Dépistage de la COVID-19 par gargarisme dans les écoles de la Montérégie

Une campagne d’information à l’intention des parents accompagnera le déploiement du dépistage par gargarisme dans les écoles de la Montérégie.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir

Une campagne d’information à l’intention des parents accompagnera le déploiement du dépistage par gargarisme dans les écoles de la Montérégie.

Un projet-pilote de dépistage de la COVID-19 par gargarisme mis en place dans une école primaire de Saint-Hubert a donné des résultats si encourageants qu’il sera sous peu élargi à toutes les écoles primaires de la Montérégie, a appris La Presse canadienne.

Le projet pourrait notamment avoir comme effet de combattre l’absentéisme, en évitant aux élèves et à leur enseignant de devoir se rendre subir un test de dépistage à l’extérieur des murs de l’école en cas de contact avec le SRAS-CoV-2.

« On a proposé de sortir le dépistage de nos cliniques désignées de dépistage, a dit le docteur David-Martin Milot, un spécialiste en santé publique et médecine préventive de la direction de santé publique du CISSS de la Montérégie-Centre. La méthode de gargarisme est très facile à mettre de l’avant. »

À terme, les écoles pourraient être en mesure d’organiser le dépistage de manière autonome, a-t-il dit, avec le matériel qui leur sera fourni par les responsables. Les échantillons prélevés seront ensuite envoyés au laboratoire pour être analysés.

Le projet-pilote a « très, très bien fonctionné », a dit le docteur Milot, même s’il ne s’agissait que d’une simulation puisqu’aucun cas de COVID réel n’avait été détecté à l’école où il s’est déroulé.

En plus des parents et des enfants qui n’ont pas à se déplacer, les cliniques désignées y trouvent elles aussi leur compte puisque le dépistage à l’école leur évite de devoir accueillir un groupe d’enfants, ce qui libère de la capacité pour d’autres patients.

« C’est un scénario gagnant-gagnant-gagnant autant pour les directions que pour la santé publique que pour les équipes de dépistage », a dit le docteur Milot.

Une campagne d’information à l’intention des parents accompagnera le déploiement du dépistage par gargarisme dans les écoles de la Montérégie.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que le ministère de l’Éducation ont récemment annoncé que les tests rapides de dépistage de la COVID-19 seraient implantés dans les écoles de dix régions de la province, notamment à Montréal, à Laval et en Montérégie.

Les tests rapides et les tests par gargarisme jouent des rôles complémentaires. Une étude pilotée récemment par la docteure Caroline Quach-Thanh a ainsi conclu que les tests rapides ont un rôle à jouer lorsque les enfants présentent des symptômes, ce qui pourrait éviter de les renvoyer à la maison inutilement.

Les tests rapides sont aussi plus efficaces lorsque la charge virale est élevée, ce qui correspond au moment où la contagion est plus grande, et ils devraient être réservés en priorité aux personnes symptomatiques, ce qui n’est pas le cas pour les tests par gargarisme.

« Contrairement à un test de dépistage rapide, (le gargarisme) ne donne pas un résultat sur-le-champ, par exemple dans une école, a commenté la docteure Annie-Claude Labbé, de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. La rapidité du résultat, c’est un avantage du test de dépistage rapide, et c’est pour ça que je dis que les deux modalités pourraient avoir des intérêts complémentaires.

« Chaque petite solution peut contribuer sa partie à une plus grande solution et c’est comme ça qu’on va finir par se sortir de cette crise-là, je pense. »



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