Les travailleurs de la santé pourront prendre des vacances normales cet été

En 2020, plusieurs institutions du réseau de la santé avaient limité à deux semaines les vacances que leur personnel pouvait prendre, en vertu d’un arrêté ministériel visant à assurer une continuité de soins en période d’urgence.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En 2020, plusieurs institutions du réseau de la santé avaient limité à deux semaines les vacances que leur personnel pouvait prendre, en vertu d’un arrêté ministériel visant à assurer une continuité de soins en période d’urgence.

Tout indique que le personnel de la santé pourra prendre des vacances bien méritées cet été, une intention déjà confirmée par un des CIUSSS les plus occupés de la province.

Plusieurs institutions avaient imposé, l’année dernière, un maximum de deux semaines de vacances à leur personnel, particulièrement les infirmières, en s’appuyant sur un arrêté ministériel du gouvernement du Québec. Il donnait le pouvoir à chaque CIUSSS et CISSS d’imposer cette contrainte afin d’assurer une continuité de soins en période d’urgence.

Le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, a confirmé par voie de messagerie à La Presse canadienne que l’arrêté ministériel est toujours en vigueur et « qu’il le restera à court terme ». On ajoute cependant que « les vacances se dérouleront selon ce qui est prévu aux conventions », selon l’intention du ministre Dubé, et que l’on est « très confiants, pour ne pas dire certains, que cette année ce sera possible ».

Dans un autre message, le bureau de M. Dubé précisait que « le ministre met tout en place pour assurer une relève pour l’été dans le réseau de la santé, alors que notre personnel de la santé, partout au Québec, sera en mesure de prendre des vacances bien méritées ».

« C’est non négociable » pour la FIQ

De son côté, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui avait vigoureusement protesté contre cette limite alors que ses membres étaient au bord de l’épuisement l’an dernier, a signalé à La Presse canadienne qu’aucune institution n’a pour le moment fait part de son intention de limiter les vacances de ses employés. Le syndicat se tient toutefois sur ses gardes, l’arrêté ministériel étant toujours en vigueur, ce qui permettrait à une institution, dans un cas d’éclosion sévère, d’imposer à nouveau cette limite.

Sa présidente, Nancy Bédard, a d’ailleurs lancé un avertissement très clair aux établissements qui auraient des velléités en ce sens : « À l’heure actuelle, il est clair et entendu avec le ministre de la Santé et des Services sociaux que les vacances d’été allaient être données selon les conventions collectives de chacun des établissements. Il n’y a pas un établissement qui peut enlever le droit aux professionnelles en soins d’avoir des vacances cet été. C’est non négociable, malgré le maintien de l’Arrêté 007. »

Vacances « normales » confirmées

D’ailleurs, une première annonce officielle en ce sens est venue cette semaine de la présidente-directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal, Sonia Bélanger. « L’été passé on avait demandé à notre personnel de restreindre leur période de vacances […] parce qu’il manquait énormément de personnel, donc de permettre à tout le monde de partir deux semaines. Cet été il n’y a pas cette contrainte. Donc les gens peuvent prendre des vacances selon les règles habituelles et selon leur souhait. »

« Je pense que ça va faire une grande différence avec l’été qui s’en vient où le personnel va pouvoir partir en vacances », a-t-elle ajouté.

Mme Bélanger a tout de même reconnu qu’il y a toujours du personnel absent après cette troisième vague de la pandémie. « Il y a un certain épuisement ». Mais « la pression actuellement n’est pas la même [que l’an dernier] sur le personnel », précise-t-elle, tout en rappelant que le réseau a ajouté beaucoup de personnel de soutien et des milliers de préposés aux bénéficiaires, notamment. « C’est vrai qu’il manque encore de professionnels, mais en même temps le réseau se mobilise et transforme ses façons de faire. »

Sonia Bélanger n’a pas manqué de rappeler au passage que le soulagement du personnel médical repose encore en grande partie sur les épaules de la population.

« Je pense que le fait de se faire vacciner, c’est le plus beau cadeau qu’on peut offrir au personnel de la santé justement pour éviter d’avoir des personnes malades qui se retrouvent dans les hôpitaux. »

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