Un groupe d’experts recommande le vaccin d’AstraZeneca aux 30 ans et plus

Le premier ministre Justin Trudeau a reçu sa première dose du vaccin d'AstraZeneca, vendredi, dans une pharmacie d'Ottawa.
Photo: Adrian Wyld La Presse Canadienne Le premier ministre Justin Trudeau a reçu sa première dose du vaccin d'AstraZeneca, vendredi, dans une pharmacie d'Ottawa.

Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) recommande maintenant le vaccin d’AstraZeneca aux personnes de 30 ans et plus qui ne présentent aucune contre-indication et qui ne désirent pas attendre une dose de Pfizer-BioNTech ou de Moderna. Le Québec n’a pas l’intention de lui emboîter le pas pour le moment.

« Nous prenons acte de la recommandation du CCNI d’ouvrir la vaccination aux 30 et plus avec AstraZeneca, a écrit le ministre de la Santé, Christian Dubé, sur Twitter. Toutefois, le Québec continue de se fier au CIQ. »

Le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) avait recommandé lundi d’offrir le vaccin aux personnes âgées de 45 ans et plus. D’autres provinces, comme l’Ontario, avaient plutôt choisi de l’offrir aux 40 ans et plus.

« Quand on évalue le rapport risque-bénéfice, le risque, c’est celui des thromboses qui peuvent parfois être très, très graves. Mais le bénéfice, c’est quelque chose qui peut être changeant parce que c’est lié au nombre de cas de COVID-19 », a expliqué le médecin épidémiologiste de l’Institut national de santé publique du Québec Gaston De Serres, qui est membre du CIQ.

« Et cette incidence-là, si elle est très faible, ça devient compliqué de tolérer un risque, alors que la maladie elle-même n’est pas très fréquente », a-t-il ajouté.

L’âge plancher a été fixé à 45 ans pour l’inoculation du vaccin d’AstraZeneca au Québec, notamment parce qu’il y avait moins d’admissions aux soins intensifs parmi les adultes plus jeunes dans les données analysées.

Le CIQ n’a donc pas l’intention de modifier sa recommandation dans l’immédiat, mais n’exclut pas de le faire au besoin. « C’est sûr que, si la situation devenait hyperdramatique, si l’incidence augmentait de quatre fois, là le rapport risque-bénéfice changerait », a expliqué M. De Serres.

La nouvelle consigne du CCNI arrive ainsi quelques jours après la décision de plusieurs provinces d’abaisser l’âge pour l’AstraZeneca à 40 ou 45 ans. Le CCNI avait décrété, il y a moins d’un mois, que le vaccin n’était pas recommandé pour les moins de 55 ans à cause du risque de thrombose qu’il pouvait poser dans de rares cas. Leur incidence est de 1 sur 100 000 doses administrées.

Le ministre Dubé a indiqué que presque toutes les doses du vaccin d’AstraZeneca avaient été écoulées au Québec cette semaine. Aucune autre livraison n’est prévue pour le moment en raison des retards en Inde.

Doses « prêtées »

Plus tôt, cette semaine, le président américain, Joe Biden, spécifiait que les États-Unis avaient déjà fourni 1,5 million de doses du vaccin d’AstraZeneca au Canada et qu’ils espéraient lui en « prêter » davantage. Les Américains disposent d’environ 30 millions de doses excédentaires de ce vaccin, qu’ils n’ont pas encore approuvé.

Vendredi, Justin Trudeau a affirmé que les Canadiens n’ont pas à s’inquiéter de ces doses « prêtées », assurant qu’elles n’ont pas été touchées par les récents problèmes de production rapportés dans une installation de Baltimore, où des doses ont été ruinées.

Le premier ministre canadien a lui-même reçu avec son épouse, Sophie Grégoire Trudeau, sa première dose du vaccin d’AstraZeneca, vendredi, dans une pharmacie d’Ottawa. Le premier ministre a invité toutes les personnes admissibles à prendre rendez-vous « le plus rapidement possible ».

  

Avec La Presse canadienne

Johnson & Johnson obtient le feu vert pour une reprise

Les autorités sanitaires américaines ont donné vendre-di leur feu vert à la reprise de la vaccination avec les doses de Johnson & Johnson, suspendue le 13 avril après des cas rares de thrombose. Les Centres de lutte et de prévention des maladies (CDC) et l’agence amé-ricaine des médicaments, la FDA, ont affirmé dans un communiqué que les bénéfices du vaccin l’emportaient sur les risques chez les personnes âgées de 18 ans et plus. La pause dans l’utilisation du vaccin mis au point par le laboratoire américain avait été décidée afin d’en-quêter sur plusieurs cas de femmes ayant développé des cas graves de caillots sanguins en association avec des bas niveaux de plaquettes après leur injection.

 
​Agence France-Presse

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