«Ça prend du monde» pour éliminer le temps supplémentaire, lance Dubé

M. Dubé a réitéré son objectif de recruter quelque 4000 infirmières partout dans le réseau à l’aide de primes.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne M. Dubé a réitéré son objectif de recruter quelque 4000 infirmières partout dans le réseau à l’aide de primes.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, assure vouloir éliminer le fameux temps supplémentaire obligatoire (TSO), mais «ça prend du monde», lance-t-il.

Vendredi, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) lui a envoyé une mise en demeure pour qu’il mette fin à «l’utilisation abusive» du TSO d’ici au 15 novembre.

Si rien n’est fait d’ici cette date, la FIQ affirme qu’elle entreprendra tous les recours jugés appropriés ou requis, et ce, sans autre avis ni délai.

En mêlée de presse à Malartic, en Abitibi-Témiscamingue, M. Dubé a assuré partager les objectifs du syndicat. «Je trouve ça bien, on demande la même chose», a-t-il réagi.

«C’est adressé dans la convention collective, on n’en veut plus de TSO. Alors que la FIQ dise ça aujourd’hui, je dirais: “Oui, on est d’accord”.

«Maintenant, la recette n’est pas compliquée, ça prend du monde. (...) Mon enjeu, c’est de trouver des solutions, et une des solutions, c’est de trouver du personnel», a-t-il ajouté.

Abordant la situation «grave» en Abitibi-Témiscamingue, le ministre Dubé a rappelé son objectif d’attirer quelque 4000 infirmières dans le réseau au cours des prochains mois.

Il a déclaré vouloir améliorer les conditions de travail du personnel soignant pour tenir compte, par exemple, de la conciliation travail-famille.

«On vient de mettre beaucoup d’argent et les gens nous disent: “Ce n’est pas juste l’argent. Dites-nous qu’il y a un changement de culture”.»

En attendant, le ministre affirme que certains gestionnaires n’ont d’autres choix que de «réorganiser» les services.

C’est d’ailleurs le cas à Senneterre, en Abitibi-Témiscamingue, où l’urgence sera fermée partiellement à compter de lundi.

Les services ne seront offerts que de 8 h à 16 h. En dehors de ces heures, les patients devront se rendre à Val-d’Or ou à Amos, soit des dizaines de kilomètres plus loin.

«Après avoir regardé tout ça, je suis 100 % d’accord avec la solution qui est là», a déclaré M. Dubé, ajoutant que la situation est «temporaire», le temps de recruter 250 infirmières dans la région.

Le ministre a par ailleurs encouragé chacune des parties concernées à «mettre de l’eau dans son vin» pour tenter de trouver d’autres solutions innovantes.

Le Parti québécois (PQ) avait réclamé jeudi l’intervention personnelle de Christian Dubé pour que soient maintenus l’ensemble des services à Senneterre.

Le chef parlementaire du PQ, Joël Arseneau, faisait valoir que la réduction des services mettait en danger la santé et la sécurité de la population, en plus d’engorger davantage les autres urgences de la région.

À voir en vidéo