Un timbre à l'E. coli pour combattre la grippe

La lutte à la grippe, qui fauche bon an mal an un demi-million de vies dans le monde, pourrait bien disposer d'un nouvel outil aussi simple qu'efficace avec les premiers essais cliniques en Europe d'un timbre stimulant l'immunité naturelle de l'organisme. Un bon coup qui a valu à l'équipe américaine qui l'a mis au point une publication dans le plus récent numéro du Journal of Virology.

Le public cible de ce timbre nouveau genre? Les personnes âgées, qui sont les plus nombreuses — et de loin — à mourir des suites du virus de l'influenza. En effet, bien que celles-ci fassent l'objet d'une large vaccination contre la grippe, notamment ici et aux États-Unis, ce moyen reste trop souvent une protection insuffisante puisqu'il ne permet pas de gonfler à bloc le système immunitaire, comme promet de le faire le nouveau timbre de la compagnie IOMAI, basée au Maryland.

Pas de panique!

Le timbre aux allures de pansement devra être posé directement sur la piqûre laissée par l'aiguille lors de l'injection du vaccin. Il contient une protéine toxique extraite d'une bactérie, E. coli, celle-là même qui peut causer des empoisonnements et est à l'origine de la tragédie de l'eau contaminée à Walkerton, en 2000. Mais pas de panique! Lorsqu'elle est transmise aux cellules immunitaires par la peau, la toxine agit plutôt comme un stimulant en donnant au système immunitaire un coup de fouet bien senti, amplifiant du coup l'effet du vaccin lui-même.

Selon les données publiées dans le Journal of Virology, le timbre accroît la réponse des anticorps à la vaccination pour le virus de l'influenza, des résultats obtenus tant chez les jeunes souris que chez les plus âgées. «Le timbre a nettement augmenté l'effet du vaccin sur les immunoglobulines G, les anticorps muqueux, les anticorps agglutinants et la réponse des lymphocytes T», note l'un des signataires de cet article, Gregory M. Gleen.

Compenser

Les souris ayant reçu le timbre en combinaison avec le vaccin ont produit 50 fois plus de lymphocytes T que celles qui n'avaient reçu que le vaccin. «L'ampleur de la réponse immunitaire chez les souris âgées ayant reçu le traitement combiné a été équivalente et même plus importante que celle observée chez les jeunes souris à qui on s'est contenté d'administrer le vaccin», précise M. Gleen.

Selon l'équipe américaine, ces données suggèrent que le timbre, en complément du vaccin antigrippal traditionnel, peut en quelque sorte compenser la déficience grandissante du système immunitaire qui, avec l'âge, a de plus en plus de mal à répondre à la vaccination contre l'influenza.

Les chercheurs examinent également la possibilité qu'un timbre contenant une protéine toxique extraite d'une bactérie E. coli puisse être utilisé pour stimuler l'action d'autres vaccins. Ils examinent par ailleurs la possibilité d'élargir le public cible du timbre à toutes les personnes ayant un système immunitaire plus fragile, les enfants ou les sidéens par exemple.