Ottawa et Québec réitèrent leur confiance envers le vaccin AstraZeneca

Les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault tenaient une conférence de presse conjointe à Montréal, lundi matin, pour faire une annonce à saveur économique.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault tenaient une conférence de presse conjointe à Montréal, lundi matin, pour faire une annonce à saveur économique.

Alors que d’autres autres pays européens annonçaient lundi, à leur tour, qu’ils suspendent l’utilisation du vaccin AstraZeneca contre la COVID-19, Ottawa tout comme Québec continuent à faire confiance au produit. Ils suivent toutefois la situation de près.

« Les premières informations disponibles suggèrent qu’il n’y aurait pas de lien de causalité direct entre l’administration du vaccin et certains problèmes de coagulation répertoriés, a indiqué le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS). Pour l’instant, rien n’indique que ces troubles, qui ne figurent pas sur la liste d’effets secondaires du vaccin, sont attribuables à ce dernier. »

Lundi matin, la France et l’Allemagne ont posé le geste alors que les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault tenaient une conférence de presse conjointe, à Montréal pour faire une annonce à saveur économique.

Interrogés par les journalistes, tous deux ont maintenu que ce vaccin est sécuritaire et efficace.

M. Trudeau, le premier, a cité « experts » et « scientifiques ». « Ils ont regardé attentivement les données. Ils en collectent constamment. Ils nous assurent que tous les vaccins offerts au Canada sont sécuritaires et efficaces, y compris AstraZeneca », a-t-il déclaré.

M. Legault a fait écho à ce discours. « La santé publique du Québec fait un suivi, je dirais d’heure en heure, et nous dit qu’il n’y a aucun risque avec le vaccin AstraZeneca, qu’il est sécuritaire. Donc, on se fie à des spécialistes, à des experts », a dit M. Legault.

M. Trudeau a également souligné que les lots de ce vaccin, identifiés dans certains pays européens comme étant possiblement liés à des cas de caillots sanguins chez des vaccinés, ne sont pas en circulation au Canada. « On suit évidemment ce qui se passe avec un lot précis en Europe. On peut rassurer tous les Canadiens qu’il n’y a aucune dose d’AstraZeneca qui est venue des mêmes lots », a insisté le premier ministre.

Puis, M. Trudeau a enjoint tous les Canadiens à se faire vacciner rapidement. « Le meilleur vaccin pour vous, c’est le premier qui vous est offert, c’est celui que vous devriez prendre parce que c’est comme ça qu’on va passer à travers cette pandémie le plus rapidement et de la façon la plus sécuritaire possible », a plaidé M. Trudeau.

En après-midi, le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé, a d’ailleurs senti le besoin de s’adresser aux citoyens sur Twitter pour insister sur ce même point : « Je veux rassurer la population : le vaccin AstraZeneca est sécuritaire. […] Le vaccin est la solution, peu importe lequel. »

L’Espagne et l’Italie aussi ont décidé, lundi, de suspendre l’utilisation du vaccin AstraZeneca. C’est le Danemark qui, la semaine dernière, avait lancé le bal, suivi depuis par l’Irlande, la Thaïlande, les Pays-Bas, la Norvège, l’Islande, le Congo et la Bulgarie.

Le MSSS a rappelé qu’il s’agit d’une mesure de précaution et a tenté de se faire rassurant. « Le nombre de manifestations thromboemboliques signalé en Europe n’est d’ailleurs pas supérieur à celui observé dans la population générale », a-t-il souligné par voie de communiqué.

« Aucun incident lié à ce vaccin n’a été rapporté au Canada », a-t-il ajouté.

Les Québécois ne peuvent pas choisir le vaccin qu’ils se font injecter. Celui d’AstraZeneca a reçu le feu vert de Santé Canada le 26 février dernier.

Un système de surveillance a été mis sur pied, tant au Québec qu’au Canada, et une veille internationale est effectuée pour suivre l’évolution de la situation entourant ce vaccin.

Ottawa a déjà distribué aux provinces des centaines de milliers de doses fabriquées dans une usine en Inde. De ce lot, 300 000 doses doivent être utilisées avant le 2 avril, date de leur péremption. En tout, Ottawa a acheté 22 millions de doses d’AstraZeneca, dont les 2 millions de l’usine indienne. Le programme COVAX fournira également 1,9 million de doses supplémentaires de ce vaccin au Canada d’ici la fin du mois de juin.

Pfizer-BioNTech et Moderna sont les deux autres vaccins utilisés au pays. On attend toujours une première livraison du vaccin de Johnson & Johnson, le dernier à avoir été approuvé par Santé Canada.

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