Les ambulanciers peuvent maintenant prêter main-forte dans les hôpitaux

Les techniciens ambulanciers pourront désormais agir comme des candidats à l’exercice de la profession infirmière ou des externes en soins infirmiers dans les salles d'urgence.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Les techniciens ambulanciers pourront désormais agir comme des candidats à l’exercice de la profession infirmière ou des externes en soins infirmiers dans les salles d'urgence.

Une vingtaine d’ambulanciers pourront prêter main-forte dès dimanche prochain dans des hôpitaux de la Montérégie pour faire face à la pénurie de personnels de la santé. Urgences-santé estime toutefois qu’il n’y a pas assez de ressources à Montréal et à Laval pour que cette solution y soit implantée.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé a annoncé lundi après-midi avoir signé un arrêté ministériel qui s’appliquera à l’échelle du Québec. Il s’agit d’une « avancée majeure », dit-il. « Il y a beaucoup d’actes qui peuvent être faits par les paramédics et qu’il est permis de faire dans les véhicules, mais pas à l’intérieur d’un hôpital ou d’un CHSLD ». Le nouveau décret leur permettra de travailler dans les salles d’urgence.

Depuis janvier, plusieurs ambulanciers manifestent leur intérêt pour prêter main-forte dans les hôpitaux du Québec. Radio-Canada rapportait la semaine dernière qu’une quinzaine d’entre eux travaillent à l’urgence de l’hôpital du Haut-Richelieu et y effectuent diverses tâches afin d’aider les préposés aux bénéficiaires et les infirmières sur le terrain.

Si le ministre reste prudent, il espère que la Montérégie inspirera d’autres régions. « J’espère que cette façon de voir les choses en Montérégie sera excitante pour les autres PDG, a souligné Christian Dubé. Nous avons un potentiel de 6000 ambulanciers qui peuvent aider. Mais, maintenant, il y a des enjeux de temps et de disponibilités. Mais je pense que si nous travaillons pour en avoir un petit peu dans chacun des CIUSSS et CISSS, cela pourrait être d’une grande aide ».

Une rencontre est prévue cette semaine entre le ministre et les présidents-directeurs généraux des CISSS et des CIUSSS pour évaluer les possibilités.

 

De son côté, la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM) assure qu’elle peut se permettre de « prêter » la vingtaine d’ambulanciers aux établissements de santé sans créer de perturbation, et sans forcer de temps supplémentaire. « Je ne le ferais pas si je mettais en péril la gestion des ressources humaines, insiste le directeur général, Martin Benoit. On le fait parce qu’on peut le faire. Il n’y a pas de danger pour la couverture ambulancière ».

Ceux qui travailleront dans les hôpitaux le feront sur une base volontaire pour une période de cinq mois et la situation sera par la suite évaluée. La division plus précise des tâches entre médecins, infirmières et ambulanciers sera déterminée cette semaine.

 

Mais Urgences-Santé, qui dessert Montréal et Laval, ne croit pas que cette solution soit applicable dans la région pour l’instant. « On aimerait ça parce que c’est bon pour la population, mentionne le porte-parole, Stéphane Smith. Mais quand on regarde Montréal et Laval, c’est 40 % des appels totaux de la province. Il faut vraiment se concentrer sur le service à la population, qui est de répondre aux appels ». Il ajoute qu’il y a 18 urgences à Montréal. « Cela ferait beaucoup de paramédics à déployer, et à chaque année nous recrutons déjà au maximum », dit-il.

Le ministre Christian Dubé est toutefois ouvert à élargir le rôle d’autres professionnels. « C’est sûr qu’il faut vraiment tout regarder en ce moment. Il manque environ 4000 infirmières et un peu plus de 1000 infirmières auxiliaires », a-t-il, lorsque questionné sur le sujet. « C’est sûr que nous allons élargir », a-t-il ajouté. D’autres annonces sont à venir, notamment concernant les infirmières auxiliaires.

Le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec, salue quant à lui cette annonce de Québec. « C’est sûr que pour l’urgence, c’est une aide », dit-il.

La mise en place d’incitatifs financiers contribue à juguler la crise, selon lui. « [Depuis l’annonce des incitatifs financiers], on entend parler de moins de gens qui veulent quitter le réseau », dit-il.

Avec Marie-Ève Cousineau

À voir en vidéo