La COVID-19 ne s’est vraisemblablement pas échappée d’un laboratoire, selon l’OMS

De la chauve-souris à l’humain en passant par un autre animal. Voilà l’origine la plus sérieuse pour expliquer l’apparition du coronavirus qui a mis la planète sur pause depuis plus d’un an, indique le rapport commun de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Chine que l’organisme international se prépare à dévoiler mardi.

Le document, dont plusieurs agences de presse ont obtenu copie, rejette également la thèse d’un accident de laboratoire qui aurait laissé s’échapper le pathogène, un scénario promu par Washington sous le gouvernement de Donald Trump et qualifié de « hautement improbable » par les enquêteurs.

Même s’il n’apporte pas de nouvelles informations sur l’origine de la pandémie, le rapport reste très attendu afin de comprendre et de prévenir la répétition d’une telle crise sanitaire. Mais le document reste entaché par des soupçons d’influences chinoises dans sa rédaction, Pékin cherchant par tous les moyens à éviter d’assumer la responsabilité du bouleversement mondial induit par la maladie.

« Nous avons de réelles inquiétudes à propos de la méthodologie et du processus qui a présidé à la rédaction de ce rapport, y compris le fait que le gouvernement [chinois] a apparemment contribué à l’écrire », a indiqué le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, sur les ondes de CNN il y a quelques jours. Des critiques rejetées par la Chine lundi.

« Les États-Unis se sont prononcés sur le rapport. Ce faisant, n’essaient-ils pas d’exercer une pression politique sur les membres du groupe d’experts de l’OMS ? » a simplement demandé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian, cité par l’Associated Press.

« Chaînon manquant »

Le rapport a été remis dimanche aux États membres de l’OMS et doit être rendu public mardi par le chef de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Il fait suite à une enquête menée sur le terrain du 14 janvier au 10 février dernier par un groupe de 17 experts internationaux mandatés par l’OMS et de 17 de leurs homologues chinois à Wuhan, point de départ en 2019 de la COVID-19.

Le document jette également à terre le scénario, soutenu par la Chine, d’une première contamination provoquée par la consommation d’aliments congelés venant de l’extérieur du pays et importés dans cette région du centre du pays en 2019. L’hypothèse est avancée régulièrement par Pékin pour répondre aux accusations de mauvaises gestions de l’épidémie, à son commencement, par le régime autoritaire chinois.

« La probabilité d’une contamination de la chaîne du froid par le virus à partir d’un [animal congelé] est très faible », indiquent les scientifiques chinois et internationaux. L’arrivée du virus en Chine par l’entremise d’aliments congelés dès 2019 est jugée « extraordinaire »dans le rapport, qui souligne que le virus « ne circulait alors pas à grande échelle » dans le monde. Qui plus est, une transmission du pathogène par la nourriture reste une hypothèse reposant sur des « éléments peu concluants », selon les experts.

Le rapport sur les origines de la COVID-19 réclame également de nouvelles études en Chine afin de trouver l’animal intermédiaire qui aurait contribué à la transmission du virus à l’humain.

Le pangolin a depuis longtemps été soupçonné d’être ce « chaînon manquant » pour expliquer la « distance évolutive » de plusieurs décennies entre le coronavirus identifié chez la chauve-souris et le SRAS-CoV-2, à l’origine de la pandémie. Une souche similaire a été identifiée chez le mammifère. Le rapport précise toutefois que le vison ou le chat, sensibles à la COVID-19, pourraient également avoir été les vecteurs de la contamination.

Au dernier décompte, la pandémie de coronavirus a fait 2,78 millions de morts dans le monde, dont près de 23 000 au Canada et plus de 10 500 au Québec.

« Toutes les hypothèses sont sur la table et méritent des études supplémentaires et complètes de ce que j’ai vu pour le moment », a dit Tedros Adhanom Ghebreyesus à Genève lors d’un point de presse tenu lundi. Il a toutefois refusé de parler d’influence politique dans la rédaction du document.

Sur Twitter, la virologue néerlandaise Marion Koopmans, membre de l’équipe d’experts internationaux envoyés par l’OMS en Chine, a affirmé lundi que le rapport était « un bon début ».

Le rapport n’arrive pas à la conclusion que l’épidémie a bel et bien commencé sur un marché de fruits de mer de Wuhan où les premiers cas ont été découverts en décembre 2019. « Aucune conclusion ferme sur le rôle du marché de Huanan dans l’origine de l’épidémie, ou sur la manière dont l’infection a été introduite sur le marché, ne peut actuellement être tirée », indique le rapport.

Avec l’Agence France-Presse

 

Le Parlement européen disposé à entériner le passeport sanitaire en juin

Bruxelles — Le Parlement européen sera prêt à entériner le passeport sanitaire européen au cours de sa session plénière du 7 au 10 juin, a déclaré lundi le président de la commission parlementaire chargée du dossier.

La Commission européenne, qui a proposé ce « certificat vert numérique » le 17 mars, a déclaré lundi qu’elle prévoyait une entrée en vigueur « d’ici à juin », sans plus de précisions. Ce document est destiné, dans la perspective de la saison estivale, à faciliter les déplacements des Européens pouvant ainsi attester qu’ils ont été vaccinés contre la COVID-19, ont passé un test PCR négatif ou sont immunisés après avoir été infectés.

Les eurodéputés ont accepté jeudi dernier de voter sur cette proposition de règlement dans le cadre d’une procédure d’urgence. Une procédure législative habituelle, impliquant le Parlement européen et le Conseil (institution représentant les États membres), peut parfois prendre des années.

Les États-Unis accélèrent encore leur campagne de vaccination

Washington — Les États-Unis ont annoncé lundi qu’ils accéléraient leur campagne de vaccination, en rendant presque tous les adultes admissibles d’ici trois semaines, étant donné les signes inquiétants d’une résurgence de la pandémie.

Le président américain, Joe Biden, a annoncé que 90 % des adultes américains auront droit au vaccin contre la COVID-19 d’ici le 19 avril.

Dans un discours depuis la Maison-Blanche, M. Biden a appelé les Américains à ne pas baisser la garde et à respecter les gestes barrières au moment où le nombre de cas est reparti à la hausse aux États-Unis.

Dans la matinée, une haute responsable sanitaire de la Maison-Blanche avait exhorté, très émue, les Américains à respecter « encore un peu » les mesures contre la propagation du coronavirus, en confiant craindre « un désastre imminent ».

Tenant à sortir un moment de son « discours » de directrice des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique, Rochelle Walensky a appelé toutes les personnes influentes à « sonner l’alarme ».

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