La rentrée scolaire inquiète la Santé publique de Montréal

Le nombre d’éclosions actives est parti à la hausse dans la métropole.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le nombre d’éclosions actives est parti à la hausse dans la métropole.

La montée rapide des cas de COVID-19 des dernières semaines dans la métropole risque de s’accélérer au cours des prochains jours en raison de la rentrée scolaire, appréhende la Santé publique de Montréal, qui s’apprête à entamer un « chemin de croix » pour inciter les élèves à se faire vacciner.

À la fin juin, la Santé publique de Montréal avait cessé de diffuser quotidiennement son bilan des nouveaux cas de COVID-19 ; elle avait plutôt choisi de le faire de manière hebdomadaire en raison de la stabilité de la situation épidémiologique. Cette dernière s’est toutefois dégradée depuis : le nombre de nouveaux cas rapportés par semaine dans la métropole est passé de 197 entre le 28 juin et le 4 juillet à 1106 dans la semaine du 16 au 22 août. La moitié des nouveaux cas quotidiens sont par ailleurs reliés au variant Delta, jugé plus contagieux et dangereux que la souche originelle du virus.



« Depuis la semaine dernière, nous avons vu une augmentation de presque tous nos indicateurs », a confirmé mercredi après-midi la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, qui constate que la situation épidémiologique actuelle dans la métropole s’apparente à celle vécue l’an dernier à la fin septembre.

Or, la rentrée scolaire menace d’accélérer encore la croissance du nombre de cas de COVID-19, qui fera de nouveau l’objet d’un bilan quotidien dès jeudi, a indiqué la Dre Drouin. « Mon feeling, c’est qu’il va y avoir quand même une circulation importante [du virus dans les écoles], de par la contagiosité du variant Delta », a déclaré l’experte.

« Pas suffisant »

La Santé publique entend ainsi effectuer au cours des prochaines semaines une tournée des écoles secondaires — que la Dre Drouin appelle « le chemin de croix » — pour inciter les jeunes montréalais de 12 à 17 ans à se faire vacciner en plus grand nombre contre la COVID-19. Environ 52 % d’entre eux ont reçu deux doses jusqu’à maintenant, contre 66 % en moyenne dans la métropole.

« Ce n’est pas suffisant pour avoir un impact collectif pour prévenir les éclosions et les contrôler » dans les écoles, estime la Dre Drouin.

La quatrième vague a par ailleurs fait rebondir le taux de positivité moyen dans la métropole à 3,3 %, de même qu’à plus de 5 % dans certains quartiers chauds, qui sont les mêmes que l’an dernier. Du lot, on compte Saint-Michel, Parc-Extension, Bordeaux-Cartierville et Rivière-des-Prairies.

 

On a également rapporté 16 nouvelles hospitalisations et 4 nouvelles admissions aux soins intensifs liées à la maladie au cours de la semaine dernière. « Selon nos projections, ça va augmenter », a renchéri la Dre Drouin.

Prudence au travail

Il faudra toutefois, en plus d’être vaccinés, que les citoyens conservent les gestes barrières appliqués depuis le début de la pandémie, a affirmé la Dre Drouin.

« On a beaucoup relâché [les efforts] dans les derniers mois, quand on avait des taux plus bas. J’ai vu beaucoup d’accolades et tout ça. Donc, on évite évidemment ces rapprochements-là, même quand on est vaccinés à deux doses », a-t-elle dit.

Le nombre d’éclosions actives de cas de COVID-19 est par ailleurs reparti à la hausse dans la métropole, pour atteindre 46 en date de mardi. Plus de 60 % d’entre elles se concentrent d’ailleurs dans des milieux de travail, ce qui fait dire à Mylène Drouin que la Santé publique du Québec fait bien de recommander aux employeurs de retarder la mise en application du plan de retour au bureau de leurs employés.

« Je pense que c’est une mesure qu’on doit mettre en place pour éviter d’ajouter de l’huile sur le feu », a-t-elle dit.

La Santé publique rapporte par ailleurs 11 éclosions actives actuellement, liées à des activités de danse tenues autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.



À voir en vidéo