Plus de Québécoises hésitent à se faire vacciner

Les réticences face aux vaccins contre la COVID ont fondu dans toutes les catégories d’âge et de sexe, mais elles demeurent toujours beaucoup plus vives chez les femmes.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Les réticences face aux vaccins contre la COVID ont fondu dans toutes les catégories d’âge et de sexe, mais elles demeurent toujours beaucoup plus vives chez les femmes.

Les réticences face au vaccin contre la COVID ont reculé de moitié depuis la première vague, mais près de deux fois plus de femmes que d’hommes hésitent toujours à se faire vacciner pour se protéger du virus.

Telles sont du moins les données tirées du plus récent coup de sonde mené par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) auprès de 6600 personnes, entre le 1er mars et le 19 avril derniers.

Ce plus récent volet de l’étude CONNECT sur les contacts sociaux des Québécois révèle que seulement 10 % des Québécois refusent toujours de se faire vacciner, comparativement à 20 % avant la pandémie et 14 % après la 1re vague.

Les réticences face aux vaccins contre la COVID ont fondu dans toutes les catégories d’âge et de sexe, mais elles demeurent toujours beaucoup plus vives chez les femmes, dont 13 % hésitent encore à se faire vacciner, comparativement à 7 % des hommes.

Cette relative frilosité des femmes envers le vaccin est marquée depuis le début de la pandémie, mais les récentes informations sur les risques de thromboses entourant le vaccin du fabricant AstraZeneca pourraient avoir contribué à les cristalliser.

Mardi, un premier décès par thrombose liée à l’administration du vaccin AstraZeneca a été rapporté au Québec, celui d’une femme de 54 ans. Le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda, a soutenu que cet événement tragique, mais prévisible, ne changeait en rien la stratégie vaccinale du Québec. Il s’agit du premier cas mortel à survenir après l’administration de quelque 400 000 doses du vaccin britanno-suédois. Le risque de développer une thrombose à la suite de l’administration de ce vaccin est quant à lui estimé à 1 sur 100 000.

Lors de la première vague, 20 % des femmes se montraient peu favorables à la vaccination, et toujours 17 % en octobre, au début de la 2e vague. Les femmes ayant de jeunes enfants semblent moins réfractaires à la vaccination et dès demain, les femmes enceintes pourront d’ailleurs prendre rendez-vous pour être vaccinées.

C’est en fait les jeunes de 26 ans à 65 ans (11 % contre), les Québécois nés à l’extérieur du pays (16 %) et les personnes de milieux économiquement défavorisés (15 %) qui sont toujours les moins enclines à recevoir le vaccin.

Variations régionales

Les données de l’INSPQ révèlent aussi des variations régionales non négligeables dans l’attitude affichée face aux vaccins. Au cours de la première moitié d’avril, pas moins de 21 % des résidents de Laval et 18 % des résidents de la Mauricie disaient ne pas avoir l’intention d’être immunisé au moment où ils auront accès à l’un ou l’autre des vaccins disponibles.

« Ce qu’on observe en général, c’est qu’il y a une association entre le monde rural et une moins grande volonté de se faire vacciner, alors que c’est l’inverse en milieu urbain. Toutefois, un niveau d’études secondaires ou moins, plus fréquemment rapporté dans les quartiers défavorisés, est aussi associé à une plus grande réticence vaccinale », explique Ève Dubé, chercheuse dans le Groupe scientifique en immunisation de l’INSPQ.

Au contraire, les régions de l’Estrie, de Québec et du Saguenay-Lac-Saint-Jean, affichent pour l’instant, avec respectivement 83 % d’intention, 81 %, et 80 %, les plus forts taux d’acceptation face aux vaccins. En général, 78 % des Québécois disaient vouloir se faire vacciner au début d’avril, alors que 14 % s’y opposaient et 9 % n’avaient toujours pas pris de décision.

À ce jour, plus du tiers des Québécois ont été vaccinés, soit plus que partout ailleurs au Canada. Selon le ministre de la Santé, Christian Dubé, en date du 26 avril, pas moins de 88 % des personnes de plus 70 ans avaient été vaccinées, 71 % des 60 à 69 ans, près de 40 % des 50 à 59 ans et 21 % des 40 à 49 ans.

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