Des purificateurs d’air pourraient s’avérer utiles dans certains milieux hospitaliers

Une première étude effectuée en situation réelle suggère que des purificateurs d’air pourraient s’avérer utiles dans certains milieux hospitaliers.
JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Une première étude effectuée en situation réelle suggère que des purificateurs d’air pourraient s’avérer utiles dans certains milieux hospitaliers.

L’idée d’utiliser des purificateurs d’air pour limiter la propagation de la COVID-19 n’est pas nouvelle. Elle suscite l’intérêt, notamment des professionnels de la santé, depuis le début de la pandémie. Une première étude effectuée en situation réelle suggère que ces appareils limitent la propagation du SRAS-CoV-2, le virus qui cause la COVID-19, et conclut que ces appareils pourraient s’avérer utiles dans certains milieux hospitaliers.

Cette étude menée par des chercheurs britanniques n’est pas la première qui se penche sur la capacité des purificateurs d’air à éliminer les particules virales dans l’air. Les précédentes études se sont toutefois déroulées dans des environnements soigneusement contrôlés.

Celle-ci a voulu tester cette efficacité en situation réelle. « Il est important de vérifier si ces filtres sont efficaces ou s’ils offrent un faux sentiment de sécurité », souligne le magazine Nature, reprenant les propos du Dr Vilas Navapurkar, médecin de l’unité de soins intensifs à l’hôpital Addenbrooke de Cambridge, au Royaume-Uni, et coauteur de l’étude.

Pour ce faire, les chercheurs britanniques ont utilisé des purificateurs d’air de très haute efficacité (HEPA), qui soufflent de l’air à travers un maillage fin qui retient les particules extrêmement petites. Ils les ont placés dans deux sections de l’hôpital Addenbrooke de Cambridge : une unité de soins généraux et une unité de soins intensifs. Puis, ils ont collecté des échantillons d’air dans les deux unités durant une semaine lorsque les purificateurs étaient actifs, et durant deux semaines lorsqu’ils étaient éteints.

Leurs résultats, mis en ligne sur la plateforme medRxiv, sont encourageants, bien qu’ils n’aient pas encore été évalués par des pairs. Ils indiquent qu’aucune particule de SRAS-CoV-2 n’a été détectée pendant le fonctionnement des purificateurs. Par ailleurs, le nombre d’autres pathogènes aéroportés a chuté de 48 à 2 seulement. Élément plus surprenant, aucune particule du virus n’a été détectée dans l’unité de soins intensifs, même lorsque les purificateurs d’air étaient inactifs. Cela pourrait être expliqué notamment par une réplication virale plus lente aux stades ultérieurs de la maladie, selon les auteurs de l’étude.

La revue Nature reprend aussi les propos de David Fisman, un épidémiologiste à l’Université de Toronto, qui n’a pas participé aux travaux cités. Celui-ci se montre plutôt optimiste quant à ces résultats : « Cette étude suggère que les purificateurs d’air HEPA, qui restent peu utilisés dans les hôpitaux canadiens, sont un moyen simple et peu coûteux de réduire les risques liés aux agents pathogènes en suspension dans l’air. »



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