La vaccination va bon train dans les cégeps et universités du Québec

Selon le ministère de la Santé, la couverture vaccinale dans les cégeps atteindra pratiquement 79% à l’automne, si l’on se fie aux prises de rendez-vous pour une deuxième dose.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Selon le ministère de la Santé, la couverture vaccinale dans les cégeps atteindra pratiquement 79% à l’automne, si l’on se fie aux prises de rendez-vous pour une deuxième dose.

La vaccination contre la COVID-19 va bon train dans les cégeps et les universités du Québec.

Près de 82 % des étudiants des établissements collégiaux de la province ont déjà reçu une première dose, selon le ministère de la Santé. Dans les universités, ce taux grimpe à 86 %. Et plus de la moitié des étudiants universitaires sont maintenant adéquatement protégés, c’est-à-dire qu’ils ont reçu deux doses ou en ont obtenu une après avoir été infectés par la COVID-19.

Le Québec garde donc le cap sur une rentrée en présentiel cet automne. « C’est le scénario avec lequel on travaille en ce moment, dit le directeur du cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, Nicolas Descroix. En ce moment, ça se passe bien. On n’a pas d’écho comme quoi ça pourrait être autrement, mais les discussions ne sont pas terminées avec la Santé publique. » Le gouvernement clarifiera « rapidement » la situation ; la ministre revient devacances la semaine prochaine.

En entrevue avec Le Devoir vendredi, la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, s’est réjouie du pourcentage d’étudiants des établissements de la métropole ayant obtenu une première injection. « Du côté des cégeps et des universités, on a de très bonnes couvertures de vaccination, a-t-elle dit. Il reste quelques efforts [à faire]. »

Dans les universités montréalaises, la proportion d’étudiants ayant reçu une première dose de vaccin oscillait entre 81 et 87 % en date du 23 juillet. Le taux de vaccination dans les cégeps montréalais variait entre 70 et 80 %, mais se situait « surtout autour de 75 ou 80 % », précise la Direction régionale de santé publique de Montréal.

La région de la Capitale-Nationale fait encore mieux. En date du 23 juillet, près de 88 % des étudiants inscrits dans un établissement postsecondaire de Québec et ses environs avaient reçu une première dose et environ 55 % étaient adéquatement vaccinés, indique le CIUSSS régional.

Un succès que les autorités expliquent par la présence d’une clinique de vaccination sur le site de l’Université Laval, bien desservie par le transport en commun. Depuis le 19 juillet, les étudiants ont également un « accès sans rendez-vous privilégié » à la clinique, qui leur permet d’être vaccinés immédiatement sur présentation d’une carte étudiante valide. « Depuis cette date, entre 30 et 50 étudiants collégiaux et universitaires s’en prévalent chaque jour », indique le porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Mathieu Boivin.

En Estrie, le taux de vaccination des étudiants oscille entre 80 et 90 %, selon les établissements, rapporte Jean Delisle, directeur de la campagne vaccinale au CIUSSS de la région. « Ce que je comprends, c’est que les clientèles qui sont associées à des programmes d’enseignement supérieur ont l’air plus vaccinées en moyenne que la population jeune en général », relève-t-il.

Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), 71,3 % des Québécois de 18 à 29 ans avaient reçu une première dose de vaccin en date du 27 juillet. Dans cette catégorie d’âge, 40,3 % des gens sont adéquatement vaccinés.

L’importance de la deuxième dose

Selon le ministère de la Santé, la couverture vaccinale dans les cégeps atteindra pratiquement 79 % à l’automne, si l’on se fie aux prises de rendez-vous pour une deuxième dose. Le taux projeté s’élève à 83 % dans les universités, indique-t-on.

Le Dr Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l’INSPQ, estime qu’il s’agit d’une « bonne nouvelle », mais qu’avec l’arrivée du variant Delta, il faut maintenant viser des taux de 85 ou 90 %.

« Le taux de 75 % qui a été fixé initialement, c’était un taux en fonction du virus qu’on avait au début de la campagne de vaccination, un virus beaucoup moins contagieux, explique le Dr De Serres. Si on est à 75 % de gens qui sont vaccinés, c’est très bien. Mais 25 % de gens non vaccinés, ça fait beaucoup de monde, avec un virus beaucoup plus contagieux qu’au mois de janvier dernier. »

Le médecin prévient qu’avec un taux de vaccination de 75 %, des éclosions « parfois assez grosses » risquent de survenir dans les cégeps et les universités, ce qui perturbera leur fonctionnement.

Le Dr De Serres presse d’ailleurs les Québécois de 12 à 29 ans d’obtenir leur première ou deuxième dose le plus tôt possible. « C’est urgent, dit-il. L’école commence dans un mois. » En agissant ainsi, en plus de s’immuniser, ils protégeront aussi les plus jeunes qui n’ont pas accès au vaccin, fait-il valoir.

Selon le Dr De Serres, la vaccination en masse de ce groupe d’âge est l’« outil numéro 1 » pour « réduire les problèmes chez les moins de 12 ans ». Du travail reste à faire auprès des jeunes, signale-t-il. Il déplore que seulement un peu plus de 70 % de cette population ait reçu une première dose. « Ça plafonne, dit-il. Ça n’augmente pas rapidement. C’est certain qu’au lieu d’être à 70 %, si on approchait des 85-90 % et que la deuxième dose était donnée en très grande proportion aussi, le risque chez les plus jeunes [moins de 12 ans] serait réduit lui aussi. » Le virus circulerait moins.

Le Devoir révélait mardi que près de 30 000 élèves d’écoles secondaires à Montréal n’ont toujours pas reçu une première dose de vaccin contre la COVID-19. Certains établissements affichaient un taux de vaccination inférieur à 25 %.

Pour encourager les adolescents à se faire vacciner, la Santé publique de Montréal ouvrira une clinique de vaccination éphémère sur le site de La Ronde cette fin de semaine. Elle tente aussi de joindre par téléphone les 30 000 élèves non vaccinés.



À voir en vidéo