Montréal a évité une troisième vague de COVID-19

Parmi les éclosions communautaires, 9 des 16 cas sont liés à des rassemblements dans les parcs, spécifie Mylène Drouin, en rappelant d’« éviter de partager nourriture, verres et autres objets qui impliquent des contacts plus étroits ».
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Parmi les éclosions communautaires, 9 des 16 cas sont liés à des rassemblements dans les parcs, spécifie Mylène Drouin, en rappelant d’« éviter de partager nourriture, verres et autres objets qui impliquent des contacts plus étroits ».

« La prudence a été très payante pour Montréal », s’est réjouie la directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, en conférence de presse mercredi. La troisième vague, « on l’a réellement évitée ».

Avec 96 nouveaux cas de COVID-19 sur l’île de Montréal pour la journée de mardi, la Métropole se trouve maintenant « à la limite du rouge et de l’orange ». L’objectif du gouvernement, c’est que le lundi 7 juin, tout le Québec passe en zone orange.

La Dre Drouin nuance ces constats encourageants. La baisse « drastique » de ces cas s’explique en partie par une baisse « de moitié » des dépistages ces derniers jours. « Il y a encore un petit bout de chemin à faire » avant de déclarer victoire.

Les 216 éclosions actives se résorbent tranquillement, signale Mylène Drouin, quoique de plus en plus d’éclosions communautaires fassent surface, conséquence « tout à fait normale » de la hausse des contacts sociaux. Parmi ces éclosions communautaires, 9 des 16 cas sont liés à des rassemblements dans les parcs, spécifie-t-elle, en rappelant d’« éviter de partager nourriture, verres et autres objets qui impliquent des contacts plus étroits ».

Le virus circule tout particulièrement dans les quartiers de Parc-Extension, Bordeaux-Cartierville, Saint-Laurent, Pointe-Saint-Charles et Snowdon.

Même s’« il y a eu des journées où on était quasiment dans le jaune » a souligné la directrice régionale de santé publique de Montréal, il faut que les statistiques de contamination restent « significatives et constantes » avant d’autoriser un changement de zone.

Vaccination

Le cap du million de Montréalais vacciné sera franchi d’ici quelques jours. Cependant, quelques poches de résistances émergent parmi la population, a relevé la représentante du Centre de commandement du réseau de la santé montréalais, Sonia Bélanger.

Les quadragénaires se refusent un peu trop au vaccin comparativement aux plus jeunes, selon elle. « Je ne vous invite pas à faire un concours entre les adultes et les plus jeunes, mais presque ! »

Bien que « les rendez-vous soient comblés pour les deux prochaines semaines », dixit la Dre Drouin, les cliniques sans rendez-vous, les unités mobiles, la vaccination à vélo et les pharmacies peuvent encore accommoder les patients au courant des prochains jours.

Photo: Direction régionale de santé publique

Par ailleurs, une dizaine de « petits voisinages » demeurent particulièrement réfractaires à la vaccination a noté Sonia Bélanger. Pour rejoindre ces citoyens récalcitrants, la santé publique déploiera des équipes spéciales, notamment avec une campagne de porte-à-porte et en sollicitant les lieux de cultes.

La question du faible taux de vaccination des travailleurs de la santé a été soulevée plusieurs fois depuis le début de la campagne. Bonne nouvelle, pas moins de 80 % des travailleurs de la santé et des travailleurs sociaux ont reçu au moins une dose, et 35 % d’entre eux ont obtenu leurs deux doses, a confirmé Mme Bélanger.

Enfin, la situation reste toujours « fragile » dans les salles d’urgence montréalaises. Le taux d’occupation des civières frôle le 120 %, l’absentéisme de 7 % des travailleurs de la santé, soit près de 10 000 personnes, n’aidant en rien. Ce nombre « considérable » entraîne du « retard dans les blocs opératoires », constate Sonia Bélanger. Le pire de la pandémie étant toutefois sans doute derrière nous, « on est vraiment sur une phase de rétablissement ».

Photo: Direction régionale de santé publique



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