La quatrième vague de COVID-19 est évitable, selon l’INSPQ

Le succès du plan de déconfinement du gouvernement Legault est entre les mains des Québécois, selon les chercheurs de l’Institut national de santé publique (INSPQ). Ceux-ci ont présenté des projections encourageantes vendredi, alors même que s’amorce le relâchement des restrictions mises en place pour limiter la propagation de la COVID-19.

« Le plan de déconfinement pourrait bien fonctionner pourvu que la population ne devance pas ce qui est mis sur la table », estime la vice-présidente associée aux affaires scientifiques de l’INSPQ, Jocelyne Sauvé. « Parce que si les gens devancent [la marche à suivre], c’est-à-dire qu’ils laissent tomber les gestes barrières et qu’ils font plus que ce qui est “permis”, on pourrait se ramasser avec une recrudescence de cas d’ici la fin de l’année scolaire. »

Nul ne peut prédire avec certitude si une quatrième vague de COVID-19 surviendra, mais le Québec peut l’éviter grâce à une adhésion forte aux mesures toujours en place et à la campagne de vaccination contre la COVID-19. « Si on n’a pas la malchance d’être frappés par un variant qui fait de l’échappement vaccinal ou qui serait beaucoup plus transmissible, avec ces deux ingrédients […] , on pense qu’on n’aura pas de quatrième vague, que non seulement on devrait passer un bel été, mais on aura aussi un automne intéressant », affirme la Dre Sauvé.

« Mais ça prend absolument, absolument ces deux ingrédients-là et, malheureusement, il faut continuer de surveiller les variants qui continuent à entrer ou qui se développent au Québec,parce qu’on pourrait avoir de mauvaises surprises », ajoute-t-elle.

Celle qui est également médecin spécialiste a précisé qu’environ 25 cas du variant indien ont été recensés dans la province à ce jour. La plupart des cas ont été détectés par le dépistage réalisé à la frontière. « Pour l’instant, il n’y a pas de signe d’une circulation communautaire accélérée du variant indien en sol québécois », souligne-t-elle.

Cibles nécessaires

Selon les projections de l’INSPQ, une adhésion forte aux mesures toujours en place et une couverture vaccinale à 83 % dans l’ensemble de la population réduiraient les hospitalisations de façon draconienne et préviendraient les décès causés par le virus dans la grande région de Montréal. Le scénario serait similaire dans les autres régions du Québec avec une couverture vaccinale de 84 %.

Toutefois, une adhésion moyenne aux restrictions imposées par legouvernement et une couverture vaccinale à 71 % dans le Grand Montréal ou à 73 % dans les autres régions feraient repartir le nombre de cas de COVID-19 à la hausse, tout comme le nombre d’hospitalisations, avec la rentrée scolaire. 

« Il pourrait y avoir une augmentation des cas, surtout chez les gens qui ne sont pas encore vaccinés, soit les enfants de 12 à 17 ans, qui sont encore en train de se faire vacciner, ou les jeunes adultes », indique le Dr Marc Brisson, du Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses de l’Université Laval.

« Mais il n’y aurait pas un dépassement des capacités hospitalières, donc on aurait une augmentation et une stabilisation des hospitalisations, continue-t-il. Elles ne seraient pas plus élevées que ce qu’on a pu voir dans la deuxième vague. »

Première étape franchie

L’objectif du gouvernement Legault est de donner deux doses de vaccin contre la COVID-19 à 75 % des Québécois âgés de 12 ans et plus d’ici le 31 août. Dans une pleine page de publicité publiée dans les grands quotidiens vendredi, le premier ministre François Legault compare la vaccination à un « passeport pour la liberté » dans le but d’inciter les gens à se faire vacciner. Il demande à tous de faire preuve de prudence en respectant le calendrier de déconfinement.

« Ne gâchons pas notre été en relâchant nos efforts trop rapidement », écrit-il dans son message qui a également été relayé sur les réseaux sociaux, en prenant soin de remercier les Québécois pour leurs efforts depuis le début de la pandémie.

La première étape du plan de déconfinement a été franchie vendredi avec la levée du couvre-feu et l’ouverture des terrasses des restaurants. Les rassemblements extérieurs de huit personnes sur un terrain privé sont également permis. Les stades extérieurs tout comme les grandes salles peuvent accueillir un maximum de 2500 personnes avec certaines restrictions pour éviter la propagation du coronavirus. Il n’y a plus de restrictions pour les déplacements interrégionaux.

Outre l’arrivée de nouveaux variants, une perte d’efficacité du vaccin ou la propagation du virus dans un groupe non vacciné de la population pourraient faire mentir les projections de l’INSPQ. La saisonnalité de la COVID-19, si elle est moins présente l’été, pourrait aussi positivement changer la donne.

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