La troisième vague déferlera bientôt aux soins intensifs

Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne

Le nombre de personnes infectées par la COVID-19 ne cesse de se multiplier, ce qui fera à son tour augmenter le nombre d’hospitalisations au cours des prochaines semaines. L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) prévoit une hausse de près de 30 % du nombre de patients atteints du virus aux soins intensifs dans l’ensemble du Québec au cours des prochaines semaines.

Signe que la troisième vague touche une population plus jeune, 70 % d’entre eux auraient moins de 70 ans. En une semaine, le nombre de cas est passé de 6200 à 8188, ce qui représente une hausse de 32 %. Les personnes âgées de 18 à 39 ans comptent pour 47 % de ces nouveaux diagnostics.

« On va souhaiter que ce soit moins mauvais, que les gens adoptent les bons comportements et que donc les mesures que le gouvernement prend portent fruit. C’est ce qu’il faut espérer sinon ça va être plus difficile », a avancé le président-directeur général de l’INESSS, Luc Boileau. Il fait partie de l’équipe qui a présenté ces projections au premier ministre François Legault lundi soir, la veille du nouveau resserrement des mesures pour limiter la propagation de la COVID-19.

Montréal et ses régions avoisinantes sont épargnées pour l’instant. L’INESSS n’y prévoit donc pas de dépassement des capacités hospitalières au cours des deux à trois prochaines semaines. En revanche, la situation est tout autre pour les autres régions. Les capacités hospitalières dans certaines régions — particulièrement dans la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, le Bas Saint-Laurent et l’Outaouais — pourraient être atteintes d’ici trois semaines. Le nombre de lits pour soigner les malades de la COVID-19 a été révisé à la baisse dans le modèle de l’INESSS pour refléter l’essoufflement du personnel.

« L’augmentation projetée, combinée à la révision à la baisse du nombre de lits désignés COVID-19, réduit la marge de manœuvre de certains établissements », notent les chercheurs de l’INESSS dans leur rapport. Présentement, seulement 20 % des lits de soins courants et 30 % des lits consacrés aux soins intensifs réservés aux patients atteints de cette maladie sont occupés dans les régions du Québec à l’extérieur de la grande région de Montréal.

« On peut avoir le nombre de lits disponibles dans les soins intensifs, mais évidemment il faut avoir le personnel pour les faire rouler, pour accueillir des patients. Ça peut être autant des infirmières que des inhalothérapeutes et tout le personnel qui gravite autour de ces patients-là qui sont extrêmement malades », a expliqué la vice-présidente scientifique de l’INESSS, Michèle de Guise.

Le variant britannique frappe fort. Les changements épidémiologiques se produisent donc plus rapidement. Le modèle de l’INESSS tient compte que chaque personne infectée a 60 % de plus de risque d’être hospitalisée.

« La bataille va se jouer dans les prochaines semaines, a constaté le Dr Boileau en faisant allusion à la campagne de vaccination qui se poursuit. Il faut qu’on résiste à la tentation de prendre des risques au bénéfice d’une santé collective. »

Ces projections ont été élaborées à partir de données colligées du 27 mars au 2 avril. Elles ne tiennent pas compte de l’effet des nouvelles restrictions annoncées la semaine dernière et mardi, qui prennent généralement au moins deux semaines avant de se faire sentir.

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