Des mesures toujours efficaces malgré l'arrivée des variants?

La fermeture des écoles constitue une des mseures non pharmaceutiques les plus efficaces pour lutter contre la COVID-19, selon une revue de littérature.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir La fermeture des écoles constitue une des mseures non pharmaceutiques les plus efficaces pour lutter contre la COVID-19, selon une revue de littérature.

Fermer les écoles, rendre obligatoire le télétravail et forcer la fermeture des commerces constituent les meilleurs moyens « non pharmaceutiques » de combattre la COVID-19, explique une revue de littérature du Journal of Infection.

Or, l’arrivée des variants brouille déjà ces résultats. « Je suis très surprise que la fermeture des écoles soit le plus efficace », nuance la Dre Roxane Borgès Da Silva, spécialiste de la santé publique. « Pour diminuer les contacts, il faut voir le moins de monde possible. C’est vrai que dans les écoles, on voit beaucoup de monde. Sauf que la souche originelle n’était pas très contagieuse chez les enfants. »

À l’inverse, l’étude suggère que le suivi des contacts réduit peu la contamination. Les tests rapides et systématiques ont pourtant prouvé leur efficacité dans le monde, assure-t-elle.

Parmi les mesures les moins efficaces, l’étude cite la fermeture des transports en commun, ce que confirme la Dre Borgès Da Silva. « Il y a énormément de ventilation dans les transports en commun et donc c’est très difficile de se contaminer dans le métro par exemple ».

Elle souligne que cette revue de littérature omet aussi de décrire le niveau d’efficacité des couvre-feux. Une étude sur cette mesure en France, et une autre comparant le couvre-feu québécois et « l’ordre de rester à la maison » ontarien éclairent sur ce point.

« Le couvre-feu a certainement aidé quant au nombre de cas. On a diminué le nombre d’heures pendant lesquelles on pouvait se voir », résume la Dre Borgès Da Silva.

Avec ces connaissances sur les succès d’un confinement, est-ce que le Québec revivra des fermetures à l’automne?

Il est « très difficile » de répondre à cette question, tant les incertitudes sont grandes, répond la professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

« Comme je le dis souvent à mes étudiants, on a un risque pour lequel on n’est pas capable de mesurer la probabilité qui vient avec ce risque. On n’est pas capable de dire quelle est la probabilité qu’il y ait un autre variant plus contagieux et plus résistant aux vaccins. On n’est pas capable de savoir le pourcentage de personnes vaccinées. »

Si les niveaux de contamination placent de nouveau le système de santé sous pression, « on risque de passer à travers des mesures de confinement, à moins qu’on mette en place un passeport sanitaire », estime la spécialiste.

Québec mise d’ailleurs sur ce passeport vaccinal pour éviter un « confinement généralisé » cet automne.

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