Le ministre Dubé a espoir de ralentir l’avancée de la troisième vague

Le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé, était de passage dans un clinique éphémère de vaccination à Montréal-Nord.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé, était de passage dans un clinique éphémère de vaccination à Montréal-Nord.

Les responsables de la vaccination dans la métropole mènent des campagnes de terrain dans certains quartiers jugés plus vulnérables. À Montréal-Nord, ils tentent de ralentir l’implantation des variants plus transmissibles avant que la troisième vague ne prenne son envol.

« Ce qu’on peut faire avec la troisième vague, c’est la contrôler », a déclaré lundi matin Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec, qui rendait visite à une clinique éphémère installée dans le Centre d’activités de Montréal-Nord pour le maintien de l’équilibre émotionnel (CAMEE).

Le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, qui dessert entre autres Ahuntsic-Cartierville, Montréal-Nord et Saint-Laurent, mène depuis jeudi dernier un projet pilote de « cliniques éphémères », qui vise à « toucher les usagers les plus vulnérables et qui risquent de ne pas se déplacer ».

Selon le ministre Dubé, les initiatives qui misent sur la « qualité » plutôt que la « quantité » jouent un rôle essentiel pour protéger la population. « Je suis allé saluer les gens en bas, à la clinique, où on voit une centaine de personnes qui, peut-être, dans des conditions normales, ne seraient pas allées se faire vacciner », a-t-il expliqué à l’étage du CAMEE, un organisme d’aide en santé mentale.

Si le variant B.1.1.7 est bien en selle dans certains quartiers de l’ouest de Montréal, il progresse plus lentement à Montréal-Nord pour l’instant. Néanmoins, de plus en plus de cas y sont associés ces dernières semaines, selon la Dre Mylène Drouin, la directrice régionale de santé publique, qui était aux côtés du ministre Dubé.

« Montréal-Nord n’est pas épargné » par les variants, a-t-elle dit, soulignant au passage que 19 % de la population montréalaise est désormais vaccinée.

La grande diversité de langues parlées dans l’arrondissement de Montréal-Nord fait en sorte qu’il est plus difficile d’y atteindre les populations actuellement admissibles à la vaccination, a ajouté la Dre Drouin.

Depuis un mois, a-t-elle rappelé, la Santé publique montréalaise a ajouté quelques questions concernant le profil racial et linguistique des personnes contactées lors de la recherche de contacts. Ces questions permettront aux autorités sanitaires d’adapter leur analyse de la situation en fonction de ces variables.

Legault parlera mardi

Alors que le Québec flirte avec un plateau à 1000 nouveaux cas de COVID-19 par jour, le ministre Dubé n’a pas désavoué les récentes mesures de déconfinement entrées en vigueur. Depuis lundi, les élèves de troisième, quatrième et cinquième secondaires étaient d’ailleurs de retour à l’école à temps plein, même dans les zones rouges.

Même si M. Dubé reconnaît sans hésitation que le Québec est entré dans une troisième vague, il n’y a « pas encore d’impact négatif sur les hospitalisations », a-t-il souligné. C’est cette variable qui guidera de potentiels changements à la stratégie de déconfinement du gouvernement.

Avec la vaccination massive des personnes âgées, les craintes reposent sur une augmentation importante de cas chez les adultes plus jeunes. Bien que ceux-ci soient moins vulnérables que les plus âgés, une proportion d’entre eux sera aux prises avec des complications graves si le nombre de cas augmente de façon significative.

Le ministre n’a ainsi annoncé aucun changement de cap pour l’instant, mais n’a rien exclu en vue de la conférence de presse à laquelle il participera mardi après-midi avec le premier ministre François Legault.

Vendredi dernier, les experts mandatés par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ont soutenu que les mesures de santé publique en place au Québec étaient insuffisantes pour contenir la progression des variants sous surveillance rehaussée.

Avec La Presse canadienne