Legault assouplit la règle du port du masque à l’extérieur

La mesure annoncée par communiqué la semaine dernière avait causé confusion et incompréhension, tant au sein de la population que de la classe politique.
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne La mesure annoncée par communiqué la semaine dernière avait causé confusion et incompréhension, tant au sein de la population que de la classe politique.

Québec recule en partie sur le port du masque à l’extérieur : l’obligation ne s’appliquera que lorsqu’il sera trop difficile de respecter la distanciation, a annoncé le premier ministre François Legault dans une publication Facebook.

La mesure annoncée par communiqué la semaine dernière avait causé confusion et incompréhension, tant au sein de la population que de la classe politique.

Le premier ministre a aujourd’hui « précisé » son décret. Désormais, le masque est de rigueur uniquement dans les situations « où il peut être difficile de respecter en tout temps la distance de deux mètres avec des personnes qui n’habitent pas avec nous ».

Ainsi, le port du masque n’est plus obligatoire pour les couples, pour une personne seule « greffée à une bulle familiale » ou pour les marcheurs qui se tiennent à distance. « Dans une situation où on est certain de toujours rester à plus de deux mètres, par exemple au tennis ou au golf, ou assis dans un parc, il n’est pas nécessaire de porter le masque », ajoute François Legault. « Les policiers vont exercer leur jugement avant de sanctionner des contrevenants. »

La veille, Golf Québec avait qualifié la dernière mesure de « préjudice extrême » envers les golfeurs et les clubs de golf. Le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique, justifiait alors ce règlement en avançant que « quand vous jouez au golf, vous n’allez pas nécessairement vous tenir à deux mètres ».

Si vous avez le moindre doute, portez votre masque

Seules deux exceptions étaient jusqu’alors permises. « Si vous êtes seuls ou si vous êtes avec des gens avec qui vous habitez, vous n’êtes pas obligé de porter un masque », détaillait le premier ministre mardi. « Et ce que la Santé publique nous dit, si vous faites un pique-nique, maximum de huit [personnes], une fois que vous êtes assis à deux mètres les uns des autres, vous n’êtes pas obligé de porter un masque. »

La menace des variants

Tout comme lors de la conférence de presse de mardi, le premier ministre a motivé mercredi ces changements par la circulation des variants plus contagieux. « Pourquoi prendre une chance de contaminer un ami ou un proche ou d’être contaminé soi-même ? Si vous avez le moindre doute, portez votre masque. »

Ces décisions se basent sur « un consensus d’experts », a expliqué mardi le Dr Horacio Arruda. « On n’a pas d’études contrôlées. On n’a pas fait d’études à l’extérieur. Ce qu’on sait, c’est que même à l’extérieur, quand vous parlez, quand vous éternuez ou vous toussez, vous projetez des particules. Si vous êtes à l’intérieur d’une zone de deux mètres, il y a une possibilité d’exposition. »

L’épidémiologiste Nimâ Machouf explicite la transmission du virus par aérosol en la comparant à de la fumée de cigarette. « De la même façon qu’on ne veut pas être dans le champ de fumée du fumeur, on ne veut pas être dans le champ de virus de la personne infectée non plus. Il faut qu’on garde nos distances, ou bien on porte le masque. »

Les partis d’oppositions tapaient du pied pour exiger des explications du premier ministre. La mesure « est très dure à suivre », a plaidé en matinée le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. La cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, a noté pour sa part qu’on « ne peut pas changer les habitudes aussi rapidement avec un communiqué ».

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