Sondage - L'accès aux soins préoccupe le personnel médical

En matière de santé, les Canadiens et les prestateurs de soins de première ligne sont sur la même longueur d'onde puisqu'ils mettent l'accès au système de santé en tête de liste de leurs préoccupations respectives, a montré hier un sondage effectué pour le compte de l'Association des infirmières et des infirmiers du Canada (AIIC) et de l'Association médicale canadienne (AMC).

Les entrevues réalisées par Ipsos-Reid auprès de 200 médecins et 100 infirmières révèlent qu'environ 90 % des répondants pensent qu'il n'y a pas suffisamment de médecins et d'infirmières au Canada pour répondre aux besoins de toute la population. En février 2004, une majorité de Canadiens sondés par Ipsos-Reid avait dit partager cette opinion.

«Comme professionnels de la santé, nous voyons de près les répercussions débilitantes des longs délais d'attente pour nos patients, a noté Marlene Smadu, présidente désignée de l'AIIC. Ce sondage démontre que l'attente de soins rend nos patients incapables de fonctionner normalement et de travailler.»

Appui massif

Le sondage AMC-AIIC montre que 90 % des médecins et 97 % des infirmières appuient en masse l'adoption d'une stratégie nationale d'amélioration de l'accès aux services de santé. Il indique également qu'une majorité de médecins (81 %) et d'infirmières (86 %) craignent que les divers ordres de gouvernement soient incapables de collaborer avec eux pour améliorer le système de santé.

Pour venir à bout de ce mal chronique, les médecins et les infirmières du Canada ont donc mis au point un document de réflexion, sobrement intitulé Maîtriser les files d'attente. Le document, qui a été présenté aux membres du Conseil de la fédération, au ministre de la Santé du Canada, Ujjal Dosanjh, et au premier ministre Paul Martin, propose un éventail de propositions pour régler le problème des délais d'attente.

Au nombre de celles-ci, l'élaboration de normes comparatives factuelles pour les temps d'attente tenant compte à la fois des critères cliniques et des préférences de la population, l'implantation immédiate de stratégies intensives de recrutement et de maintien en poste et la possibilité pour les patients de choisir d'autres options lorsqu'il est impossible d'obtenir localement des soins en temps opportun.

«Pour concevoir des politiques de santé viables, il faut fixer des temps d'attente acceptables sur le plan clinique et pour la population, et ensuite mettre en place les ressources humaines et matérielles nécessaires pour offrir les soins en fonction de ces normes», a expliqué le Dr Sunil Patel, président de l'AMC.

Les entrevues à l'origine de ce sondage ont été réalisées par Ipsos-Reid du 25 juin au 20 juillet 2004. Les marges d'erreur sont de 6,9 % pour 200 médecins et de 9,8 % pour 100 infirmières et infirmiers.