Le vaccin d’AstraZeneca demeure efficace, dit Santé Canada

Le vaccin d'AstraZeneca n’a pas encore été approuvé aux États-Unis.
Photo: Matthias Schrader Associated Press Le vaccin d'AstraZeneca n’a pas encore été approuvé aux États-Unis.

Les doutes soulevés par les autorités américaines quant au niveau d’efficacité du vaccin d’AstraZeneca ne changent rien à la confiance que continue d’avoir Santé Canada envers ce vaccin. Car le débat qui oppose un institut des États-Unis au fabricant porte sur une efficacité possiblement plus élevée du vaccin, et non pas sur son efficacité en soi, fait valoir Ottawa.

L’Institut national des maladies infectieuses et des allergies (NIAID), qui supervise des essais cliniques de vaccins aux États-Unis, a lancé un pavé dans la mare mardi en se disant « préoccupé » par le fait qu’AstraZeneca a possiblement utilisé des données « obsolètes » pour affirmer que son vaccin est plus efficace que ce qui avait été précédemment rapporté.

La pharmaceutique suédo-britannique a rapporté lundi qu’un récent essai clinique mené auprès de 32 000 Américains démontrait que le vaccin était efficace à 79 %. Les premiers essais cliniques avaient affiché un taux d’efficacité à 62 %. Or, le NIAID a dit craindre mardi qu’en rapportant ces résultats encourageants, AstraZeneca « puisse avoir inclus des informations obsolètes de cet essai clinique, ce qui pourrait avoir fourni un portrait incomplet des données d’efficacité ».

« Faussement alarmiste »

Santé Canada devrait recevoir les données de cet essai clinique aux États-Unis d’ici un mois et les étudiera. Mais le débat en cours au sud de la frontière ne met pas en doute l’approbation du vaccin par le Canada, qui était basée sur d’autres essais cliniques et des études menées à la suite de sa commercialisation, a assuré le D Marc Berthiaume, directeur du Bureau des sciences médicales de Santé Canada.

« Les questions qui ont été soulevées par l’Institut national aux États-Unis portaient plus sur l’efficacité, la façon d’interpréter les données sur l’efficacité, a-t-il fait valoir mardi. À ma connaissance, il n’y a pas eu de questions soulevées sur l’innocuité du vaccin. Donc, ça devient une question d’interpréter des pourcentages. »

Pour que les résultats de l’essai clinique américain amènent à remettre en question l’approbation du vaccin au Canada, il faudrait que les données « changent le rapport risques/bénéfices du vaccin » et que ce soit donc « des données très négatives », a expliqué le Dr Berthiaume. « Ce qui ne semble pas être le cas en ce moment. » Il serait donc « faussement alarmiste » de craindre une révocation par Ottawa du feu vert accordé fin février au vaccin d’AstraZeneca.

Le vaccin n’a pas encore été approuvé aux États-Unis, mais il l’a été en Europe, où 13 pays ont suspendu son utilisation en raison de craintes non étayées qu’il puisse causer des caillots sanguins. La proportion du nombre de tels incidents parmi la population vaccinée est cependant aussi minime qu’au sein de la population générale.

La conseillère médicale en chef de Santé Canada, la Dre Supriya Sharma, a indiqué qu’Ottawa envisage d’ajouter un avertissement à l’étiquette du vaccin d’AstraZeneca pour faire état de ces incidents isolés. Mais dans l’ensemble, le ministère de la Santé continue de recommander son utilisation, a-t-elle affirmé.

Ces revers subis par AstraZeneca ne font rien pour rassurer la population, qui était déjà réticente à se faire injecter ce vaccin en raison des risques soulevés également quant à son efficacité pour les adultes de plus de 65 ans. « Même le vaccin le plus efficace ne fonctionne que si les gens y font confiance et acceptent de le recevoir », a reconnu la Dre Sharma. Mais les bénéfices du vaccin d’AstraZeneca demeurent importants, a-t-elle répété.

Avec l’Agence France-Presse

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