En zone rouge, retour à la case confinement

Il aura fallu onze jours pour que le gouvernement fasse volte-face. François Legault ordonne à nouveau la fermeture des salles de sport, oblige un enseignement partiel du secondaire à distance et limite la fréquentation des lieux de culte dans les zones rouges.

Le premier ministre a annoncé en conférence de presse que dans les zones rouges, dès lundi prochain, les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire devront retourner à un enseignement par alternance. « Les élèves vont aller à l’école une journée sur deux », a-t-il indiqué. Les activités parascolaires sont également annulées.

À partir de jeudi cette semaine, dans les zones rouges, les salles de sport devront également fermer. Comme en janvier, les piscines et les patinoires resteront ouvertes et la pratique des sports individuels sera permise. Les lieux de culte ne pourront plus accueillir que 25 personnes. Ces nouvelles mesures touchent Montréal, Laval, les Laurentides, Lanaudière, la Montérégie, la Capitale-Nationale, l’Outaouais, Chaudière-Appalaches et le Bas-Saint-Laurent.

Suivez l'évolution de la COVID-19 au Québec

Consultez notre tableau de bord interactif.

À compter de lundi prochain, les collèges et les universités situés en zone rouge devront donner tous leurs cours à distance, sauf pour les activités qui doivent absolument se tenir en personne.

En zone orange, les masques seront dorénavant obligatoires pour tous les élèves des écoles primaires. « On le fait déjà dans les zones rouges et ça se passe très bien », a affirmé le premier ministre. De plus, les lieux de culte ne pourront y accueillir que 100 personnes à la fois.

À compter de jeudi, il sera aussi interdit de se déplacer vers les régions qui se retrouvent en zone jaune, soit vers la Gaspésie−Îles-de-la-Madeleine, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec.

« Le mois de tous les dangers »

Flanqué de son ministre de la Santé et du directeur national de la Santé publique, François Legault a défendu ces nouvelles restrictions. « Tant mieux si on a eu une semaine ou deux semaines à temps plein [dans les écoles]. »

« C’est un yo-yo en raison du variant », a précisé Horacio Arruda. « Potentiellement, cette semaine-là ou ces deux semaines-là ont été l’occasion de revoir des amis qui, pour eux, sont très importants et ça leur a fait du bien. Maintenant, à cause des variants, à cause des contraintes que ça cause quand ça atteint les écoles et qu’il faut les fermer, on préfère diminuer le risque et l’exposition. »

Par ailleurs, le premier ministre « jongle avec l’idée » de resserrer le couvre-feu à 20 h. « On n’hésitera pas. S’il y a par exemple une augmentation du nombre de cas à Montréal, on remettra le couvre-feu à 20 h. »

« Avril, ça va être le mois de tous les dangers », a-t-il lancé. « On ne voit pas actuellement d’augmentation importante du nombre de cas, mais si on regarde ce qui se passe ailleurs, par exemple en Ontario, on se dit que c’est une question de jours ou une question de semaines. » Il a d’ailleurs qualifié ces mesures de « préventives ».

Sur l’île de Montréal, 300 cas de COVID-19 ont été rapportés dans les dernières 24 heures. Québec recense au total 1168 nouveaux cas dans la province. Un peu partout, la tendance des contaminations est à la hausse.

AstraZeneca pour les 55 ans et plus

À partir de jeudi, 350 000 vaccins d’AstraZeneca seront disponibles pour les personnes de 55 ans et plus, les seuls à être autorisés à les recevoir. Les patients pourront se faire vacciner sans rendez-vous dans les grands centres, a précisé le ministre de la Santé, Christian Dubé. Les sites de vaccination concernés seront annoncés mercredi.

Le ministre annoncera également demain le moment de l’ouverture de la vaccination pour les travailleurs essentiels en contact avec le public, comme les enseignants, les éducateurs en garderie, les travailleurs communautaires, les policiers ou les pompiers. De plus, d’ici la fin de la semaine, Québec permettra la vaccination des gens de 60 ans et plus partout au Québec.

On ne voit pas actuellement d’augmentation importante du nombre de cas, mais si on regarde ce qui se passe ailleurs, par exemple en Ontario, on se dit que c’est une question de jours ou une question de semaines.

Plusieurs voix se sont élevées ces derniers jours pour que le gouvernement augmente la cadence de vaccination. La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a publié sur Twitter lundi soir une mise à jour du nombre total de doses de vaccin reçues par chacune des provinces et la quantité de doses qu’elles ont administrées à ce jour. Au Québec, 2,3 millions de doses avaient été acheminées par Ottawa et 1,5 million administrées.

Mme Hajdu a nié mardi que ces gazouillis aient eu pour objectif de montrer les provinces du doigt. Mais à Ottawa, on sent une certaine frustration du fédéral de voir les vaccins tarder à être utilisés dans certaines provinces.

Le premier ministre Justin Trudeau a quant à lui fait valoir qu’il était prêt à leur prêter main-forte pour accélérer la cadence, si les gouvernements provinciaux le souhaitent. Mais ceux-ci n’en ont pas fait la demande, a-t-il noté.

Lors du point de presse de 17 h, le ministre québécois de la Santé a expliqué que la majorité des quelque 800 000 doses non utilisées sont actuellement en transit. « On a 16 régions, alors donc il faut les distribuer. [Les vaccins] n’arrivent pas aux mêmes dates. Ils n’ont pas les mêmes conditions de réfrigération. C’est très différent. Une fois qu’ils sont distribués, on les appelle en transit. »

Des retards de livraison des vaccins Moderna ont ralenti la vaccination en pharmacie, puis la valse-hésitation de la Santé publique concernant le vaccin d’AstraZeneca a retardé son déploiement. « Tous les vaccins qui sont reçus sont administrés dans les jours qui suivent leur réception », a déclaré Christian Dubé.

Près de 40 000 doses de vaccin contre la COVID-19 ont été administrées au Québec lundi. C’est presque le double du nombre d’injections de la veille. À ce jour, 30 % des sexagénaires de la province ont reçu leur première dose, contre 73 % des septuagénaires et 84 % des octogénaires. C’est à Montréal que le plus grand nombre de doses ont été données. Près d’un demi-million de personnes y ont été inoculées, selon les dernières données du ministère de la Santé.

Avec Marie Vastel et Mylène Crête


À voir en vidéo