Les vaccins obtenus dans d’autres provinces doivent aussi être validés au Québec

La preuve papier d’une autre province devra aussi être acceptée par les restaurants, les bars, les gyms et autres établissements qui pourraient demander à voir le passeport vaccinal.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La preuve papier d’une autre province devra aussi être acceptée par les restaurants, les bars, les gyms et autres établissements qui pourraient demander à voir le passeport vaccinal.

L’arrivée du passeport vaccinal au Québec le 1er septembre soulève des questions sur la reconnaissance des doses de vaccin contre la COVID-19 obtenues dans les autres provinces canadiennes. La preuve papier donnée par une infirmière en Colombie-Britannique, par exemple, sera-t-elle suffisante pour aller au restaurant, dans un bar ou au gym si seules les personnes qui auront eu leurs deux doses pourront y avoir accès ?

C’est ce que se demande Émilie Vallières, une résidente de Saint-Ferréol-les-Neiges dans la région de la Capitale-Nationale. Celle-ci a obtenu sa première injection au Québec, mais a depuis suivi son conjoint en Colombie-Britannique qui y fait un séjour temporaire pour son travail. Le couple a reçu sa deuxième dose là-bas, mais sera de retour dans la Belle Province en septembre.

« J’ai appelé pour pouvoir prendre rendez-vous avec Clic Santé à la mi-septembre, mais les plages horaires n’étaient pas encore ouvertes », raconte-t-elle. La procédure est la même que pour les snowbirds qui voulaient faire reconnaître leurs doses de vaccin reçues en Floride à leur retour au Québec et obtenir un code QR. Il faut prendre rendez-vous, se rendre dans un centre de vaccination désigné et montrer sa preuve vaccinale papier à un professionnel de la santé.

Des informations entrées à la main

Dans le cas de Mme Vallières, les deux centres de vaccination les plus proches où elle pourra faire reconnaître sa preuve britanno-colombienne sont à plus de 50 kilomètres de route, soit à Montmagny ou à Québec. « Je trouve ça un peu plate de mobiliser nos ressources en santé pour lire un papier, dit-elle en faisant allusion au fait qu’il y a des problèmes plus urgents à régler dans le réseau. »

« Il faut quand même qu’il y ait un professionnel qui voit la preuve papier, explique le porte-parole du ministère de la Santé, Robert Maranda. C’est une question d’identification de la personne avec ses coordonnées et de comparer l’information en lien avec la vaccination. Par exemple, quel vaccin cette personne-là a obtenu pour que ce soit inscrit dans le registre de vaccination ? Est-ce que cette personne-là a eu un calendrier mixte ou a eu le même type de vaccin ? C’est vraiment un professionnel de la santé — pas tous — qui a accès à ce registre-là et qui va aller inscrire manuellement toutes les informations. »

« Ce registre-là nous suit toute notre vie, ajoute-t-il. C’est comme un carnet de vaccination virtuel. Tout est inscrit dans notre dossier. »

La preuve papier d’une autre province devra aussi être acceptée par les restaurants, les bars, les gyms et autres établissements qui pourraient demander à voir le passeport vaccinal, assure-t-on au cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé. Reste que cette situation soulève la question de la preuve de vaccination universelle qui serait acceptée d’emblée dans toutes les provinces, mais aussi à l’extérieur du pays.

Peu de statistiques

Il est difficile de savoir combien de Québécois sont dans la même situation qu’Émilie Vallières. L’Institut de la statistique du Québec n’a pas de données sur les « navetteurs temporaires » puisque la migration des Québécois vers d’autres provinces est mesurée à partir des données fiscales. Il faut donc s’être installé et avoir soumis un rapport d’impôt fédéral pour faire partie des statistiques. En 2020, ce sont 25 208 Québécois qui ont déménagé dans une autre province, alors que 23 512 résidants d’autres provinces se sont installés ici. Il y a aussi des milliers d’étudiants canadiens qui viennent faire des études dans les universités québécoises.

À Ottawa, au cabinet de la ministre de la Santé, Patty Hajdu, on rappelle que chaque province a sa propre preuve vaccinale. Le gouvernement fédéral travaille tout de même avec chacune d’entre elles pour développer une preuve de vaccination qui permettra aux Canadiens de voyager à l’étranger. S’agira-t-il d’un code QR comme au Québec ? Les discussions à ce sujet se poursuivent.



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