Santé - L'enfance sous la surveillance d'un défibrillateur

L'existence d'un poupon de quatre mois et d'une fillette de deux ans atteints de graves problèmes cardiaques a changé du tout au tout le 5 mai dernier, grâce à l'implantation réussie de deux défibrillateurs par une équipe du CHU Sainte-Justine, une première canadienne rendue publique hier par les artisanes de ces deux petits miracles, Suzanne Vobecky, chirurgienne cardiovasculaire pédiatrique, et Anne Fournier, cardiologue pédiatre.

L'implantation d'un stimulateur cardiaque n'étant utilisée chez les enfants que depuis très récemment, les deux petits, qui répondent aux noms de Jared et Sidney-Alexia, sont désormais les plus jeunes patients canadiens à vivre sous la surveillance d'un pacemaker. Et ils s'en portent à merveille, découvrant pour la première fois les joies d'une vie «normale» qui, autrement, n'aurait pu que se terminer prématurément, les deux bambins étant autrement condamnés à une probable mort subite.

En permanence

Souffrant des conséquences d'un cas sévère de malformation cardiaque appelée cardiomyopathie hypertrophique, le petit Jared pouvait développer une fibrillation ventriculaire à tout moment, une complication qui aurait pu lui être fatale. Grâce au défibrillateur, ses parents soufflent enfin, rassurés de savoir que le petit appareil veille sur lui en permanence.

Idem pour la mignonne Sidney-Alexia, qui souffre de fibrillation cardiaque idiopathique depuis sa naissance. Véritable force de la nature, la petite a déjà survécu à trois arrêts cardiaques. «Réanimée trois fois, elle est aussi morte trois fois déjà, confirme sa cardiologue, Anne Fournier. Elle a fait des arrêts avec perte de connaissance. C'est même arrivé ici, à l'entrée de l'hôpital, après une visite à la clinique. Si elle n'avait pas été à l'hôpital, elle ne serait plus là aujourd'hui».

L'opération, courante chez les adultes, est toutefois encore marginale chez les tout-petits au Canada. «L'efficacité des défibrillateurs a maintes fois été démontrée chez des patients adultes qui ont survécu à des arrêts cardiaques. En pédiatrie, c'est beaucoup plus rare, surtout pour les problèmes cardiaques dont nous parlons aujourd'hui, car ces maladies cardiaques sont généralement diagnostiquées à l'âge adulte et leur mode de présentation est la plupart du temps la mort subite», a expliqué la Dre Anne Fournier.

Choc électrique

Implantés sous la peau de l'abdomen, les défibrillateurs sont de petites boîtes métalliques contenant des pièces électroniques et une pile qui permettent de veiller sur la personne 24 heures sur 24. Son but? Rétablir l'action normale du coeur lorsqu'il s'arrête de pomper de façon rythmique. Lorsque le défibrillateur décèle un trouble, il donne un choc électrique pour ramener le coeur à son rythme normal.

En raison de leur petite taille, les enfants sont des patients plus complexe à soigner que les adultes. «En chirurgie cardiaque pédiatrique, l'implantation d'appareils électroniques comme le défibrillateur présente en premier lieu un défi technique, car il faut d'abord trouver un appareil dont la taille conviendra à celle du patient. L'autre défi est de fixer les sondes au coeur sans passer par les veines, car, en dessous d'un certain poids, l'implantation endoveineuse n'est plus possible», explique la Dre Suzanne Vobecky.

À cet égard, la docteure Vobecky précise que les appareils seront ultérieurement changés afin de suivre la croissance des enfants. «L'électrode est faite selon la grandeur du thorax de l'enfant. Quand il atteindra l'âge adulte, on pourra l'installer comme chez les adultes, de façon endoveineuse, ce qui est beaucoup plus facile.»

Aujourd'hui, les deux opérations sont réussies, mais un suivi médical mensuel est encore de mise pour Jared et Sidney-Alexia. Mais même si certains médicaments sont aussi encore nécessaires, les parents et leurs deux petits, eux, sont trop heureux pour s'en formaliser.
1 commentaire
  • karyne janvier - Inscrite 15 mai 2007 19 h 45

    Santé - L'enfance sous la surveillance d'un défibrillateur

    Je suis heureuse que la médecine va encore loin. Et je tiens à féliciter les medecins qui ont fait leur travail. Et un bravo a Dr fournier. Que j'ai eu la chance d'être moi même suivie par elle dans le passée. Continuer


    Karyne janvier