Québec reconnaît les vaccins administrés à l’étranger

Le gouvernement Québécois ouvre la porte à reconnaître les personnes immunisées par les vaccins indien Covishield et chinois Sinopharm et Sinovac, pas encore approuvés par Santé Canada.
Photo: Dibyangshu Sarkar Agence France-Presse Le gouvernement Québécois ouvre la porte à reconnaître les personnes immunisées par les vaccins indien Covishield et chinois Sinopharm et Sinovac, pas encore approuvés par Santé Canada.

Les Québécois vaccinés à l’étranger peuvent maintenant faire reconnaître leur vaccination au Québec. Ceux ayant reçu seulement une première dose peuvent prendre rendez-vous sur la plateforme Clic Santé et recevoir leur seconde dose une fois de retour dans la province.

Santé Canada a approuvé quatre vaccins contre la COVID-19 : Moderna, Pfizer, AstraZeneca et Johnson & Johnson. « Au niveau fédéral, pour l’instant il n’y a pas de décision qui a été prise au sujet des vaccins qui ne sont pas approuvés au Canada », explique la Dre Caroline Quach-Thanh, présidente du Comité consultatif national de l’immunisation.

Par contre, au Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) annonce que tout vaccin « autorisé par au moins un pays dans le monde » sera reconnu au Québec. Contacté par Le Devoir, le MSSS précise finalement que seuls les vaccins approuvés par l’OMS pourront être inscrits au Registre de vaccination du Québec.

Le gouvernement québécois ouvre ainsi la porte à la reconnaissance des personnes immunisées par les vaccins indien Covishield et chinois Sinopharm et Sinovac, pas encore approuvés par Santé Canada.

Des mélanges efficaces ?

D’après Caroline Quach-Thanh, cela ne présente pas de problèmes épidémiologiques. « Si le produit a été testé en phase 3 puis a été homologué par un organisme réglementaire reconnu, le vaccin devrait être aussi efficace et sécuritaire que ceux approuvés par le Canada. Il est possible que certains vaccins n’aient pas été soumis à Santé Canada parce que ce n’était pas un marché que [les compagnies pharmaceutiques] voulaient développer », précise-t-elle.

Dans le cas où le vaccin administré en première dose n’est pas disponible au Québec, « un produit différent pourra être utilisé », avance le MSSS.

« Il va falloir qu’on fasse des mix and matches, pour lesquels on n’a évidemment pas de données. Pour l’instant, on voit que le vaccin d’AstraZeneca suivi de celui de Pfizer, ou vice-versa, semble bien fonctionner. Mais c’est possible qu’il y ait des effets adverses associés à la vaccination quand on mélange des [vaccins différents] », prévient la Dre Caroline Quach-Thanh.

Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), le Comité sur l’immunisation du Québec, qui a conseillé le gouvernement provincial dans la gestion de la campagne de vaccination, « n’a pas travaillé sur cette question, ni aucun autre expert à l’INSPQ ».

Encourager le tourisme vaccinal ?

Pour la Dre Quach-Thanh, ce n’est toutefois pas une porte ouverte au tourisme vaccinal, même si implicitement le gouvernement québécois permet ainsi aux citoyens d’aller se faire vacciner n’importe où dans le monde.

« Ce n’est pas comme si on manquait de doses présentement. Peut-être qu’il y a eu du tourisme vaccinal au moment où le Canada était en pénurie de doses. Mais aujourd’hui, n’importe qui voulant être vacciné peut être vacciné », souligne-t-elle, ajoutant qu’il y a encore « suffisamment de barrières » avec les restrictions sanitaires imposées aux voyageurs.

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