans pourront obtenir un rendez-vous afin de recevoir leur première dose de vaccin à partir de mardi.

Ottawa a annoncé dimanche que les premières doses du vaccin Pfizer-BioNTech destinées aux enfants de 5 à 11 ans étaient arrivées au Canada. Quelque 652 000 doses sont attendues au Québec, d’après un tableau en ligne du gouvernement fédéral sur les approvisionnements en vaccin.

Vaccination dans les écoles

Au Québec, les enfants de 5 à 11 ans pourront se faire vacciner dans les centres de vaccination et en milieu scolaire. Les écoles attendent le feu vert des CIUSSS et CISSS pour organiser leur opération vaccinale.

Le président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, Nicolas Prévost, dit s’être entretenu avec le ministère de la Santé et des Services sociaux lundi matin. « On nous a dit que le [déclenchement de la campagne] pourrait être très, très rapide, affirme-t-il. On s’attend, nous, à ce que l’opération de vaccination puisse commencer à la fin de cette semaine. »

Dans les centres de vaccination, du moins. Bien des écoles attendent les détails pour préparer la campagne vaccinale entre leurs murs. « J’ai parlé à des gens de Laval vendredi soir, et eux avaient eu zéro information, indique Nicolas Prévost. Ils n’avaient aucune idée du plan de match qui allait être mis en place. Ce n’est pas la seule région. Il y en a plusieurs [dans cette situation]. »

L’organisation varie d’un CIUSSS à l’autre, confirme la présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES), Kathleen Legault. « Chaque CIUSSS semble fonctionner de façon autonome, et ça ne semble pas coordonné », déplore-t-elle.

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a prévu un « calendrier hypothétique », qui permet aux directions de savoir quel est le rang de leur école dans l’ordre de vaccination. Le Devoir a obtenu le document en question. Parmi les premières écoles primaires où se déroulera la vaccination des 5 à 11 ans figurent Bienville, Charles-Bruneau, Maisonneuve, Rose-des-Vents, Saint-Émile ainsi que Saint-Justin et annexe. Le CIUSSS estime que 50 % des 5 à 11 ans se feront vacciner en milieu scolaire.

Le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, lui, a plutôt demandé aux parents des élèves de 5 à 11 ans de remplir un sondage sur leur intention de faire vacciner ou non leur enfant. Le questionnaire, envoyé il y a une semaine, vise à « pouvoir planifier la vaccination de nos petits », a écrit le CIUSSS dans son message.

Kathleen Legault croit que, si Québec débute la prise de rendez-vous en centre de vaccination jeudi, les écoles pourraient être prêtes une semaine plus tard. « Il faut aller chercher le consentement parental, rappelle-t-elle. Ça prend quand même quelques jours. »

Nicolas Prévost pense aussi qu’il faut un délai de trois ou quatre jours entre le moment où les écoles distribuent les autorisations parentales et les recueillent, signées. « On va avoir des questions d’information », dit-il.

La présidente de l’AMDES souhaite que les consentements envoyés aux parents ne soient pas disponibles seulement en français et en anglais, comme cela est prévu actuellement. « Le message du gouvernement semble plus difficile à faire passer dans certains quartiers pour toutes sortes de raisons, observe Kathleen Legault. On pense qu’offrir les documents dans les langues autres, dans la grande région de Montréal, c’est quelque chose qui pourrait être gagnant. »

Permettre aux parents d’accompagner leur jeune enfant — par exemple, en maternelle ou en première année — lors de la vaccination à l’école « peut aussi être une bonne chose », selon Nicolas Prévost. À condition, bien sûr, que l’école soit en mesure de respecter les mesures sanitaires. « Je pense que ce sera à chaque établissement, à chaque secteur, de décider s’il veut ou non donner l’accessibilité aux parents, dit-il. On s’attend à recevoir beaucoup de demandes de parents pour accompagner les élèves. »



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