Québec raccourcit le délai entre les deux doses du vaccin d’AstraZeneca

Environ 500 000 personnes au Québec ont obtenu une première dose du vaccin d’AstraZeneca au cours des derniers mois.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Environ 500 000 personnes au Québec ont obtenu une première dose du vaccin d’AstraZeneca au cours des derniers mois.

Les Québécois qui ont reçu une première dose du vaccin d’AstraZeneca ou Covishield, avant le 3 avril pourront obtenir la deuxième dans des cliniques sans rendez-vous dès samedi. Le gouvernement Legault abaisse le délai entre les deux injections de 12 à 8 semaines pour ce vaccin, en vertu des recommandations du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ).

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, s’attend ainsi à écouler 148 000 doses récemment livrées par Ottawa. Il compte en recevoir d’autres au cours des premières semaines de juin pour ceux qui ont eu leur première injection après le 3 avril. Environ 500 000 personnes au Québec ont obtenu une première dose de ce vaccin au cours des derniers mois.

« Ce qu’on a compris du fédéral, et ce que [le responsable de la campagne de vaccination] Daniel Paré me disait ce matin, c’est que tous ceux qui veulent recevoir un AstraZeneca pourront le faire, mais je ne connais pas encore la date de la deuxième livraison », a expliqué M. Dubé jeudi en mêlée de presse.

Le vaccin d’AstraZeneca a eu mauvaise presse en raison de rares cas de thrombose survenus après l’inoculation. Une Québécoise de 54 ans en est morte en avril dernier. Les doses d’AstraZeneca étaient alors réservées aux 45 ans et plus afin de limiter les risques d’effets secondaires indésirables. Le Québec a depuis choisi de ne plus l’administrer en première dose.

Malgré tout, la Santé publique recommande aux gens de ne pas changer de vaccin. « La probabilité que vous fassiez une complication à la deuxième dose est faible », avait expliqué le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, mardi. Il avait alors précisé que le risque thromboembolie était de 1 sur 1 000 000, contrairement à 1 sur 100 000 pour la première dose.

Ces données ont récemment été revues à la lumière des statistiques récoltées lors de la vaccination en Grande-Bretagne. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) estime désormais le risque de thrombose à 1 sur 60 000 après la première dose, et de 1 sur 600 000 après la deuxième.

Les gens qui préfèrent recevoir une deuxième dose d’un vaccin produit par un autre fabricant, soit Pfizer-BioNTech ou Moderna, pourront toutefois le demander. « On va les informer de façon très éclairée que, quand on change de type de vaccin, on a une plus grande réaction secondaire, avait précisé le Dr Arruda. On peut faire de la fièvre, des frissons, on peut être malade à peu près une à deux semaines plus tard, comme si on faisait une bonne grippe. »

La compagnie pharmaceutique AstraZeneca avait recommandé un intervalle minimal de quatre semaines entre les deux doses de son vaccin. Le CIQ estime toutefois qu’un délai plus long donne une protection supérieure contre la COVID-19.« Il y a un petit gain d’attendre 12 semaines entre les doses, mais déjà, à 8 semaines, on a quand même emmagasiné une bonne partie du gain », a expliqué le médecin-épidémiologiste de l’INSPQ, Gaston De Serres, qui est membre du CIQ. Il précise qu’il n’y a donc pas d’avantages suffisants à laisser les gens attendre plus longtemps leur deuxième dose.

Devancer les deuxièmes doses

Le ministre Dubé a promis jeudi de publier un calendrier « avec les dates par catégories d’âge » pour que les personnes à demi vaccinées puissent devancer la date de leur deuxième rendez-vous. Les personnes âgées de 80 ans ou plus devraient pouvoir commencer à modifier leur rendez-vous à compter du 7 juin.

Il s’attend à avoir terminé l’inoculation de la deuxième dose de vaccin pour les personnes vivant dans des résidences privées pour aînés d’ici le 31 mai. À ce jour, plus de la moitié d’entre elles l’ont déjà obtenue. Il espère ensuite accélérer la cadence pour que les quelque 35 000 personnes vivant en ressources intermédiaires puissent elles aussi être complètement vaccinées contre la COVID-19.

M. Dubé a toutefois lancé un appel aux personnes de 18 à 40 ans pour qu’elles prennent rapidement leur rendez-vous pour une première dose. « Je le vois que ça augmente tous les jours de 1 à 2 %, a-t-il constaté. Mais avant qu’on finalise notre stratégie sur la deuxième dose, j’inviterais ces catégories-là à rendre notre objectif réaliste et à prendre leur rendez-vous. »

Le gouvernement veut atteindre 75 % de gens vaccinés dans chaque tranche d’âge pour atteindre l’immunitécollective. Ce pourcentage oscille actuellement entre 60 % et 74 % dans les catégories comprises entre 18 et 40 ans, selon le ministre.

La quarantaine à l’hôtel n’a plus lieu d’être, estime un comité d’experts

Le Comité consultatif d’experts sur les tests et le dépistage de la COVID-19 recommande que le gouvernement n’oblige plus les voyageurs arrivant par avion au Canada à se mettre en quarantaine dans un hôtel.

Dans leur rapport publié jeudi, le groupe d’experts affirme par contre que le Canada devrait continuer à dépister les voyageurs internationaux pour des variants plus transmissibles du virus. Ceux-ci demandent également que les mesures aux frontières terrestres et aériennes soient « autant que possible cohérentes ». « Le Comité ne recommande pas la mise en œuvre d’exigences relatives aux tests ou à la quarantaine propres à chaque pays, sauf dans des circonstances uniques », ajoutent-ils.

Le gouvernement du Canada a indiqué qu’il « accueille favorablement le rapport » et qu’il prendra en considération ces recommandations. Interrogé plus tôt dans la journée, le premier ministre Justin Trudeau n’a pas précisé quand les quarantaines obligatoires à l’hôtel pourraient prendre fin.

La Presse canadienne
 
 

Une version précédente de cet article, dans laquelle il n’était pas précisé que l’accélération des deuxièmes doses concerne tant le vaccin AstraZeneca que le Covishield, a été modifiée.



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