Des parents manifestent contre les mesures sanitaires en milieu scolaire à Montréal

Les participants ont déambulé autour du Quartier des spectacles en scandant «Liberté!», avant d’entendre une série d’allocutions sous un soleil tapant.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les participants ont déambulé autour du Quartier des spectacles en scandant «Liberté!», avant d’entendre une série d’allocutions sous un soleil tapant.

Plusieurs centaines de manifestants ont protesté contre les mesures sanitaires en milieu scolaire, sur fond de thèses conspirationnistes, au centre-ville de Montréal, samedi après-midi.

La foule était surtout composée de familles qui tenaient des ballons et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Laissez-nous respirer » ou encore « École sans “mesures” ».

Le port du couvre-visage — obligatoire en tout temps dans les manifestations — n’était pratiquement pas respecté, mais les policiers ont fait preuve d’une grande tolérance à cet égard, selon les observations de La Presse canadienne.

Les participants ont déambulé autour du Quartier des spectacles en scandant « Liberté ! », avant d’entendre une série d’allocutions sous un soleil tapant.

Bon nombre d’enfants se sont succédé sur scène, témoignant que le masque leur donne des maux de tête et nuit à leur concentration.

Des parents et des employés du réseau scolaire ont aussi pris la parole pour déplorer une « pandémie de peur ». Plusieurs appels ont été lancés pour résister aux mesures sanitaires, coordonner des rassemblements de sorte à « déborder la Sûreté du Québec » et même retirer les enfants de l’école.

« À cause des masques et de la COVID, je n’ai plus d’amis. Avant, j’allais à l’école, j’étais content. J’aimais ça aller à l’école, voir mes amis, mais à cause des masques, je ne peux plus », a lancé le jeune Nolan, 11 ans.

Le collectif citoyen derrière l’événement avait aussi encouragé les parents à garder leurs enfants à la maison au retour de la relâche, le mois dernier, en guise de protestation contre le port du masque de procédure imposé dès les premières années du primaire. Cette directive initialement appliquée en zone rouge doit être étendue aux régions en zone orange à compter de lundi.

Cela touchera les cinq enfants de Luc Bélanger, de Granby, qui réclame d’autres mesures que le port du masque pour les protéger du virus. Il croit néanmoins que les autorités gouvernementales « font de leur mieux » et il explique avoir choisi de participer à la manifestation de samedi puisqu’elle est axée sur le bien-être des enfants et « pas nécessairement tout ce qui tourne autour des complotistes ».

Un autre père de famille présent, Luc Baillargeon, accepte pourtant cette étiquette. Il soutient que les dangers de la COVID-19 ont été délibérément exagérés à des fins de « contrôle ».

Le gouvernement a enregistré 21 410 cas de COVID-19 parmi les élèves et membres du personnel du réseau scolaire au cours de la première moitié de l’année. En date de jeudi, plus de 18 000 autres infections avaient été rapportées. Plus d’une éclosion active sur quatre peut présentement être liée aux écoles.

Peu de place pour « une critique appuyée »

Normand Mousseau, professeur de physique à l’Université de Montréal, était de la partie, samedi. L’auteur de Pandémie, quand la raison tombe malade dénonce un manque de justification scientifique dans la réponse gouvernementale et le peu de place laissé à la critique au Québec.

« Ce qui domine chez les experts, c’est le message alarmiste, mais il y a aussi toute une autre façon de voir la pandémie et la gestion de la pandémie qui s’appuie quand même sur la science et qui n’est pas du tout du conspirationnisme », fait-il valoir.

Questionné sur son implication aux côtés de tenants de théories du complot, M. Mousseau souligne l’importance d’ouvrir le dialogue pour éviter un glissement vers des positions extrêmes.

« Il faut faire la différence entre le discours chez beaucoup de citoyens et le sentiment qui est derrière, c’est-à-dire que ces gens-là comprennent qu’il y a quelque chose qui ne marche pas, mais ils n’ont pas nécessairement tous les outils pour en faire l’analyse fine. »

« C’est dur pour nous de nous détacher complètement parce qu’on veut laisser personne de côté, plaide pour sa part le co-organisateur de l’événement, Raffael Cavaliere. On veut accueillir tout le monde parce que, ce qu’on veut, c’est qu’il y ait du changement. »

Des marches similaires étaient prévues dans plusieurs autres villes de la province, notamment à Québec, où les policiers ont remis huit constats d'infraction.

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