Un premier cas de variant B.1.617 (indien) au Québec

Le résident en Mauricie-Centre-du-Québec qui a contracté cette variation du virus est maintenant guéri. «Il était vacciné», spécifient les communications du CIUSSS régional.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le résident en Mauricie-Centre-du-Québec qui a contracté cette variation du virus est maintenant guéri. «Il était vacciné», spécifient les communications du CIUSSS régional.

Un nouveau variant de la COVID-19, le variant indien (B.1.617) cette fois-ci, a été détecté au Québec, en Mauricie–Centre-du-Québec.

Les dangers associés à cette nouvelle mutation du coronavirus demeurent très peu connus des autorités sanitaires. « Il n’est actuellement pas sous surveillance rehaussée, car il ne présente pas d’impact épidémiologique ou clinique démontré », a indiqué le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Selon le Dr Gaston de Serres, de l’Institut national de santé publique du Québec, la personne infectée en mars par le variant indien a été vaccinée en janvier dernier avant de malgré tout tomber malade. « Jusqu’à maintenant, il n’a pas été démontré qu’il est plus contagieux ou rendait plus malade », rassure-t-il. « Ce qu’on sait, c’est que le vaccin protège à 80 % après une dose, donc que cette personne a pu être infectée. Ça fait partie des probabilités. »

Selon les experts en virologie consultés par Le Devoir, il ne faut pas s’inquiéter outre mesure de l’arrivée de ce nouveau variant au Québec, qui fait pourtant beaucoup jaser au Royaume-Uni et en Europe.

« La récente hausse des cas en Inde est imputée à ce variant, mais la densité de la population et la tenue d’événements religieux peuvent avoir contribué à cette explosion, et non parce que ce variant est plus contagieux. Au Québec, les conditions sanitaires sont très différentes », affirme Benoit Barbeau, expert en virologie et professeur au Département des sciences biologiques de l’UQAM.

Cet individu a contracté le virus au sein de son domicile, ajoute le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec. « Depuis que le Laboratoire de santé publique du Québec a confirmé qu’il s’agit d’un variant indien, la direction de santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec a repris l’enquête épidémiologique afin de déterminer l’origine du variant. »

On qualifie parfois cette nouvelle version du SRAS-CoV-2 de « double mutant », car il allie deux mutations à des positions importantes dans la séquence d’acides aminés des petits pics du coronavirus. Cette présence d’une double mutation, d’une part similaire à celle présente dans les variants sud-africain (P.1.351) et brésilien (P.1), plus habiles à contourner la réponse immunitaire, et dans le variant californien, plus transmissible, a haussé le degré d’inquiétude à l’égard du variant indien. Mais à ce jour, aucune donnée ne soutient ces craintes. « La bonne nouvelle pour le moment, affirme le Dr Tellier, c’est qu’aucun des variants, même ceux sous surveillance rehaussée, n’échappe complètement aux vaccins actuels. »

Les entrées au pays surveillées

Les autorités canadiennes de santé publique annoncent que le gouvernement surveille étroitement l’arrivée de vols en provenance de l’Inde alors qu’une vague massive de nouveaux cas de COVID-19 déferle sur le pays. Dans certaines régions, le variant représente plus de la moitié des cas de contamination.

L’administratrice en chef de la santé publique du Canada, Dre Theresa Tam, reconnaît qu’Ottawa a jusqu’ici préféré une approche globale et non spécifique à un ou des pays en particulier. Tous les voyageurs doivent notamment se soumettre à un test de dépistage avant leur embarquement, puis à l’arrivée au Canada, en plus de devoir obligatoirement se placer en isolement.

Dre Tam a cependant ouvert la porte à la possibilité que l’Inde fasse l’objet d’une exception à cette règle en raison d’un variant inquiétant qui pourrait expliquer l’explosion de cas dans cet État du sud de l’Asie.

Mercredi seulement, l’Inde a rapporté 300 000 nouveaux cas de COVID-19 sur son territoire ainsi que 2000 décès supplémentaires liés à la pandémie.

Selon les données du gouvernement fédéral, 35 vols en provenance de l’Inde ont atterri au Canada au cours des deux dernières semaines avec au moins un cas de COVID-19 à bord.

« Nous allons faire une analyse plus approfondie parce que c’est une situation émergente, pas seulement à cause du variant d’intérêt à ce moment, mais parce qu’ils ont malheureusement une résurgence très massive dans ce pays », a déclaré Dre Tam. « Nous procéderons à nouveau à cette évaluation des risques et nous utiliserons les données que nous avons maintenant collectées à la frontière pour éclairer nos prochaines étapes. »

Le Canada a restreint les voyages en provenance de certains pays au cours de la pandémie. Fin décembre, le gouvernement a interdit les vols en provenance du Royaume-Uni dans le but d’empêcher la propagation d’un variant plus contagieux du virus qui y était apparu pour la première fois.

Avec Isabelle Paré et La Presse canadienne

À voir en vidéo