Hausse importante des éclosions en milieu de travail

Les plus grosses éclosions se produisent dans les milieux où il y a beaucoup de travailleurs, comme les manufactures et les abattoirs.
Photo: Bruce Bennett Getty Images/AFP Les plus grosses éclosions se produisent dans les milieux où il y a beaucoup de travailleurs, comme les manufactures et les abattoirs.

La troisième vague de COVID-19 se fait sentir dans les milieux de travail un peu partout au Québec, mais encore plus à Québec et dans la région de Chaudière-Appalaches. L’Institut national de santé publique (INSPQ) a dénombré 274 nouvelles éclosions dans 15 des 17 régions administratives, qui demeurent toutefois maîtrisées, selon ses données les plus récentes.

« Les gens ont beau dire “on respecte les consignes”, ça ne prend pas une grande faille », a constaté le conseiller scientifique à l’INSPQ Richard Martin. D’autant que le variant britannique se transmet beaucoup plus rapidement que la souche originale du coronavirus. Les entorses aux mesures sanitaires font ainsi certainement gonfler le nombre de cas en milieu de travail, mais il y a d’autres explications.

« C’est un enfant qui peut le ramener à la maison et vous êtes asymptomatique. Ça peut être aussi un non-respect des consignes, ça peut être entre collègues également, a-t-il énuméré. Le problème, c’est qu’on ne le sait pas vraiment, mais aussitôt qu’il y a des cas additionnels dans un milieu, l’enquête devient plus évidente. »

La Capitale-Nationale a connu une hausse de 234 % du nombre de milieux de travail touchés et Chaudière-Appalaches, une hausse de 127 % entre le 28 mars et le 3 avril. Ce sont les données les plus récentes à avoir été analysées. Durant cette même semaine, le Méga Fitness Gym à Québec était montré du doigt pour avoir causé une multitude d’éclosions secondaires et le premier ministre François Legault annonçait le retour en zone rouge des villes de Québec, de Lévis et de Gatineau et, par conséquent, la fermeture des restaurants.

La restauration est d’ailleurs le secteur qui a connu la hausse la plus importante dans l’ensemble de la province pour ce qui est du nombre de milieux frappés par des éclosions (+30) et du nombre de nouveaux cas (+104). Les éclosions les plus importantes ont été constatées à Québec et en Outaouais. « Il y a quand même des cas en restauration même si les restaurants ne sont ouverts que pour le service à emporter, a expliqué M. Martin. On observe encore des éclosions chez les travailleurs dans les cuisines. »

Les concessionnaires automobiles et les garages ont également connu une hausse de cas appréciable (+48), tout comme l’industrie de produits électriques (+33) et celle de l’habillement (+31).

Faire preuve de prudence

Dès qu’un milieu de travail compte deux cas de COVID-19, l’INSPQ considère qu’il s’agit d’une éclosion, même s’il s’agit de cas importés de l’extérieur de l’entreprise et qu’il n’y a pas eu transmission d’un employé à un autre, « pour pouvoir intervenir rapidement ».

Bien qu’elles soient plus nombreuses, ces éclosions comptent généralement peu de cas, soit 5,2 en moyenne. Près de la moitié de celles recensées comptent deux cas et près du tiers, trois ou quatre. Dans 15 % des milieux de travail touchés, il y en a entre cinq et neuf cas. Seulement 3,8 % d’entre eux dénombrent de 10 à 19 cas et 3,4 % en ont plus de 20. Les plus grosses éclosions se produisent dans les milieux où il y a beaucoup de travailleurs, comme les manufactures et les abattoirs.

Reste que le variant britannique est plus contagieux, d’où l’importance de continuer à respecter les mesures sanitaires, comme le port du masque en tout temps à l’intérieur au travail, la distance de deux mètres avec ses collègues et le lavage fréquent des mains.

« Si on n’avait pas eu les variants, on ne serait pas dans une troisième vague », fait remarquer le médecin-épidémiologiste Gaston de Serres, de l’INSPQ. « C’est certain qu’actuellement, la balle est en partie dans le camp de la population, a-t-il ajouté. Si on attend que le gouvernement serre, serre, serre la vis, ça va être de plus en plus désagréable. »

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