Le milieu des affaires favorable au passeport vaccinal

Le premier ministre du Québec, François Legault, a annoncé jeudi qu’un passeport vaccinal
sera instauré dans la province pour accéder à des services non essentiels.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, François Legault, a annoncé jeudi qu’un passeport vaccinal sera instauré dans la province pour accéder à des services non essentiels.

Le milieu canadien des affaires semble appuyer grandement la décision du gouvernement québécois d’imposer le premier passeport vaccinal au pays.

Selon la Chambre de Commerce du Canada, les passeports vaccinaux contribueront à empêcher les prochaines vagues de trop perturber l’économie en permettant aux personnes à faible risque de vaquer à leurs occupations quotidiennes.

« Sans cela, on a des gens pris en otage », soulignait son président Perrin Beatty avant même que le gouvernement Legault n’annonce sa décision.

Même si 80 % des Canadiens de plus de 12 ans se sont déjà fait vacciner ou ont manifesté leur volonté de le faire, il dit que ce pourcentage est trop faible pour garantir une véritable immunité collective.

« Le secteur privé, comme les Canadiens dans leur ensemble, est diversifié, mais on s’accorde tous pour dire que nous ne pouvons plus nous permettre d’imposer des mesures plus générales de confinement », a dit M. Beatty.

Le premier ministre François Legault a annoncé jeudi qu’un passeport vaccinal sera instauré dans la province pour accéder à des services non essentiels. Il a affirmé que le Québec était au début d’une quatrième vague, mais qu’il ne prévoyait pas revenir aux mesures de confinement.

Au moins deux premiers ministres provinciaux ont indiqué leur intention de ne pas imiter le Québec : l’Ontarien Doug Ford et l’Albertain Jason Kenney.

M. Beatty convient que l’idéal serait une augmentation du taux de vaccination dans tout le pays. Il insiste toutefois pour dire que les passeports pourraient aider à protéger la santé de la population sans infliger des dommages sociaux et économiques majeurs au pays.

« Je suis complètement vacciné, mais si j’assistais à un concert, je me sentirais beaucoup plus à l’aise de savoir que les gens qui m’entourent ont eux-mêmes été vaccinés. »

Le mois dernier, le Toronto Region Board of Trade avait exhorté le gouvernement ontarien à mettre en place un système de passeport vaccinal pour les activités commerciales non essentielles.

Sa p.-d.g., Jan De Silva, a convenu que se faire vacciner était une décision personnelle, mais pouvoir participer à des événements majeurs ou aller manger des repas au restaurant exige une responsabilité morale. Les petites entreprises ne peuvent pas se permettre un autre confinement, a-t-elle soutenu.

« Un outil »

Selon un récent sondage Léger, 58 % des répondants canadiens appuient l’imposition d’un passeport vaccinal pour toutes les activités essentielles et non essentielles.

Cet appui grimpe à 78 % parmi les entreprises membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, estime le président du conseil d’administration, Michel Leblanc.

« C’est un signal clair du secteur privé qui voit le passeport vaccinal comme un outil qui devrait être utilisé. Et bien sûr, à son avis, c’est parce qu’on ne peut plus fermer l’économie », a-t-il souligné.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, dit soutenir la décision de Québec, mais ajoute qu’il laissera chaque province décider pour elle-même. Le gouvernement fédéral serait en train de mettre en place une certification de vaccination sécurisée pour les voyageurs internationaux.

Si les grandes entreprises canadiennes poussent à l’adoption du passeport vaccinal, de nombreux secteurs n’en sont qu’à une première étape de réflexion ou n’expriment pas d’emblée leur appui.

Selon le Conseil canadien du commerce de détail, les passeports vaccinaux ne seraient pas utiles dans les commerces de détail qui attirent des parents accompagnés de leurs enfants de moins de 12 ans qui ne peuvent pas actuellement être vaccinés.

L’organisme met en doute la mesure tout comme il s’interrogeait, plus tôt dans la pandémie, sur le port obligatoire du couvre-visage.

« Il serait très difficile pour les entreprises d’être la police des vaccins, tout comme il était à l’époque très difficile pour elles d’être la police des masques », dit une porte-parole Michelle Wasylyshen.

Le Canada accueille les voyageurs américains

Les voyageurs américains ayant reçu deux doses d’un vaccin approuvé par Santé Canada sont maintenant autorisés à fouler le sol canadien. Mais la réciprocité n’est pas vraie.

 

Pour pouvoir entrer au pays, ces voyageurs doivent vivre aux États-Unis, avoir reçu leur deuxième dose de vaccin au moins 14 jours avant leur arrivée et présenter la preuve d’un test négatif datant d’au plus 72 heures.

 

Ils peuvent aussi utiliser l’application ArriveCAN ou le portail Internet pour télécharger les renseignements de leur vaccination.

 

Les États-Unis, eux, ne savent pas quand ils commenceront à assouplir leurs propres restrictions imposées aux voyageurs canadiens non essentiels aux postes frontaliers. Les voyageurs prenant l’avion et le bateau en sont exonérés.

 

Le gouvernement canadien prévoit actuellement autoriser les visiteurs vaccinés provenant d’autres pays que les États-Unis à venir au Canada pour des raisons non essentielles à compter du 7 septembre.



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