Les anticorps produits par l’infection de COVID-19 protègent-ils mieux que ceux produits par la vaccination?

Une étude québécoise tranche un débat scientifique qui secoue le milieu de l’immunologie. Les anticorps produits par l’infection de COVID-19 protègent-ils mieux contre la maladie que ceux produits par la vaccination ? Les conclusions de la recherche vont à contre-courant de la logique immunitaire admise jusqu’ici.

« La vaccination protège un peu mieux que l’infection », stipule Jean-François Masson, professeur titulaire au département de chimie à l’Université de Montréal.

Les conclusions contredisent la logique immunitaire admise habituellement. Pour les rhumes ou la grippe commune, l’infection confère généralement une meilleure protection que la vaccination.

Pour en arriver à ces conclusions, l’équipe a suivi 32 patients atteints de la COVID-19 mais non hospitalisés. Les résultats de l’étude menée avec Joelle Pelletier, experte en chimie des protéines, ont été publiés lundi dans Scientific Reports et Nature.

Les vieux mieux protégés

Après avoir contracté une forme bénigne de la COVID-19, les personnes plus âgées développent plus d’anticorps, conclut par ailleurs l’étude.

En analysant le taux d’anticorps de ces personnes infectées, les chercheurs notent que plus l’âge du patient est avancé, plus la résistance à la maladie s’accroît. « Toutes les personnes infectées ont développé des anticorps, mais les plus âgées en ont développé davantage que les plus jeunes », résume Jean-François Masson.

Les anticorps produits par cette infection à la souche originelle apparaissent efficaces contre le variant Delta, mais « dans une moindre mesure, soit de 30 à 50 % ». Encore là, les jeunes apparaissent moins protégés par l’infection.

Cette conclusion contredit également la logique qui veut que les jeunes développent plus d’anticorps aux maladies en général. L’hypothèse qui explique cela réside peut-être dans le fait que les personnes âgées « ont été exposées à d’autres coronavirus par le passé » et ont développé d’autres anticorps, extrapole M. Masson. L’étude se penche uniquement sur la présence d’anticorps, tandis que le corps humain possède plusieurs autres mécanismes de défense contre les virus.

L’échantillon de 32 individus mis à contribution lors de la recherche peut sembler petit, mais un croisement des données avec d’autres études confirme les conclusions, explique Jean-François Masson. « C’est certain que le nombre n’est pas très très grand, mais il couvre quand même une tranche de population sous-étudiée, soit les personnes infectées mais non hospitalisées. »
 

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 8 novembre 2021. Pour vous abonner, cliquez ici.



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