Montréal garde le bon cap malgré les variants

La directrice régionale de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne La directrice régionale de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin

Malgré la présence des variants, Mont-réal « déjoue les scénarios catastrophes » et fait bonne figure pour une grande métropole, avec un recul des cas d’infection et plus de 750 000 personnes vaccinées.

L’heure était aux bonnes nouvelles mercredi pour la directrice régionale de santé publique de Montréal (DRSPM), Dre Mylène Drouin, satisfaite de l’évolution favorable de la situation dans la métropole.

La recette ? « On a réussi à identifier très rapidement les cas », dit-elle. L’approche de suppression des variants déployée dans plusieurs milieux, combinée à l’absence d’événements de super-propagation, expliquerait cette stabilité et la baisse notée ces derniers jours. Quelque 4182 infections ont été rapportées en 14 jours, contre 5031 lors des deux semaines précédentes.

Même si les variants du SRAS-CoV-2 comptent pour 65 % des cas d’infection, le taux de reproduction (R0) du virus est passé à 0,82, sous la barre de 1, indice d’une relative maîtrise de la propagation. La transmission demeure élevée dans les arrondissements de LaSalle, Saint-Léonard et Parc-Extension, mais le taux de positivité moyen oscille autour de 3 %. 

« C’est vraiment une progression lente [des variants]. Ça démontre à quel point l’approche “suppressive” fonctionne. » Les éclosions de variants autres que le B.1.1.7 (britannique — 90 % des cas) demeurent rares et génèrent très peu d’autres cas, a insisté la Dre Drouin.

Aucune autre infection n’aurait d’ailleurs résulté des deux cas de COVID-19 dus au variant B.1.167 (« indien »), isolés dès leur arrivée sur le sol montréalais.

Comment expliquer l’exception montréalaise, alors que la troisième vague frappe de plein fouet Toronto ? « On ne peut mettre le doigt sur un seul facteur. Toronto n’avait pas les mêmes mesures populationnelles que nous […], il y avait encore des terrasses ouvertes [cet hiver] », a expliqué Dre Drouin, qui rappelle que les gains actuels sont fragiles. Elle appuie le report du couvre-feu à 21 h 30, prévu lundi. « Tant que les gens [restent] dans les parcs et que ça ne se répercute pas par des soupers à l’intérieur, on peut être confiants. »

Des équipes de vaccination mobile ont aussi été dépêchées dans des entreprises à haut risque d’éclosion, dont des abattoirs. Dans de plus petits milieux, des équipes munies d’iPad aident sur place les travailleurs à prendre rendez-vous sur Clic Santé.

Avec 219 patients hospitalisés — dont 76 aux soins intensifs —, la situation dans les hôpitaux s’améliore, comparativement aux 900 hospitalisations atteintes lors de la deuxième vague.

Vacciner à plein régime

Côté vaccination, plus de 750 000 Montréalais ont reçu une première dose, de sorte que 75 % des plus de 65 ans ont été vaccinés dans 95 % des environs de la métropole. « On a réussi à réduire les inégalités sociales de santé », s’est réjouie Dre Drouin.

Le taux de vaccination a atteint 44 % chez les 55 à 59 ans, 29 % chez les 50 à 54 ans, et 26 % chez les 45 à 49 ans. Cela, notamment grâce à l’ouverture du vaccin AstraZeneca aux plus jeunes, à laquelle 20 000 Montréalais ont répondu. « Il reste encore 2000 plages de rendez-vous ouvertes », a insisté Sonia Bélanger, p.-d.g. du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Le décès par thrombose d’une femme de 54 ans ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca n’aurait pas ralenti la prise de rendez-vous à Montréal, ni favorisé plus de consultations à l’urgence, a-t-elle précisé.

En CHSLD, 68 % des employés sont maintenant vaccinés, un taux à la hausse depuis le décret obligeant les travailleurs de la santé toujours non vaccinés à subir trois tests de dépistage par semaine.

Quelque 18 éclosions sont malgré tout actives dans des hôpitaux, notamment à l’hôpital St. Mary. À ce sujet, Mme Bélanger a indiqué qu’elle visait l’octroi d’une deuxième dose d’ici le 8 mai à la totalité des résidents de CHSLD et des employés vaccinés en décembre et en janvier, soit avant la fin des 120 jours à ne pas dépasser entre les deux doses.