Un processus d’agrément plus rigoureux pour les CHSLD

La directrice principale d’Agrément Canada, Nelea Lungu, reconnaît que le processus d’agrément utilisé jusqu’ici ne permet pas de s’assurer adéquatement de la qualité des services au fil du temps.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La directrice principale d’Agrément Canada, Nelea Lungu, reconnaît que le processus d’agrément utilisé jusqu’ici ne permet pas de s’assurer adéquatement de la qualité des services au fil du temps.

Des CHSLD privés non conventionnés comme Herron ou le Manoir Liverpool ont fait les manchettes ces derniers mois malgré le fait qu’ils étaient tous agréés avec mention par Agrément Canada. L’organisme à but non lucratif chargé d’apposer son sceau de qualité sur quelque 453 CHSLD au Québec a confirmé au Devoir qu’il renforcerait désormais son processus d’évaluation.

Cette approbation est obligatoire dans le réseau de la santé du Québec, où Agrément Canada évalue
106 CHSLD privés et 347 publics afin de s’assurer de la qualité de leurs soins et de leurs services. L’organisme à but non lucratif vient aussi de lancer un nouveau programme « beaucoup plus rigoureux et qui incarne la continuité d’évaluation » qui sera appliquée lors des prochaines visites dans les établissements du Québec.

Questionnée par Le Devoir au sujet des récents scandales du CHSLD Herron et du Manoir Liverpool, qui ont tous deux fait l’objet d’un rapport d’enquête dévastateur malgré leur approbation, la directrice principale d’Agrément Canada, Nelea Lungu, précise que son organisation travaillait sur les changements à apporter au programme un an déjà avant la pandémie.

Elle reconnaît que le processus d’agrément utilisé jusqu’ici ne permet pas de s’assurer adéquatement de la qualité des services au fil du temps. Le nouveau programme est déjà utilisé dans les CHSLD publics et le sera très prochainement dans les établissements privés.


« Nous avons évalué nos programmes et avons constaté que ça ne marchait pas de venir évaluer les CHSLD une fois tous les quatre ans. Quand on arrive sur place, tout est beau : on fait le ménage parce que la belle-mère arrive, on cache tous les problèmes. La photo était belle, tout était maquillé, arrangé. Mais une fois [qu’on était] partis, les établissements retombaient dans leur routine quotidienne », déplore Mme Lungu, dont l’équipe a finalement opté pour une évaluation continue, annuelle, qui fait appel à plusieurs méthodes différentes.

« On va notamment utiliser des attestations, des évaluations virtuelles et des autoévaluations anonymes. Les employés devront participer et s’auto-évaluer pour se demander s’ils ont tout ce qu’il faut sur place (les formations, politiques, etc.). Chaque phase a une évolution vers la prochaine pour obtenir au bout son statut d’agrément », précise la directrice principale. « Ça nous permet de voir tous les angles, de prendre différentes photos, par différentes personnes », ajoute Mme Lungu.

Négligence dans un CHSLD de Saint-Lambert: «inadmissible», dit la ministre Blais

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, qualifie d’« inadmissibles » les faits mentionnés dans l’enquête publiée lundi par Le Devoir au sujet du CHSLD Argyle/Les Écluses Saint-Lambert. Dix-huit résidents, proches aidants et employés de la résidence privée CHSLD Argyle/Les Écluses Saint-Lambert y dénoncent de la négligence en ce qui a trait aux soins et à l’hygiène des usagers, ainsi qu’à la salubrité de l’établissement. Le CISSS de la Montérégie-Centre a d’ailleurs mandaté un enquêteur externe indépendant pour évaluer cette ressource pour aînés, dont 95 % des places sont achetées par l’État. « Mon cabinet et moi-même suivons de très près la situation. […] Tous les aînés ont droit à des soins et à des services de qualité, et aucune négligence ne sera tolérée », a fait savoir au Devoir par courriel la ministre Blais, qui n’était pas disponible pour une entrevue.



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