L’APTS amorce la première grève dans la santé et les services sociaux

Les membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ont amorcé, lundi matin, une séquence de deux journées de grève — les premières dans le secteur de la santé et des services sociaux dans le cadre des négociations du secteur public.

L’APTS compte 60 000 membres qui travaillent dans les établissements de santé et les centres jeunesse. Il s’agit de techniciennes en assistance sociale, de psychologues, de techniciennes en imagerie médicale, en radiologie et autres.

Cette première séquence de grève a lieu lundi et mardi et elle prendra fin à 23 h 59 mardi soir. Une autre séquence est prévue les 21 et 22 juin, si les négociations ne progressent pas suffisamment au goût de l’APTS d’ici là.

Jusqu’ici, les grèves dans les secteurs public et parapublic n’avaient touché que le secteur de l’éducation.

Les parties ont tout de même négocié vendredi dernier et durant la fin de semaine, dans l’espoir d’éviter cette grève.

« Il y a de petits progrès ; on note un petit peu d’ouverture, je vous dirais. Mais c’est loin de constituer une base de règlement. C’est pour ça que nous, on veut revenir avec une proposition à la partie patronale, pour pouvoir avoir cette discussion-là sur une base plus sérieuse, et puis que nos membres se sentent plus respectés. On parle vraiment de petits, petits progrès, là ; c’est vraiment anecdotique », a commenté Robert Comeau, premier vice-président de l’APTS, en entrevue avec La Presse canadienne lundi.

Comme il s’agit d’une grève dans le milieu de la santé, les services essentiels sont maintenus. La proportion varie de 50 à 100 % selon l’unité de soins.

Québec confiant

Le cabinet de la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a fait savoir que « oui, les négociations se poursuivent toujours » avec l’APTS.

« On ne peut malheureusement pas commenter, mais nous sommes confiants d’en arriver à une entente rapidement », a ajouté le cabinet de la ministre.

Plusieurs enjeux demeurent, précise M. Comeau. Entre autres : l’attraction et la rétention du personnel dans les centres jeunesse, grâce à des primes, ainsi que des congés mobiles.

Aussi, l’APTS veut obtenir une meilleure rémunération pour les psychologues du secteur public, leurs collègues du secteur privé touchant bien davantage.

De même, l’organisation syndicale revendique une prime COVID-19 pour ses membres qui travaillent dans les laboratoires et en imagerie médicale.

M. Comeau se dit lui aussi « confiant de s’entendre rapidement » avec Québec, puisque les enjeux ont été bien ciblés de part et d’autre. Reste à trouver les « façons de régler », conclut-il.

D’autres ententes conclues dans le public

À ce jour, le gouvernement du Québec est parvenu à s’entendre avec la FTQ, tant pour les salaires que les conditions de travail. Il en est de même avec les enseignants de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

L’entente avec la FTQ prévoit 2 % d’augmentation en 2020-2021, puis 2 % en 2021-2022 et 2 % en 2022-2023, en plus d’une nouvelle structure salariale pour verser des augmentations de salaire plus élevées aux plus bas salariés.

Québec a aussi conclu des ententes partielles, qui portent sur les conditions de travail. C’est le cas de la Fédération des syndicats de l’enseignement, affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), et de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) qui représente 76 000 infirmières et infirmières auxiliaires entre autres.

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