Le vaccin d’AstraZeneca maintenant recommandé pour tous les adultes canadiens

Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir

Les experts du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) recommandent d’utiliser le vaccin contre la COVID-19 d’AstraZeneca pour immuniser aussi les personnes âgées de 65 ans et plus, même si certains pays ont suspendu son utilisation par précaution, ont-ils annoncé mardi.

« Santé Canada est au courant que certains pays européens ont mis sur pause la vaccination avec le vaccin d’AstraZeneca », a mentionné le Dr Marc Berthiaume, directeur du Bureau des sciences médicales de Santé Canada, lors d’une séance d’information mardi.

« À ce moment-ci, sur la base des données que l’on a au Canada, le nombre d’effets indésirables thrombo-emboliques rapporté est très en deçà de ce qui pourrait être attendu dans une population [de cette taille] », a-t-il ajouté, soulignant que ces problèmes de coagulation « peuvent aussi survenir dans la population, donc également chez des personnes vaccinées ».

Pourquoi, alors, l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca est-elle mise sur pause dans plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, depuis la semaine dernière ? « Ce qu’on voit actuellement, en Europe, [c’est que] les autorités font un excès de prudence », a indiqué le sous-administrateur en chef de la santé publique fédérale, le Dr Howard Njoo, lors d’un point de presse mardi.

Son collègue Marc Berthiaume critique le « focus médiatique planétaire sur les effets indésirables », susceptible d’accorder une trop grande importance à des incidents anecdotiques et de fausser ainsi l’opinion publique sur la sûreté des vaccins.

« C’est sûr que, quand on commence à penser au fait qu’un produit de santé peut être lié à des effets indésirables, on se met à faire toutes sortes de liens qu’on n’aurait peut-être pas faits si on n’avait pas eu cette idée en tête initialement. Tout ça a créé beaucoup d’inquiétudes par rapport au vaccin d’AstraZeneca », a-t-il dit.

Le Dr Njoo a donné l’assurance que les données probantes dont dispose le gouvernement canadien ne permettent pas de conclure à un risque accru de thrombose. De plus, les vaccins du Canada ont été produits en Inde et proviennent donc d’un autre lot que les vaccins européens faisant l’objet d’une enquête. L’Agence européenne des médicaments a également annoncé mardi qu’elle réitère sa confiance dans le vaccin d’AstraZeneca, « fermement convaincue » que ses avantages surpassent les risques d’effets secondaires.

Efficacité

Lorsque Santé Canada a autorisé l’utilisation de ce vaccin au Canada, fin février, le ministère avait noté que, même si les essais cliniques ne donnaient pas assez d’information sur son efficacité pour les personnes de 65 ans et plus, son utilisation depuis des mois dans plusieurs pays indiquait qu’il était bel et bien efficace.

De récentes études basées sur des données récoltées sur le terrain montrent que le vaccin est sécuritaire pour toute personne de 18 ans et plus, et qu’il serait même plus efficace que ce qui avait été initialement rapporté. Les données sont encore insuffisantes pour écarter la possibilité d’effets néfastes chez les enfants, mais des essais cliniques de phase 3 sont en train d’être réalisés par le fabricant.

La conclusion du CCNI rejoint celle du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ), qui avait pareillement statué que le vaccin d’AstraZeneca pouvait être administré à tout adulte puisque son efficacité « semble très élevée contre les formes graves de la maladie, y compris les hospitalisations et les décès ».

Les experts privilégient toutefois toujours les vaccins à ARN messager, comme ceux de Pfizer-BioNTech et de Moderna, pour les personnes présentant un risque très élevé de maladie et de complications, comme les résidents des CHSLD et des RPA, les personnes immunodéprimées ou même les travailleurs de la santé les plus exposés.

Avec La Presse canadienne

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