La Santé publique s’attend à une troisième vague à Montréal

« La troisième vague va arriver, comme on la voit en Europe. » Les hospitalisations dues à la COVID-19 diminuent chaque jour dans la métropole, mais la directrice de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, indique que la situation pourrait changer rapidement. « Même avec une adhésion très forte [aux mesures sanitaires], on risque d’avoir une accélération du nombre de cas. »

« La troisième vague va être associée au variant britannique », a-t-elle précisé en point de presse mercredi. Selon les plus récentes études, ce variant n’est pas seulement plus contagieux, il est aussi 64 % plus mortel que le coronavirus classique. Depuis un mois, environ 20 % des nouveaux cas montréalais sont liés à ce variant.

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La semaine de relâche n’a pas eu d’effet sur la courbe des contaminations, mais l’assouplissement des mesures sanitaires pourrait changer la donne. Ce ne sont pas les activités en tant que telles qui causent les contaminations, mais plutôt les regroupements informels après le film au cinéma ou la séance d’entraînement, par exemple. « Acceptons ces assouplissements comme une bouffée d’air frais, mais prenons-la à l’extérieur », conseille la Dre Mylène Drouin. Si le public maintient sa vigilance, « on peut repousser cette troisième vague de quelques semaines ».

Les festivités du ramadan, de Pâques et de la Pâque juive sont particulièrement à surveiller. Les taux de contamination demeurent « plus importants » dans les secteurs de Snowdon, Côte-des-Neiges, Parc-Extension et Saint-Laurent.

La troisième vague va être associée au variant britannique.

« La situation montréalaise sera la situation du Québec si on ne la contrôle pas à Montréal », a-t-elle mis en garde.

Vaccination

Assise aux côtés de la Dre Drouin, la représentante du Centre de commandement du réseau de la santé montréalais, Sonia Bélanger, s’est félicitée des succès de la vaccination des plus âgés.

Pas moins de 75 % des Montréalais de 70 ans et plus ont déjà reçu une dose de vaccin. Qui plus est, « au courant de la dernière semaine, on note seulement 2 éclosions dans des résidences pour personnes âgées. C’est vraiment encourageant à ce niveau-là. » Dans les milieux de soins, les éclosions ont atteint leur plus bas niveau depuis le début de l’automne dernier.

LeDevoir révélait mercredi que la moitié des soignants de première ligne ne sont toujours pas vaccinés dans le Grand Montréal. Sonia Bélanger a expliqué que ces travailleurs de premières lignes ne sont pas considérés comme prioritaires. Il s’agit des travailleurs des CLSC, des travailleurs dans des cliniques médicales ou encore des premiers répondants. Les travailleurs de la santé en contact direct avec les patients, comme les urgentologues ou les préposés aux bénéficiaires, ont tous reçu une offre de vaccin. La vaccination du reste des travailleurs de premières lignes devrait débuter « incessamment ».

 
75 %
C’est le pourcentage des Montréalais de 70 ans et plus qui ont déjà reçu une dose du vaccin.

Les équipes de Mme Bélanger misent surtout sur les collègues vaccinés pour convaincre ceux qui doutent encore de la pertinence des vaccins. Elle rejette toutefois l’idée de compiler des statistiques sur les refus de vaccination. « La liste pourrait être interprétée comme la liste noire de la p.-d.g. », fait-elle remarquer.

Enfin, les deux représentantes ont qualifié l’objectif du gouvernement de vacciner tous les adultes d’une première dose d’ici la fête nationale de réaliste. « C’est une cible qui est réaliste, ambitieuse, mais réaliste », a commenté la Dre Drouin. La capacité de vaccination maximale n’est pas atteinte dans tous les centres de vaccination et, a rajouté Mme Bélanger, « on n’a pas ouvert toutes nos cliniques de vaccination encore. »


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