Une Québécoise est décédée d’une thrombose liée au vaccin d’AstraZeneca

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a annoncé mardi qu’une première Québécoise est morte d’une thrombose cérébrale après avoir reçu le vaccin d’AstraZeneca contre la COVID-19.

La victime est une femme de 54 ans qui était « en pleine forme », a ensuite révélé le premier ministre du Québec, François Legault.

« On vient d’avoir la confirmation il y a à peine une heure », a affirmé le Dr Arruda, en soulignant que la thrombose cérébrale ayant entraîné la mort de cette femme était bel et bien liée au vaccin.

« C’est triste […], mes plus sincères condoléances à la famille, parce que, quand on va se faire vacciner, ce n’est pas pour être malade, mais c’est une conséquence », a-t-il ajouté. « C’est un événement qui est rare. On savait que ça risquait d’arriver. […] On a à peu près un risque de 1 par 100 000 doses. [À ce jour], c’est le premier décès », a-t-il rappelé.

À ses côtés, le premier ministre, François Legault, et le ministre de la Santé, Christian Dubé, ont transmis leurs condoléances à la famille de cette première victime associée au vaccin. « C’est dur », a reconnu le chef du gouvernement.

Or, « dans la balance des inconvénients, je continue à penser que c’est un risque calculé », a-t-il affirmé. Au passage, M. Legault a rappelé que les 400 000 personnes qui ont reçu le vaccin d’AstraZeneca jusqu’ici courent « beaucoup moins de risques » d’être infectées par le coronavirus, « d’être hospitalisées puis, éventuellement, de décéder ».

À ce jour, deux cas confirmés de thrombose associée au vaccin d’AstraZeneca sont confirmés, a affirmé le Dr Arruda. Dans deux autres cas, les autorités attendent une confirmation afin de savoir si les thromboses sont bel et bien liées à l’administration de ce vaccin. « C’est arrivé que des gens se fassent vacciner, puis fassent une thrombose, mais ce n’était pas associé à ce phénomène », a rappelé l’expert en santé publique.

Pour le moment, ses équipes ne comptent pas modifier leur stratégie de vaccination. « N’oubliez pas qu’ici on est en balance de risque, hein ? La maladie, elle donne aussi ces complications-là », a dit le Dr Arruda. Peu avant, le premier ministre avait déclaré que Québec entend commencer la vaccination de masse « dans les prochaines semaines ». Vu l’embellie de la situation sanitaire, il a aussi annoncé des assouplissements dans les régions de Québec et de Montréal.

Le sport en prévention

Cette nouvelle a quelque chose de « rassurant » pour le Dr Christian Stapf, neurologue vasculaire au CHUM. « Le fait qu’on trouve les cas rares prouve à quel point les campagnes de vaccination sont bien surveillées. »

Le spécialiste des AVC explique que ces morceaux de sang durci apparaissent habituellement dans les veines des fumeurs, chez les femmes qui prennent la pilule contraceptive ou après de longues périodes d’inactivité. Pour qu’une personne en meure, il faut que ledit caillot de sang se loge dans les poumons ou dans le cerveau.

Cependant, « les gens qui en ont déjà fait, des thromboses, ne sont pas plus à risque après le vaccin », assure le Dr Stapf. « Ça n’a rien à voir avec les causes de thrombose habituelles. »

Ce type de caillot relève plutôt d’une malchance, explique-t-il. « Le vaccin, il est là pour déclencher une réaction immunitaire. L’objectif, c’est qu’il déclenche la production d’anticorps contre le coronavirus. Chez un patient sur 100 000 personnes vaccinées, il y a une réaction immunitaire par erreur. » Le sang qui d’ordinaire se coagule à la surface des plaies commence alors à se coaguler à l’intérieur des veines. Cette erreur du système immunitaire ne cause un décès que dans 10 % à 20 % des cas, précise le Dr Nicholas Brousseau, médecin-conseil à l’INSPQ.

Ce dernier ajoute que, si plus de femmes ont souffert jusqu’à présent de thromboses, c’est qu’elles étaient plus nombreuses à recevoir le vaccin. « Si on prend les données du Royaume-Uni, qui ont utilisé le plus ces vaccins, on constate qu’il y a là-bas autant d’hommes que de femmes » qui ont souffert d’une thrombose après avoir été vaccinés. Des traitements spécifiques existent contre ces thromboses vaccinales, dit le Dr Stapf. Pour soigner ces thromboses, en plus d’un anticoagulant, « on sait qu’il faut faire un traitement immunologique ».

Peu de signes avant-coureurs laissent présager cette complication. Le ministère de la Santé fait état de maux de tête ou de maux de ventre qui apparaissent entre 4 et 20 jours après l’injection du vaccin.

« Pour ceux qui veulent faire de la prévention, il faut bouger », conseille le Dr Christian Stapf. « Au lieu d’avoir peur des symptômes, bien, il faut bouger. Il faut se promener. C’est la meilleure façon de prévenir les thromboses. Il n’y a rien de mieux. »

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2 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 28 avril 2021 09 h 44

    L’exemple de la Serbie

    Dans les centres de vaccination de ce pays, les personnes qui s'y présentent ont le choix du vaccin. Il y a des cubicules identifiés au nom de Pfizer, Moderna, Sputnik (homologué dans ce pays), etc.

    Le Canada sert de déversoir aux États-Unis qui ont acheté des millions de doses de vaccins d'AstraZeneca mais qui ne l'ont pas homologué pour l'instant.

    Quand on manque de vaccin, on a le choix entre le danger du virus ou le danger du vaccin.

    Dans les rares pays où on n'en manque pas, le choix est entre le risque d'un vaccin et l'absence de risque des autres vaccins.

  • Patrick Dolmaire - Abonné 28 avril 2021 13 h 48

    Il n'y a pas que le virus qui tue ...

    « C’est un événement qui est rare. On savait que ça risquait d’arriver.»

    Serait-ce à cause de ce risque soit disant rare que le Dr Arruda et le PM Legault connaissaient, qu'ils ont préféré se faire vacciner avec le Moderna? Serat-ce que du Moderna et un médecin proche et disponible n'implique pas le même risque? Y aurait-il au Québec les québécois et des québécois? On comprend que pour nos décideurs sacrifier quelques vies pour le bien de la population ou plutôt de l'économie ne semble pas affecter leur conscience tant que ce ne sont pas les leur. Tout comme les milliers de vies qui n'auraient pas été sacrifiées si ces mêmes décideurs avaient opté pour une stratégie «ZeroCovid». Stratégie qui apparait de plus en plus aux yeux du monde, des experts et des scientifiques comme la meilleure sur les plans sanitaire et économique. Elle a fait ses preuves dans de nombreux pays et elle est même réclamée par des gens sérieux et bien informés au Québec, impossible de ne pas le savoir. Changer de stratégie permettrait encore de sauver des vies et d'améliorer la vie sociale et économique des québécois mais en même temps ce serait, pour nos décideurs face à leurs décisions, reconnaitre une grande responsabilité sur la mortalité élevée et les problèmes sociaux que le Québec a connu et connait à ce jour. Assumer les responsabilités des décisions prises ne semblent pas être à l'ordre du jour et la galère va continuer de voguer ...