Des projections de bon augure pour le Québec

Les nouvelles estimations de l’INSPQ sont plus optimistes, un état de fait directement lié à l’accélération de la campagne de vaccination.
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne Les nouvelles estimations de l’INSPQ sont plus optimistes, un état de fait directement lié à l’accélération de la campagne de vaccination.

Les plus récentes projections épidémiques pour le Québec sont de bon augure. Les modélisateurs associés à l’Institut national de santé publique (INSPQ) expliquent leur optimisme par l’augmentation du nombre de doses qui doivent être reçues en mai.

Dans la région métropolitaine (Montréal, Laval, Laurentides, Lanaudière et Montérégie), le nombre d’hospitalisations devrait rester stable en mai si une « adhésion forte » aux mesures de santé publique est maintenue. « Ensuite, on prévoit une diminution liée à l’augmentation de la couverture vaccinale », a expliqué jeudi matin l’épidémiologiste Marc Brisson, de l’Université Laval, dont l’équipe produit les projections.

Dans un scénario où la population pratique une « adhésion moyenne » aux mesures, le nombre de cas de COIVD-19 pourrait augmenter jusqu’au début juin, avant de redescendre. Les hospitalisations suivraient également une tendance à la hausse dans les prochaines semaines, avant de décliner en juin.

Même si le variant B.1.1.7, d’abord détecté au Royaume-Uni, est maintenant fortement dominant partout au Québec, ces experts ne prévoient plus une forte croissance de l’épidémie ce printemps, comme ils le faisaient dans leurs dernières projections du 9 avril. Leurs nouvelles estimations, du moins pour la région métropolitaine, sont « plus optimistes », conviennent-ils.

« C’est directement relié aux doses additionnelles », a précisé M. Brisson en visioconférence. À la mi-avril, Ottawa annonçait que huit millions de doses supplémentaires du vaccin de Pfizer seraient livrées au Canada, dont la moitié devait arriver au mois de mai.

Dans les autres régions

Pour les autres régions du Québec, les modélisateurs mandatés par l’INSPQ se gardent de faire des projections détaillées. La grande variété des mesures de santé publique rend la situation plus « complexe » à analyser. Néanmoins, ils ont étudié quelques « scénarios hypothétiques » de déconfinement.

Ils indiquent par exemple que le retour des élèves en classe — prévu dès lundi prochain au primaire dans certaines régions — pourrait causer une recrudescence de cas, mais sans faire augmenter le nombre d’hospitalisations. Ce scénario prend toutefois en compte l’hypothèse selon laquelle le reste de la population maintiendra une « forte adhésion » aux mesures d’urgence spéciale (« zone rouge foncé »).

Même si les jeunes « génèrent un peu plus de cas », la couverture vaccinale qui devrait continuer de s’accélérer empêchera la croissance du nombre d’hospitalisations, a expliqué Jocelyne Sauvé, médecin spécialiste et vice-présidente associée aux affaires scientifiques à l’INSPQ.

Un autre facteur important dans les prochaines semaines sera celui du nombre de cas actifs. Dans certaines régions fortement touchées par la troisième vague, la croissance rapide de l’épidémie a entraîné une accumulation du nombre de cas actifs. « Le niveau de transmission communautaire va être déterminant quand il y aura des assouplissements des mesures », a dit M. Brisson.

Les projections du professeur Brisson et de ses collègues ne prennent pas en compte l’implantation possible de nouveaux variants pour lesquels l’efficacité vaccinale serait plus faible. Des retards dans les livraisons de vaccins pourraient aussi changer la donne. Un potentiel effet saisonnier sur la dynamique de l’épidémie n’est pas non plus pris en compte.

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