Plus d’ados aux urgences pour dépression et anxiété

Le nombre de visites aux urgences des jeunes de 12 à 17 ans pour un épisode dépressif a augmenté de 15% en janvier-février 2021, comparativement à la même période l’an dernier.
Photo: iStock Le nombre de visites aux urgences des jeunes de 12 à 17 ans pour un épisode dépressif a augmenté de 15% en janvier-février 2021, comparativement à la même période l’an dernier.

Après avoir fortement diminué au printemps 2020, les visites aux urgences des adolescents pour un épisode dépressif ou un trouble anxieux ont remonté en flèche dans les hôpitaux québécois. L’achalandage en janvier-février dépasse celui observé à la même période l’an dernier, selon un rapport publié mardi par l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS).

Le nombre de visites aux urgences des jeunes de 12 à 17 ans pour un épisode dépressif a augmenté de 15 % en janvier-février 2021, comparativement à la même période l’année précédente. Cette augmentation s’élève à 57 % dans le cas des visites avec admission à l’hôpital, indique l’INESSS dans son rapport.

Le constat est similaire pour les troubles anxieux. D’après l’INESSS, le nombre de visites aux urgences est 5 % plus élevé en janvier-février 2021, par rapport aux deux mêmes mois en 2020. La hausse atteint 109 % pour les visites suivies d’une admission.

Quant aux troubles alimentaires, l’INESSS constate un bond de 122 % des hospitalisations en provenance des urgences durant toute l’année pandémique, comparativement à la précédente. Entre mars 2020 et février 2021, 162 jeunes de 12 à 17 ans ont en effet été hospitalisés en provenance de l’urgence pour ce problème, contre 73 durant l’année prépandémique.

Marie-Claude Sirois, directrice de l’évaluation et du soutien à l’amélioration des modes d’interventions — services sociaux et santé mentale à l’INESSS, souligne qu’il faut interpréter avec prudence ces chiffres, qui proviennent de la Base de données communes des urgences. Ces derniers jettent néanmoins un « certain éclairage » sur la situation des jeunes, selon elle.

En premier lieu, la reprise des visites aux urgences s’est faite généralement plus rapidement pour les problèmes de santé mentale que pour ceux liés à la santé physique, relève l’INESSS. Entre mars 2020 et février 2021, le nombre de visites a diminué de 1 % pour les problématiques liées à la santé mentale (la diminution, au final, tient aux grandes baisses d’achalandage observées au printemps), mais de 47 % pour ceux d’ordre physique.

Pour le pédiatre Olivier Jamoulle, ce rapport justifie l’ajout de ressources en santé mentale dans l’ensemble du réseau de la santé afin « d’amortir » cette augmentation dans les urgences. « Ça passe par des professionnels dans les écoles comme des psychoéducateurs et des psychologues, peut-être un peu plus de ressources dans les CLSC, estime le chef de la section de médecine de l’adolescence au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine. Ça nous prend du support en santé mentale et en détresse psychologique. »

Le Dr Olivier Jamoulle rappelle que le rapport de l’INESSS témoigne de la réalité de patients qui se présentent aux urgences. « C’est juste la pointe de l’iceberg, dit-il. Il y a tous ceux qui ne se présentent pas aux urgences. »

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