Le clergé demande d’éviter les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson

La lettre prétend que les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson Johnson «utilisent des lignées cellulaires dérivées de l’avortement dans leur développement, leur production et leurs essais cliniques».
Photo: Michael Ciaglo / Getty Images via AFP La lettre prétend que les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson Johnson «utilisent des lignées cellulaires dérivées de l’avortement dans leur développement, leur production et leurs essais cliniques».

Non seulement les différents types de vaccins contre la COVID-19 n’ont pas la même efficacité pour combattre la maladie, mais ils ne seraient pas non plus également moraux, de l’avis de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), qui demande à ses fidèles de privilégier les vaccins de Pfizer et de Moderna au détriment de ceux d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson.

L’approbation de ces derniers vaccins « incite des catholiques à se demander s’il est moralement acceptable de recevoir des vaccins dont le développement, la production ou l’expérimentation clinique ont comporté l’utilisation de lignées cellulaires dérivées de l’avortement », peut-on lire dans une note datée de mardi et diffusée sur le site Internet de la CECC.

En se basant sur l’information contenue sur des sites Web d’organisations militant contre l’avortement, la lettre prétend que les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson Johnson « utilisent des lignées cellulaires dérivées de l’avortement dans leur développement, leur production et leurs essais cliniques ». En conséquence, l’organisation, basée à Ottawa et qui rassemble les évêques du pays, demande aux catholiques de choisir les vaccins à ARN messager, si un choix leur est offert.

Pas de cellules d’embryon

Dans les faits, et contrairement à certaines informations véhiculées sur le Web, les vaccins comme celui d’AstraZeneca ne contiennent pas de cellules fœtales à proprement dit. Des cellules d’embryon humain ont effectivement servi au développement de la technologie de fabrication du vaccin et ont été collectées du rein d’un fœtus avorté… il y a plus de 45 ans, en 1973, précise le groupe de recherche de l’Université d’Oxford.

La Conférence des évêques catholiques ne demande toutefois pas à ses fidèles d’éviter les vaccins qu’elle juge moralement condamnables. Lorsqu’une personne n’a pas le choix du vaccin qui lui sera donné, ce qui est notamment le cas au Québec, la CECC précise faire la différence « entre les obligations morales des personnes qui mettent au point les vaccins et le devoir de celles qui les reçoivent ».

L’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, a d’ailleurs insisté jeudi sur le fait que l’Église est bel et bien en faveur de la vaccination. « Dans le présent contexte d’urgence sanitaire, tout vaccin autorisé pourra être utilisé en toute bonne conscience par les croyants. »

Mercredi, le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, avait pris le clavier pour dénoncer la prise de position du CECC. « J’invite tous les Québécois à se fier à nos experts et à ceux de partout dans le monde : tous les vaccins que nous administrons sont efficaces », avait-il lancé sur Twitter.

L’opposition aux technologies vaccinales dont le développement a nécessité, même d’une manière très lointaine, des cellules de fœtus humains n’est pas un combat qui date d’hier pour l’Église catholique. Le Saint-Siège, à Rome, a diffusé un avis semblable en décembre. Les évêques canadiens ont également envoyé une lettre au premier ministre Justin Trudeau, en mai, lui demandant de ne pas subventionner les vaccins qui « posent des dilemmes éthiques aux Canadiens ».

 
 

Ce texte a été mis à jour après sa publication initiale.

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