Pénurie d’infirmières dans le Grand Nord: le Protecteur du citoyen interpellé

Le Centre de santé Inuulitsivik (CSI) interpelle le Protecteur du citoyen face à la pénurie de personnel infirmier et médical qui force la suspension de services de santé dans plusieurs villages du Grand Nord.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le Centre de santé Inuulitsivik (CSI) interpelle le Protecteur du citoyen face à la pénurie de personnel infirmier et médical qui force la suspension de services de santé dans plusieurs villages du Grand Nord.

Le Centre de santé Inuulitsivik (CSI) interpelle le Protecteur du citoyen face à la pénurie de personnel infirmier et médical qui force la suspension de services de santé dans plusieurs villages du Grand Nord.

Un signalement a été fait, « dans le but d’informer le Protecteur du Citoyen » de la situation actuelle, mentionne une lettre signée par le Commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CSI, Josi Nappatuk, et par son adjoint, Pierre‐Antoine Guinard. Des efforts « considérables » sont faits par « l’équipe du CSI, gestionnaires, infirmiers et infirmières de tous les départements », disent-ils, dans le but d’éviter que des ruptures de service ne viennent « fragiliser l’accès aux services et la sécurité des Nunavimmiut et ceux qui se dévouent pour eux ».

Le Devoir écrivait samedi que les services de santé sont suspendus jusqu’à nouvel ordre dans plusieurs villages de la Baie d’Hudson en raison d’une pénurie aiguë de personnel. Le CSI, qui gère les services infirmiers et sociaux dans sept villages de la baie d’Hudson, a récemment prévenu les résidents des villages de Salluit, Akulivik et Puvirnituq que les services infirmiers courants ne seraient plus accessibles jusqu’à nouvel ordre.

Le même sort attend la population d’Inukjuak dès cette semaine, selon la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN). Dans un avis diffusé à la population le 25 août, les autorités de santé pressent les résidents de « rester en sécurité » et de « ne pas prendre de risques inutiles », puisque seules les urgences pourront être traitées par ordre de priorité, et sur appel seulement.

Selon la Régie, le nœud du problème demeure la pénurie criante de personnel infirmier. Pour pallier ce problème, un système complet de triage a été mis en place et les infirmiers et infirmières ne répondent plus qu’aux cas considérés comme « urgents ».

Le gouvernement du Québec critiqué

Le CSI et le Protecteur du citoyen n’ont pas donné suite aux demandes de précision du Devoir, dimanche.

Dans leur lettre, les représentants du CSI déplorent « l’interdiction au recours à des infirmières d’agence » et disent avoir demandé au Protecteur du citoyen d’intervenir. Fin mars, le ministère de la Santé a obligé les agences à affecter un travailleur à un seul endroit pour une durée minimale de 14 jours. Il est également interdit pour une agence d’envoyer une personne dans un établissement public si elle a été à son emploi dans les 90 jours précédents. Des infirmières ont ainsi été empêchées d’aller prêter temporairement main-forte en région.

« Le fait que le Nunavik ait été inclus dans cette décision n’a jamais tenu compte de facteurs comme la situation géographique éloignée, l’isolement des Inuit et le fait qu’il n’y a qu’un seul établissement hospitalier », écrit-on.

« Nous avons demandé une intervention immédiate du Protecteur du Citoyen en suggérant qu’une période transitoire de 6‐9 mois permettra au CSI de recourir aux services d’infirmiers et d’infirmières d’agence, le temps que les équipes se stabilisent, que les ressources humaines y contribuent et que les services de base continuent d’être offerts aux citoyens du Nunavik », ajoute-t-on.

Le CSI mentionne que, contrairement au sud, le délestage n’est pas envisageable au nord du 55e parallèle par manque d’établissements alternatifs.

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