Une troisième dose de vaccin possible pour les voyageurs

Le gouvernement du Québec confirme que les voyageurs pourront obtenir une troisième dose de vaccin contre la COVID-19, si celle-ci est « nécessaire » pour leur permettre de réaliser un voyage à l’étranger. Une décision qui doit être réfléchie, précise-t-il cependant.

Dans les derniers jours, des voyageurs ont déploré de ne pas pouvoir réaliser une escapade à l’étranger parce que certains pays et certaines compagnies de bateaux de croisière refusent d’accueillir des passagers qui ont reçu deux vaccins différents contre la COVID-19 ou certains vaccins qui ne font pas l’unanimité. Or, à l’échelle du pays, environ trois millions de personnes ont reçu une combinaison de différents vaccins, selon les plus récentes données du gouvernement fédéral.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a donc confirmé samedi qu’il permettra « exceptionnellement » l’administration d’une dose supplémentaire de vaccin à ARN messager pour les personnes dont « le besoin de se déplacer à l’extérieur du pays l’exige ». Cette mesure s’applique aux personnes qui ont été vaccinées selon un calendrier mixte, précise Québec. Celles-ci ont reçu le vaccin AstraZeneca ou Covishield en première dose et un vaccin à ARN messager (Pfizer ou Moderna) en deuxième dose.

Les Québécois qui ont reçu deux doses de vaccin Covishield pourront également recevoir une dose supplémentaire de vaccin, cette fois à ARN Messager. Actuellement, le Covishield, qui représente la version indienne de l’AstraZeneca, n’est pas autorisé dans certains pays d’Europe, même s’il a été approuvé par l’Organisation mondiale de la santé.

Reconnaissance internationale

Le gouvernement Legault affirme pour sa part que les personnes qui ont reçu deux doses du vaccin de Covishield ou encore une combinaison de vaccins disposent d’une « bonne protection contre la COVID-19 ». « Un calendrier mixte incluant un vaccin à vecteur viral et un à ARN [messager] est accepté comme tout à fait valide au Québec et au Canada », assure la conseillère aux affaires publiques du MSSS Marie-Hélène Émond.

Il n’existe cependant pas de « consensus international » à ce sujet, reconnaît Québec. « Il est donc possible d’obtenir une dose supplémentaire si les vaccins reçus au Canada ne sont pas reconnus dans le pays visité. Ces personnes doivent prendre un rendez-vous de dépannage ou se présenter au sans rendez-vous », ajoute Mme Émond.

Le gouvernement Legault est d’ailleurs actuellement « en discussion » avec le gouvernement fédéral afin que des démarches soient effectuées à l’étranger en faveur d’une reconnaissance « plus large » des vaccins AstraZeneca et Covishield, « de même que le calendrier mixte », indique la porte-parole du MSSS.

Effets secondaires

Le gouvernement du Québec appelle toutefois les voyageurs à y réfléchir à deux fois avant d’obtenir une troisième dose de vaccin contre la COVID-19.

« Cette mesure est exceptionnelle, et la personne devra être conseillée adéquatement pour être informée des risques potentiels associés à cette dose additionnelle, en comparaison des bénéfices du voyage planifié. Il n’existe actuellement aucune étude pour évaluer l’impact de cette dose additionnelle », indique une mise à jour de son site Web.

En entrevue au Devoir samedi, l’expert en virologie Benoit Barbeau confirme qu’on ignore actuellement comment le corps pourrait réagir à une troisième dose de vaccin contre la COVID-19, par rapport aux deux précédentes.

« Si vous recevez une troisième dose, vous allez probablement avoir des effets [secondaires] différents. Il y a toujours cette possibilité-là », évoque-t-il. Le professeur au Département des sciences biologiques de l’UQAM ne croit pas cependant « qu’il y a un risque extraordinaire à recevoir une troisième dose ». « La troisième dose pourrait entraîner des effets secondaires, mais je doute qu’ils nécessitent une hospitalisation », ajoute-t-il. 

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