La vaccination des enfants: le dernier des derniers efforts?

La campagne de vaccination des enfants d’âge scolaire débutera sans doute bientôt au Canada.
ROBYN BECK AGENCE FRANCE-PRESSE La campagne de vaccination des enfants d’âge scolaire débutera sans doute bientôt au Canada.

Il s’agit peut-être du dernier des derniers efforts. L’état d’urgence sanitaire doit être levé au Québec après la vaccination des 5 à 11 ans, selon le premier ministre, François Legault. Or, 27 % des parents de jeunes enfants déclarent ne pas vouloir faire vacciner leurs petits. Tour complet de la question avec la Dre Sarah Wizman De Louya, pédiatre-infectiologue.

« Le fardeau de la pandémie ne pèse pas lourd chez les jeunes », concède d’entrée de jeu la directrice médicale d’ELNA Pédiatrie, une clinique travaillant en continu pour le traitement des enfants atteints de la COVID-19.

Un tiers des enfants d’âge scolaire ne ressentent aucun symptôme. L’Institut national de santé publique ne relève que deux décès des suites de la COVID-19 chez des Québécois de moins de 19 ans. Aux États-Unis, l’Académie nationale de pédiatrie recense 584 décès d’enfants, pour un taux de létalité d’au maximum 0,03 %.

Par ailleurs, les symptômes de la COVID-19 se manifestent de la même façon chez les adultes et les enfants, avec une prépondérance des problèmes gastro-intestinaux chez ces derniers.

 

N’empêche, les histoires de complications existent, et la spécialiste met en garde contre ces cas rares. « C’est comme pour la méningite. Un cas de méningite, c’est assez catastrophique dans une famille. »

« Vous ne le faites pas pour les autres. Vous le faites pour votre enfant », insiste la Dre Wizman.

Elle précise que « la plupart des cas graves lors de la dernière vague étaient des bambins de moins d’un mois, et moins d’un an si on met ensemble les trois autres vagues ». Vacciner son enfant d’âge scolaire permet de limiter la contamination au sein du noyau familial, ajoute-t-elle.

Problèmes de cœur

 

De nombreux parents s’inquiètent des myocardites et des péricardites (inflammations du cœur) parfois repérées après la vaccination.

Ces cas demeurent rares, selon la Dre Wizman. Les données indiquent que moins de 2 enfants vaccinés sur 100 000 éprouvent cet effet secondaire. Si l’on contracte la COVID-19, le risque d’en souffrir est de 5 sur 100 000. « On a plus tendance à avoir des complications des suites de la COVID-19 qu’avec les vaccins », réitère la Dre Wizman.

Quant à la vaccination comme telle, la dose prévue pour les enfants a été ajustée. Elle est de 10 microgrammes chez les moins de 12 ans contre 30 microgrammes chez les adultes. Quand on compare les effets de la vaccination chez les enfants par rapport à leurs aînés, « non seulement l’efficacité est similaire, mais la sécurité est supérieure », selon la Dre Wizman. Les effets secondaires tels que la fièvre, les maux de tête ou la fatigue surviennent « beaucoup moins » souvent chez les moins de 12 ans.

Pour ce qui est de la logistique de vaccination des enfants, la Dre Wizman est d’avis que tout doit être fait avec le consentement éclairé des parents. La vaccination des adolescents, avec le transport en autobus scolaire, a permis à près de 80 % d’entre eux d’être immunisés, un présage pour la vaccination des plus petits, selon elle. D’autant plus que l’écart « optimal » entre deux doses s’établit à deux mois, note la Dre Wizman, la distribution de vaccins sera « facilement organisable » pour l’ensemble du Québec. « Les deux doses ne seront pas données back à back. »

Tout indique que cette dernière étape de la plus grande campagne de vaccination au monde prendra forme sous peu au Québec. Le vaccin de Pfizer a franchi une première étape, soit l’approbation par la FDA. Un comité d’experts des Centres de prévention et de lutte contre les maladies se penche en ce moment sur les résultats. Cette agence de santé publique fédérale américaine publiera ensuite ses recommandations, ultime étape du processus d’autorisation.

La conseillère médicale en chef à Santé Canada a déclaré la semaine dernière qu’il pourrait encore s’écouler quelques semaines avant que les autorités d’ici ne prennent une décision définitive sur la vaccination des enfants.
 

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 1er novembre 2021. Pour vous abonner, cliquez ici.
 

Cet article a été modifié pour clarifier la comparaison entre la fréquence des complications chez les enfants à la suite de la vaccination et celle à la suite de la COVID-19.

 



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