Le CCNI ne recommande plus l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca en 2e dose

Les Québécois ont le choix: ils peuvent choisir le vaccin d’AstraZeneca en seconde dose ou en préférer un autre à ARN.
Photo: Chiang Ying-ying Associated Press Les Québécois ont le choix: ils peuvent choisir le vaccin d’AstraZeneca en seconde dose ou en préférer un autre à ARN.

Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) ne recommande plus l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca en deuxième dose, sauf exception, allant dans le même sens que le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) qui avait dit plus tôt cette semaine qu’une seconde dose d’un vaccin à ARN comme Moderna ou Pfizer est « préférable »

Ces recommandations du comité fédéral dévoilées jeudi sont fondées « sur la base des données probantes émergentes d’une réponse immunitaire potentiellement meilleure » : une dose de vaccin à ARN après une d’AstraZeneca (ou du Covishield, sa version indienne) offrirait une meilleure protection que deux doses d’AstraZeneca. Dans son avis, il est aussi question d’atténuer le risque de thromboses avec le vaccin d’AstraZeneca — un risque faible, mais sérieux.

Quant à la Santé publique du Québec, elle n’exprime pas de préférence pour un vaccin à ARN en deuxième dose et maintient que celui d’AstraZeneca est « sécuritaire » et offre une « très bonne protection » contre la COVID-19.

Les Québécois ont donc le choix : ils peuvent choisir le vaccin d’AstraZeneca en seconde dose ou en préférer un autre à ARN, selon leur préférence personnelle et leur condition de santé particulière, a précisé la Santé publique.

Confusion

Les avis, rectifications et interprétations qui s’accumulent depuis quelques jours rendent toutefois ce choix difficile à faire.

Mercredi, on pouvait lire sur le site web du ministère de la Santé du Québec que « les personnes de 18 ans et plus qui ont reçu le vaccin Covishield ou AstraZeneca comme première dose devraient recevoir un vaccin Pfizer ou Moderna pour leur deuxième dose. L’administration d’un vaccin Pfizer ou Moderna en deuxième dose est plus efficace que deux doses du vaccin AstraZeneca ou Covishield ».

Ce paragraphe établissait qu’une seconde dose d’un vaccin à ARN est préférable, contrairement à ce qui avait été avancé auparavant par la Santé publique du Québec.

Questionné sur cette contradiction jeudi matin en point de presse, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a indiqué que le paragraphe mis en ligne mercredi sur le site gouvernemental est une « déclaration erronée » et une « erreur de communication ».

Il a expliqué qu’au lieu du mot « devraient », on aurait dû lire « pourraient » recevoir un vaccin à ARN en deuxième dose. « Les gens qui ont reçu un AstraZeneca ne doivent pas “nécessairement” prendre un ARN », mais ont cette possibilité.

Jeudi, il s’est excusé auprès de la population pour la confusion qui a été causée.

La position du gouvernement du Québec a toujours été claire, le AstraZeneca est un « excellent vaccin », a-t-il réitéré, précisant que le site web du ministère a déjà été corrigé.

Peu après, son ministère a diffusé un communiqué pour apporter des « précisions ».

Dans celui-ci, on peut lire que le ministère prend acte de la préférence exprimée par le CIQ, mais ajoute qu’une deuxième dose d’AstraZeneca « reste une option tout à fait valable ». Ce vaccin demeurera donc disponible, « puisque la vaccination avec deux doses de ce vaccin a été largement étudiée et offre une très bonne protection contre la COVID-19 ».

Le ministère invite toutefois les Québécois à l’éviter s’ils ont déjà eu une thrombose ou s’ils sont à risque.

La santé publique vs les avis des comités d’immunisation ?

Dans son avis rendu jeudi après-midi, le CCNI dit qu’une deuxième dose d’un vaccin à ARN « est désormais privilégiée » pour ceux qui ont reçu une première dose d’AstraZeneca.

Il ne dit toutefois pas que ce vaccin est contre-indiqué en seconde dose, car il précise : « les personnes qui reçoivent deux doses du vaccin d’AstraZeneca peuvent être assurées d’avoir une bonne protection contre la COVID-19 et une très bonne protection contre les maladies sévères et les hospitalisations ».

L’avis ressemble à celui fourni plus tôt cette semaine par le CIQ. Jeudi matin, confronté à ce dernier (celui du CCNI n’étant pas encore dévoilé à ce moment), le ministre Dubé a expliqué que plusieurs organismes donnent des opinions à la Santé publique, dont le CIQ et le CCNI. Mais au bout du compte, « c’est la Santé publique qui décide ».

Lorsque questionné à savoir si sa recommandation diffère de celle du CIQ, le ministre Dubé a répondu que l’avis de ce comité a été « mal interprété » lorsqu’il a été transposé sur le site du ministère, laissant entendre que lorsqu’on le lit au complet, il contient plus de nuances.

Il a rappelé que la Santé publique du Québec avait été la première à retarder l’administration de la seconde dose de vaccin afin d’en offrir une première plus rapidement à un maximum de personnes. Cette décision, contraire à ce moment aux recommandations du CIQ et du CCNI, s’est avérée bénéfique, dit-il, et les deux organismes ont ensuite révisé leur position pour suggérer de retarder, eux aussi, la seconde dose.

Le ministre Dubé a aussi fait valoir que lorsque deux doses de vaccins différents sont administrées, la réaction peut être plus forte. Pour être protégé un peu plus, cela vaut-il la peine d’être malade quelques jours parce que l’on fait une réaction ? a-t-il demandé, laissant entendre que la différence de protection n’est pas importante.

Par contre, tous s’entendent que le vaccin d’AstraZeneca doit être offert à ceux qui présentent une contre-indication à l’utilisation d’un vaccin à ARN.

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