La Santé publique de Montréal n'entend pas élargir la vaccination de parents et d'enseignants

Depuis lundi, environ 12 000 parents d’enfants ainsi que les enseignants d’une trentaine d’écoles ciblées peuvent recevoir le vaccin.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Depuis lundi, environ 12 000 parents d’enfants ainsi que les enseignants d’une trentaine d’écoles ciblées peuvent recevoir le vaccin.

La Direction régionale de la santé publique (DRSP) de Montréal n’entend pas élargir à d’autres quartiers la vaccination de parents ou de personnel enseignant dans les établissements faisant l’objet d’éclosions liées à un variant.

Malgré la progression du variant britannique B 1.1.7, la DRSP de Montréal affirme ne pas disposer pour l’instant de doses supplémentaires et devoir attendre les résultats du projet pilote lancé lundi dans la ville de Côte Saint-Luc, et les quartiers Plamondon et Côte-des-Neiges avant d’élargir cette stratégie à d’autres secteurs de Montréal.

Depuis lundi, environ 12 000 parents d’enfants ainsi que les enseignants d’une trentaine d’écoles ciblées, abritant 26 % des éclosions liées à des variants dans la métropole, peuvent recevoir le vaccin. Mais depuis vendredi, plusieurs autres écoles réclament d’être incluses dans ce projet, notamment l’école Merton, situé à quelques encablures de Côte Saint-Luc, et le Collège privé Marie-de-France, exclu du projet bien qu’il soit dans les limites géographiques du projet-pilote.

« Rien n’a changé pour les écoles, le projet suit son cours et l’on fonctionne avec la quantité de vaccins disponible. L’objectif est de repousser le plus possible l’arrivée des variants et l’on vaccine là où il est le plus présent », a insisté mardi Jean-Nicolas Aubé, conseiller-cadre aux relations publiques pour le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal et la Direction générale de la santé publique de Montréal.

Ce n’est qu’après avoir analysé les résultats de cette stratégie de « suppression des variants » que la DRSP décidera ou non d’étendre la vaccination des parents à d’autres quartiers. Mardi, la directrice de la santé publique Dre Mylène Drouin a répété en entrevue dans les médias que le variant gagnait du terrain et allait inévitablement devenir prédominant dans quelques semaines dans la métropole.

Hier, les plus récentes données de la DRSP pour la métropole faisaient état de 43 éclosions liées à des variants en milieux scolaires à Montréal, soit 20 dans des écoles et 23 à des services de garde, comparativement à 16 et 11 la semaine dernière. Cinq de ces éclosions ont entraîné plus d’une vingtaine de cas d’infection chacune. La majorité émanait toujours des quartiers centraux touchés par le projet-pilote.

À titre comparatif, pas moins de 32 éclosions liées aux variants sont maintenant signalées en milieux de travail à Montréal, et 13 en milieux de soins, soit un nombre relativement stable.

Les enseignants veulent être protégés

Plusieurs milieux scolaires réclament des actions immédiates. Devant la multiplication des variants, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a demandé mardi au gouvernement de vacciner les élèves, les parents et le personnel dès qu’il y a présomption ou confirmation de variants dans une école.

Le syndicat représentant 49 000 enseignants souhaite que le projet-pilote instauré dans les quartiers ciblés de Montréal soit élargi à l’ensemble du Québec, dès qu’on soupçonne la présence de variants, peu importe qu’une école se trouve en zone rouge, orange ou jaune. Pour « briser » la 3e vague, la FAE souhaite même que cette protection soit étendue aux concierges et à tout le personnel qui entre en contact avec les élèves.

La veille, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) avait elle aussi réclamé une fois de plus au ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, que le personnel scolaire et de la petite enfance soit vacciné en zone rouge.

Pour l’instant, la vaccination des enfants n’est autorisée que dans le cadre de projets de recherche, puisqu’aucun vaccin contre la COVID n’est homologué pour les moins de 16 ans. Plusieurs études cliniques sont toutefois en cours pour tester l’efficacité et les effets secondaires du vaccin sur des enfants plus jeunes, notamment par le fabricant de vaccin Moderna.