Augmentation des cas de COVID-19 dans Chaudière-Appalaches

La montée des cas dans la région a débuté le 7 septembre. Pendant trois jours, une cinquantaine de nouvelles infections ont été détectées quotidiennement, selon l’INSPQ.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir La montée des cas dans la région a débuté le 7 septembre. Pendant trois jours, une cinquantaine de nouvelles infections ont été détectées quotidiennement, selon l’INSPQ.

La COVID-19 se propage depuis une semaine dans Chaudière-Appalaches. La région de Thetford affiche le deuxième pire bilan de la province, avec un taux de 195,5 cas actifs pour 100 000 habitants, à quasi-égalité avec Laval, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). La Beauce ne fait guère mieux, avec un taux avoisinant celui d’Ahuntsic–Montréal-Nord. La Santé publique régionale se dit « préoccupée ».

La montée des cas dans la région a débuté le 7 septembre. Pendant trois jours, une cinquantaine de nouvelles infections ont été détectées quotidiennement, selon l’INSPQ. La hausse s’est poursuivie depuis, mais de façon un peu moins marquée.

La Direction régionale de santé publique affirme être « préoccupée » par l’« augmentation constante » des infections dans les MRC de Beauce-Sartignan, des Appalaches (dont fait partie Thetford) et des Etchemins. Elle dit espérer le « déploiement, d’ici deux à trois semaines, des tests de dépistage rapides dans les écoles ». Depuis le 10 septembre, le port du masque est obligatoire en tout temps dans les écoles de ces trois MRC.

Selon la Santé publique régionale, 70 % des cas actuels proviennent de la transmission communautaire et 30 %, d’éclosions. « Ces éclosions ont cours principalement dans les milieux scolaires, les [centres de la petite enfance] et des milieux de travail », précise la porte-parole du CISSS de Chaudière-Appalaches, Mireille Gaudreau.

Le nombre de patients hospitalisés pour la COVID-19 demeure bas pour le moment : quatre, et aucun en soins intensifs. La région déplorait toutefois deux nouveaux décès mardi.

Les hôpitaux locaux suivent la situation de près. « On s’y attendait, c’était un peu prévu avec la rentrée scolaire qu’il allait y avoir une hausse de cas », dit la Dre Christine Drouin, cheffe du service des soins intensifs de l’Hôtel-Dieu de Lévis. Reste que ce bond des cas pourrait se répercuter dans les hospitalisations au cours des deux prochaines semaines, reconnaît-elle. « Mais à part encourager les gens à se faire vacciner, je n’ai pas grand-chose que je peux faire pour nous aider de ce côté-là », conclut la médecin.

Au besoin, les hôpitaux de la région de la Capitale-Nationale pourraient accueillir des patients de Chaudière-Appalaches, selon le Dr Mathieu Simon, chef de l’unité des soins intensifs de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Mais on est loin d’en être là. « Pour l’instant, la hausse des hospitalisations est un problème montréalais, observe-t-il. Les autres régions du Québec sont relativement épargnées. »

Le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec s’inquiète toutefois de la hausse des hospitalisations dans sa région. Celles-ci sont passées de deux la semaine dernière à neuf en date de mardi (dont cinq aux soins intensifs).

La majorité des patients qui se sont retrouvés à l’hôpital n’étaient pas adéquatement vaccinés, signale le CIUSSS. En date du 12 septembre, six malades, sur les 19 hospitalisés pour la COVID-19 depuis le début de la quatrième vague, étaient doublement vaccinés, précise son porte-parole Guillaume Cliche. « La très grande majorité de ces six patients avaient une condition de santé autre, des comorbidités », ajoute-t-il.

Un « effet » Maxime Bernier ?

La professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Roxane Borgès Da Silva, croit que la progression de la COVID-19 dans Chaudière-Appalaches est surtout liée à la rentrée scolaire, au retour au travail ainsi qu’à la couverture vaccinale locale.

La proportion de citoyens adéquatement vaccinés varie grandement d’un secteur à l’autre, d’après le CISSS de Chaudière-Appalaches : 66 % dans Beauce-Sartigan et Robert-Cliche ; 67 % dans Etchemins ; 77 % dans Lévis et Montmagny, en date du 12 septembre.

Roxane Borgès Da Silva pense qu’il y a aussi un « effet » Maxime Bernier. Le chef du Parti populaire du Canada, qui s’oppose à la vaccination contre la COVID-19, est candidat en Beauce. « Si on a un politicien qui est contre la vaccination et qui a une aura et une écoute de la communauté, ça va très certainement influencer la population à ne pas aller se faire vacciner et à ne pas adopter des comportements sécuritaires et de prévention (masque, distanciation, etc.) », estime-t-elle.

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