Valse-hésitation de la Santé publique sur le retour en classe au secondaire

Le sort des élèves du secondaire en zone rouge a été au coeur de plusieurs tergiversations en mars dernier.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le sort des élèves du secondaire en zone rouge a été au coeur de plusieurs tergiversations en mars dernier.

Retour en classe à temps plein ou pas ? Le sort des élèves de 3e, 4e et 5e secondaire en zone rouge a donné lieu à une valse-hésitation en mars, constate-t-on à la lecture des avis du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, qui ont été rendus publics mardi.

La garde rapprochée du premier ministre s’est affairée au mois de mars pour convaincre la Direction générale de la santé publique (DGSP) de mettre fin à l’alternance au deuxième cycle du secondaire. Après avoir exprimé ses réticences, l’équipe du Dr Arruda indique le 16 mars que les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire des régions rouges pourraient être présents à l’école à temps plein, mais seulement à compter du 5 avril, et à la condition que la « situation demeure sous contrôle ».

Volte-face le 23 mars : la DGSP recommande un retour en classe à temps plein dès le 29 mars, soit une semaine plus tôt. Pour justifier le devancement du retour à l’école à temps complet, le Dr Arruda dit considérer « l’importance de la scolarisation pour les élèves du secondaire », « les mesures déjà en place dans les écoles secondaires » et la « vulnérabilité de la clientèle sur l’île de Montréal ».

Le gouvernement Legault va de l’avant. Mais, près d’une semaine après l’entrée en vigueur de cet allègement, le directeur national de santé publique recommande le retour à l’alternance dès le 8 avril, signalant que les éclosions sont en augmentation dans les milieux scolaires, « particulièrement dans les régions plus touchées ». Il indique que le ministère de l’Éducation rapporte une « vive inquiétude sur le terrain et une résistance de certains milieux en lien avec la fin de l’alternance au secondaire dans les zones rouges ».

Québec annonce un retour à l’alternance au deuxième cycle du secondaire à compter du 12 avril, soit quatre jours après la date privilégiée par la DGSP.

« Bref, ce n’était pas la recommandation de la Santé publique de mettre fin à l’alternance », résume un habitué de la « cellule de crise » sous le couvert de l’anonymat puisqu’il n’est pas autorisé à s’entretenir avec les médias. Les représentants de la DGSP « discutent », « discutent » et « discutent » des propositions avancées par la garde rapprochée du premier ministre, puis s’y « rallient… ou pas », explique-t-il au Devoir.

Le cas des lieux de culte

Dans son avis du 16 mars, le Dr Horacio Arruda recommande que les lieux de culte en zone rouge puissent accueillir, à partir du 26 mars, jusqu’à un maximum de 25 personnes.

Une semaine plus tard, le directeur national de santé publique change son fusil d’épaule. Il donne sa bénédiction à la présence de pas moins de 250 personnes dans les lieux de culte, y compris en zone rouge, dès le 26 mars. Il appuie sa décision sur « l’arrivée prochaine d’une période importante pour la majorité des religions », le fait que les salles de spectacle peuvent accueillir jusqu’à 250 personnes et qu’un « protocole rigoureux » a été établi avec la Table interreligieuse.

Enfin, la DGSP a recommandé le 6 avril dernier au gouvernement Legault d’interdire aux citoyens d’une région visée par des mesures spéciales d’urgence — Québec, Lévis ou Gatineau par exemple — d’effectuer des déplacements interrégionaux « sauf en cas d’absolue nécessité », mais en vain.

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